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Le Parlement européen inquiet de l'ampleur du réseau Echelon
Revue de Presse Occulte

BRUXELLES (AP) -- Le Parlement européen a rendu public mercredi à Bruxelles un rapport décrivant l'ampleur du réseau d'écoutes anglo- saxon Echelon qui, placé sous la direction de la National Security Agency (NSA) américaine, serait capable d'intercepter ``plusieurs milliards de messages par heure'' dans le monde entier.
Avec l'aide de quelque 120 satellites, Echelon serait en mesure de capter toutes sortes de communications privées, qu'il s'agisse de conversations téléphoniques, de fax ou encore de courriers électroniques.
"Il ne s'agit pas d'une question futile", a averti le journaliste britannique Duncan Campbell, l'un des auteurs de ce rapport présenté à la commission des libertés et des droits du citoyen du Parlement européen. Selon lui, on "ne peut stopper" ces activités d'espionnage à l'échelle planétaire qui, par conséquent, "vont continuer".
M. Campbell a expliqué que ce vaste réseau de renseignement, à l'origine destiné à espionner des cibles militaires, s'est largement reconverti vers des objectifs civils, pour obtenir des informations commerciales, économiques, mais aussi technologiques et politiques, en particulier sur le continent européen. "Le niveau d'utilisation dépasse tout contrôle", a-t-il souligné.
Fruit d'une alliance entre les Etats- Unis et la Grande-Bretagne, à laquelle seraient associés le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, le réseau d'espionnage Echelon, créé voilà 50 ans au début de la Guerre froide, bénéfierait également de la participation, à un niveau moindre, de la France et de l'Allemagne.
"La capacité des systèmes de filtrage est énorme", a expliqué Duncan Campbell, ajoutant que la plupart des communications internationales via Internet sont interceptées par la NSA, qui dispose pour cela de sites spéciaux, dont neuf sont connus. Les informations ainsi recueillies sont alors traitées automatiquement puis adressées au gouvernement américain avant d'être transmises aux services spéciaux ou à des entreprises.
Sur la base de ses travaux, M. Campbell appelé l'Union européenne à prendre des mesures pour protéger ses membres contre l'interception à leur insu de communications privées, qualifiant ces activités d'espionnage de violations des droits humains.
Le président de la commission des libertés et des droits du citoyen au Parlement de Strasbourg, Graham Watson, a pour sa part estimé qu'il fallait s'assurer que le système international de surveillance n'abusait pas de ses pouvoirs.
Duncan Campbell a par ailleurs cité plusieurs grands groupes américains dont les produits seraient utilisés par des agences de renseignement pour accroître leurs capacités d'interception de données. Parmi ces compagnies figureraient le leader mondial du logiciel Microsoft, le géant informatique IBM et "un grand fabricant américain de microprocesseurs".
Le journaliste a reconnu ne pas disposer d'élements permettant de prouver que les informations interceptées par Echelon bénéficiaient en priorité aux entreprises américaines. Il a cependant rappelé que les cas d'espionnage imputés à ce réseau visaient à avantager des sociétés américaines en course avec des concurrents européens pour des contrats militaires (système de radar pour le Brésil remporté par Raytheon au détriment de Thomson) ou civil (Airbus battu par Boeing-McDonnel Douglas en Arabie saoudite).
Informée des conclusions de ce rapport, la chef du gouvernement néo- zélandais Helen Clark a catégoriquement démenti que son pays soit impliqué dans des activités d'espionnage commercial.
Le Korrigan