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Entretien avec David Etien
Interview accordée aux SdI en février 2014


Bonjour et merci de vous prêter au petit jeu de l’interview…
Question liminaire : êtes-vous farouchement opposés au tutoiement ?

Au contraire, je préfère.

Merci bien! Peux-tu nous en dire un peu plus sur vous? (parcours, études, âges et qualité, passions, numéro de carte bleue ou de comptes numérotés en Suisse…)
Bon, vu que je déteste parler de moi, je me présenterais juste en vous disant que je m’appelle David Etien, que je suis dessinateur de bande dessinée depuis un peu moins de dix ans, et que ma série en cours se nomme « les quatre de Baker street ».

Enfant, quel lecteur étiez-vous ? Les BD occupaient-elle une place de choix ? Quelsétaient alors vos auteurs de chevet ?
On va dire que la bd pour moi, c’est depuis tout petit. J’ai toujours été attiré par ce média. Bien plus que parles films ou les romans. J’ai commencé par la bibliothèque de mes parents, puis ce furent les premiers amours avec les classiques comme Gaston Lagaffe, tintin, Asterix…
Ensuite j’ai eu ma période comics américains avec strange, l’arrivée d’image comics et de Spawn, des dessinateurs comme J. Scott Campbell, Greg Capullo, Jim Lee, Madureira. J’étais aussi passé par Otomo et Toriyama pour le manga. Du côté franco-belge, des séries comme Soda, Spirou de Tome et Janry, Peter pan de loisel, les gardiens du maser ou lanfeust de troy ont accompagné aussi mon adolescence.

Crayonné de l’ex-libris réalisé pour la librairie Hobby Folie © David Etien Devenir dessinateur de BD, étais-ce un rêve de gosse ? Comment avez-vous rencontré Jean-BlaiseDjian, qui scénarisait Chito Grant, votre première série ?
J’ai toujours voulu faire de la bande dessinée, et j’ai tout fait pour réussir à en faire mon métier (en gros j’ai bossé comme un dingue). La rencontre avec Jean-Blaise s’est faite par l’intermédiaire de l’ancien éditeur de Nucléa Yves chelet.

En 2009 paraissait L’affaire du rideau bleu, premier tome des Quatre de Baker Street co-scénarisé par Jean-Blaise Djian et OlivierLegrand. Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette série qui raconte les enquêtes de gosses des rues, auxiliaires de Sherlock Holmes ?
Après ma première série avec Jean blaise Djian, j’avais envie de continuer de travailler avec lui , mais dans un autre univers . La période victorienne me titillait depuis un moment, et je lui ai proposé d’essayer de développer une histoire dans cet univers. C’est à ce moment là qu’il proposa à Olivier de se joindre au projet. En effet, Olivier était la personne toute indiquée pour explorer l’ère victorienne vu ses connaissances sur le sujet. C’est d’ailleurs lui qui proposa de travailler sur ces gamins des rues employés par Holmes dans les nouvelles de Conan Doyle.

Holmes et les Quatre de Baker Street © David Etien La série possède une solide base historique. Quelles furent vos principales sources iconoraphiques pour donner vies aux ruelles londoniennes?
Je dirais quelques films et bande dessinée, mais surtout des bouquins de photo de l’époque ( eh oui, j’ai de la chance, la photographie commençait à bien se développer et beaucoup de clichés ont été pris à cette époque). Les gravures de Gustave doré et le « Londres comme je l’ai vu » de Ch Huard ont été d’un grand apport aussi.

Comment s’est élaborée l’apparence des principaux protagonistes de la série? Sont-ils passés par différents stades avant de revêtir l’apparence qu’on leur connaît?
Dans l’ensemble, c’est une étape qui fut assez rapide. Mes scénaristes avaient une vision précise et proche de la mienne, et très vite nous nous sommes mis d’accord sur la bouille des gamins et du Chat.

Et pour l’apparence de Sherlock Holmes dont l’ombre plane sur chacun des albums? Comment s’est élaborée son apparence ?
Elle s’est très vite orientée sur l’acteur Jeremy Brett qui l’avait merveilleusement incarnée dans la série anglaise des années 80-90.

Bienvenue à Londres! © David Etien Concrètement, du scénario à la planche finalisée, quelles sont les différentes étapes de ton travail? Comment s’organise le travaille à six mains sur un album des Quatre?
Je reçoit tout d’abord le scénario complet découpé planche par blanche, case par case, avec l’ensemble des dialogues. Je travaille sur un story board assez sommaire de l’ensemble de l’album afin de pouvoir m’approprier l’histoire. J’affine ensuite ma mise en scène par séquences au fur et à mesure de l’avancement de l’album. Chaque planche crayonnée est envoyée à mes scénaristes qui peuvent intervenir sur mes erreurs. Une fois que tout le monde est ok, je la finalise.

Quels outils utilises-tu pour dessiner tes planches ?
Je travaille principalement au crayon. La mise en couleur se passe sur photoshop.

Quelle étape te procure le plus de plaisir ?
L’encrage.

Quelles sont les grandes joies et les grandes difficultés du métier de dessinateur de BD?
Pour les grandes difficultés, je dirais celle de bien gagner sa vie et de ne pas devoir compter ses heures de travail, au détriment d’autres activités. Je pense aussi à la solitude du dessinateur face à sa table à dessin.

Pour les grandes joies, c’est surtout celle de pouvoir créer son propre univers et de le voir vivre dans les retours des lecteurs.

Sur quels projets travailles-tu en ce moment ?
La suite des quatre . Le tome 5 sort le 2 avril d’ailleurs.

Y-a-t-il une question que je n’ai pas posé et à laquelle tu souhaiterais néanmoins répondre ?
Il y en avait déjà beaucoup trop pour moi, donc non.

Pour finir et afin de mieux te connaître, voici un petit portrait chinois à la sauce imaginaire…
Si tu étais…


Les Quatre de Baker Street, crayonné de la planche 14 © David Etien un personnage de BD: Mashiro dans la série Bakuman
un personnage mythologique: Icare
un personnage de roman: Bernie Gunther dans la trilogie berlinoise de Philip Kerr
une chanson: The walrus des beatles
un instrument de musique: guitare
un jeu de société: trivial poursuite
une découverte scientifique : le paracétamol
une recette culinaire: les pâtes au beurre
une pâtisserie: les pim’s à la poire
une ville: Aubagne
une qualité : fourbe
un défaut: je ne me brosse pas les dents durant 3 minutes
un monument: le manneken pis
une boisson: le café
un proverbe : mieux vaut la fermer et passer pour un con que de l’ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet.

Lapidaire… Un grand merci pour le temps que tu nous as accordé !
Le Korrigan