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Entretien avec Andrei Arinouchkine
Interview accordée aux SdI en juin 2018


Bonjour et tout d’abord merci de vous prêter au petit jeu de l’entretien.
Bonjour, avec plaisir. Je vais essayer de répondre.

Pouvez-vous nous parler de vous en quelques mots ? (parcours, études, âge et qualités, passions, numéro de carte bleue ou de comptes numérotés en Suisse ou aux Îles Caïmans?)
Au sujet de mon parcours et des études que j'ai effectué, je dirais que c'était assez long.

Je suis passé par le collège Beaux-Arts et l'Académie des Beaux-Arts (dix ans au total). J'ai axé la spécialité de mon diplôme sur : la bande dessinée / book graphics.

Quand à mon âge c'est simple : je suis beaucoup plus jeune qu'un dinosaure, mais assez vieux pour me souvenir du temps où les livres étaient dessinés à la main (en couleur directe), sans ordinateur.

Enfant, quel lecteur étiez-vous? Quels étaient alors vos auteurs de chevet et quels sont-ils aujourd'hui?
J'ai toujours beaucoup lu. Différents auteurs. Mes auteurs préférés sont Alexandre Grine, Alexandre Dumas, et encore un Alexandre : le génial Alexandre Pouchkine.

La face cachée de Waterloo, recherches © Andrei ArinouchkinePour citer d'autres auteurs : Jack Vance et son livre, La Planète de l'Aventure qui est ma Bible de travail.

Sans oublier bien sûr : Boris Akounine, Alex Orlov et le très cinématographique Dave Barry.

Devenir auteur de BD, étais-ce un rêve de gosse? Cela a-t-il relevé du parcours du combattant?
Pas vraiment. Je voulais être poète.

Quelles sont pour vous les grandes joies et les grandes difficultés du métier?
Le plus grandes joies du métier : Recevoir un plaisir incroyable!
Et le plus grandes difficultés : Recevoir un plaisir incroyable.

Comment est née l’idée de nous entraîner dans les coulisses de la Bataille de Waterloo à la suite de Napoléon?
Qu'est ce qui peut être plus intéressant pour un dessinateur, que de montrer une personne se trouvant entre la vie et la mort ? Waterloo est la bataille-symbole de cette belle et cruelle époque.

La face cachée de Waterloo, recherches © Andrei ArinouchkineQuelles furent vos principales sources de documentation pour écrire le scénario? Auriez-vous un livre en particulier à conseiller aux lecteurs désireux d’approfondir le sujet?
Saunders E.Les Cent-jours de Napoléon.
Jacques- Olivier Boudon. Napoléon et la dernière campagne - Les Cent-Jours 1815
Dan Snow et Peter Snow La bataille de Waterloo.
Pierre Alexandre Edouard Fleury de Chaboulon. Mémoires pour servir à l'histoire de la vie privée, du retour et du règne de Napoléon en 1815
A.Perrot. Histoire de l’Ex-Garde
Jules Silvestre. De Waterloo à Sainte-Hélène
Perol. Relation de la mission du Lieutenant-Général Comte Beker auprès de l'Empereur Napoléon: depuis la seconde abdication jusqu'au passage à bord du Bellérophon.


Et aussi beaucoup d’autres...

La face cachée de Waterloo, recherches © Andrei ArinouchkineGraphiquement, comment aborde-t-on une telle bataille?
Un dessinateur doit toujours garder en tête qu'il doit raconter une his-toire dans un certain nombre de pages. C'est un exercice assez difficile. Le dessinateur doit sélectionner les scènes clés, une par une, afin que le lec-teur puisse à son tour se plonger dans l'histoire. Si cela se produit, alors l'histoire racontée prend vie et ressemble à un petit film.


Comment décririez-vous l’état d’esprit de Napoléon lorsque cette bataille commence?
Napoléon n'avait aucun doute de sa victoire. Il lui a semblé que l'armée allemande avait été détruite à Ligny (et ses restes s'enfuient dans la pa-nique), et que les Britanniques et toute la canaille, se sont enfuient avec… Il suffisait pour lui d’accentuer la pression un peu plus fortement pour remporter la bataille.

Du synopsis à la planche finalisée, quelles sont les différentes étapes de votre travail?
Le synopsis se divise en plusieurs catégories, d'abord les pages, ensuite chaque scène se fait dans les esquisses (les recherches des documents, les costumes, la lumière, aussi parfois recherche la couleur, le lieu où cela se passe... etc.), puis le dessin final sur le papier d'aquarelle et enfin la pein-ture commence !

Quelle étape vous procure le plus de plaisir?
L'étape finale: faire le détail, amener la page au dénominateur total.

Pouvez-vous nous parler de votre façon si particulière d’aborder la couleur?
C'est un peu difficile à expliquer, c'est plus facile de le voir.

Dans quel environnement sonore travaillez-vous usuellement ? Silence monacal? musique de circonstance? autre? Depuis sept mois j'ai regardé (ou plutôt écouté) une série de télé : Camera café. Maintenant, c’est un peu comme de la famille pour moi.
La face cachée de Waterloo, recherches © Andrei Arinouchkine
Vous semblez en effet avoir une fascination pour les félins, comme le montre l’un de tes premiers (et somptueux!) album Sa Majesté de nulle part et de nombreuses et magnifiques illustrations que vous postez sur FB… D’où vient votre passion des chats?
J'ai toujours aimé dessiner des chats. Et quand je suis resté longtemps seul à Paris, notamment en 2002, mon personnage du chat-peintre est né. Lui est un peu triste, romantique, un peu bluesy, solitaire dans la ville de l'amour. Un chat qui marche beaucoup, dessine, rêve et tombe amoureux d'un rêve. Mon chat-peintre, c'est moi!


Tous médias confondus, quels sont tes derniers coups de cœur ?
Le jeu vidéo Crash Bandicoot N. Sane Trilogy. C’est un gros coups de coeur que cette série remasterisées !

Pour finir et afin de mieux te connaître, un petit portrait chinois à la sauce imaginaire…

Si tu étais…

Andrei Arinouchkine, portraitun personnage de BD: Le Grand méchant renard
un personnage de roman: Garrett (détective privé dans une série de romans policiers écrite par Glen Cook)
un personnage de cinéma: Alexander Dane / Le docteur Lazarus (Galaxy Quest )
une chanson: Pique-nique - Nous sommes comme des oiseaux qui frémissent. (lien)
un instrument de musique: le tambour
un jeu de société : le scrabble
une découverte scientifique: aucune idée
une recette culinaire:la Salade Olivier (salade russe)
une pâtisserie:la galette de rois
une boisson:le Cognac
une ville:Courseulles-sur-mer
une qualité:la sociabilité
un défaut:la Sociabilité
un monument: le Penseur de Rodin
un proverbe : «Combien ne se nourris de loup , mais mieux vaut avoir cent roubles. » (traduit du russe)

Un dernier mot pour la postérité?
Au lieu de parler de lui, l'artiste devrait parler de son travail
Et aussi : Parfois le silence vaut mieux que long discours.

Un grand merci pour le temps que vous nous avez accordé!
Le Korrigan