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Le procès d'Hannibal
le retour de la revanche?

KASSEL (AFP) - Un quadragénaire est jugé depuis mercredi matin en Allemagne pour le meurtre en 2001 d'un homme qu'il avait dévoré après avoir mangé un morceau de son pénis avec lui devant une caméra, un procès sans précédent dans les annales judiciaires du pays.

Vêtu d'un costume sombre et d'une cravate à points, l'accusé, crâne dégarni et sourire aux lèvres, a pris place à côté de son avocat devant le tribunal de grande instance de Kassel (centre). Agé de 42 ans, Armin Meiwes doit répondre de 'meurtre par plaisir sexuel' et encourt jusqu'à 15 ans de réclusion criminelle. Dès l'âge de 8 ans et jusqu'à 12 ans, il pensait déjà à 'abattre et manger' des camarades de classe sur lesquels il 'fantasmait', a déclaré l'accusé devant le tribunal. C'était pour lui une manière de penser à un plus jeune frère qu'il n'a jamais eu. Au cours de sa puberté, il a grandi seul avec sa mère et se sentait 'abandonné'. Meiwes a entretenu ce 'fantasme' pour s'attacher à son 'frère imaginaire', ce qui l'a 'stimulé sexuellement', a raconté le quadragénaire. Au cours de l'hiver 2001, Meiwes avait annoncé la couleur dans une petite annonce sur l'internet: 'recherche un homme prêt à se faire manger'. L'Allemand avait fait la connaissance de Bernd Juergen Brandes, un ingénieur berlinois de 42 ans, avant de l'inviter le 10 mars 2001 à son domicile, dans la paisible commune de Rotenbourg (centre). Les deux complices, aux penchants homosexuels, avaient décidé de couper le pénis de Brandes, le rôtir et le consommer ensemble devant une caméra vidéo. Après le repas, Meiwes avait tué son invité de plusieurs coups de couteau, découpé en morceaux et conservé ceux-ci dans son congélateur. Avide de chair humaine, il avait passé environ 80 petites annonces sur l'internet.

Cinq hommes, dont un enseignant, un cuisinier et un retraité, avaient répondu par l'affirmative avant que la police n'interpelle le suspect début décembre 2002. La révélation de cette affaire à la une des journaux allemands pendant plusieurs jours, avait suscité un choc dans le pays. Le cannibale, qui n'a pu expliquer son geste jusqu'ici, conteste le 'meurtre', affirmant que la victime était consentante.

Meiwes a qualifié cet acte 'd'euthanasie' et regretté 'l'homicide' mais pas 'le repas', dans une interview il y a quelques jours à la presse allemande. La défense va plaider 'l'homicide sur demande', ce qui ferait encourir au cannibale une peine maximale de cinq ans de prison.
Le Korrigan