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le culte du Lion dans l'ancienne Egypte
momifiant!

PARIS (AFP) - L'étude du squelette d'un lion découvert en 2001 à Saqqara dans la tombe de Maïa, nourrice royale de Toutankhamon, confirme l'existence dans l'Egypte ancienne d'un culte de cet animal et de son inhumation rituelle précédée de sa momification, selon la revue Nature de jeudi.

Des archéologues de la Mission archéologique française du Bubasteion (MAFB), dirigée par l’égyptologue du CNRS Alain Zivie, avaient découvert une inhumation de lion avec le squelette pratiquement complet de l'animal, dans le site archéologique de Saqqara (à 35 km au sud-ouest du Caire).

Ce lion, selon certains indices - position des pattes, restes de coloration sur des parties d'ossements - semblait avoir été momifié à l'origine. La découverte a eu lieu dans des catacombes de chats d'Epoque Tardive ou Grecque, associés au culte de la déesse chatte Bastet, qui avaient été installés dans une tombe beaucoup plus ancienne de la 18ème dynastie, c'est-à-dire du 14ème siècle avant notre ère, celle de Maïa, la dame de la Cour qui servit de nourrice au jeune Toutankhamon.

Cette importante sépulture du Nouvel Empire (seconde moitié du second millénaire avant notre ère) avait été également découverte par la MAFB en 1996. Certains auteurs classiques de l'Epoque Gréco-Romaine, ainsi que des inscriptions pharaoniques, attestent l'existence de lions (Panthera leo) parmi les animaux couramment qualifiés de "sacrés" et qui faisaient l'objet d'un culte dans l'ancienne Egypte.

Ces animaux étaient associés à certaines divinités et, de ce fait, étaient nourris et entretenus de leur vivant avant d'être momifiés et inhumés dans des tombes particulières ou des catacombes.

"Mais jusqu'à présent, aucune confirmation de ce fait n'avait pu être établie car aucun lion n'avait jamais été découvert en Egypte, mis à part des ossements dispersés d'Epoque Archaïque trouvés à Abydos", souligne un communiqué du CNRS. En se fondant sur la morphométrie, mesure de chaque élément anatomique pour avoir une idée très précise de sa conformation et pas seulement de sa taille, l'archéozoologue Cécile Callou a comparé ce lion avec des données de collections actuelles, et déterminé qu'il s'agissait d'un grand mâle adulte, certainement mort de vieillesse.

Des pathologies dentaires (dents usées jusqu'à la gencive, abcès récurrents) et la trace de côtes cassées expliquent que l'animal ne pouvait vivre en liberté. Des questions se posent encore au sujet de ce lion, celle de sa provenance par exemple. Et comment le situer dans l'époque tartive, entre le VIè avant notre ère et le Ier siècle après J.C ?.

Il pourrait, selon les chercheurs du CNRS, s'agir d'un animal associé au dieu Mahes, fils de la déesse lionne Sekhmet. Mais comme cette déesse est elle-même proche de la déesse chatte Bastet, qui recevait un culte dans cette partie de Saqqara, on comprend qu'il ait été retrouvé parmi les restes d'innombrables chats momifiés.

Compte tenu de ce contexte, ce lion, le premier specimen complet et d'époque historique jamais découvert en Egypte alors que la civilisation pharaonique accordait dans sa culture et dans ses oeuvres une part très importante à ce félin, vient confirmer que cet animal était révéré et inhumé non seulement dans la ville de Léontopolis, mais aussi dans la grande cité de Memphis, dont Saqqara était la nécropole.
Le Korrigan