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Entretien avec Fabien Clavel
Accordé aux SdI en avril 2004


Bonjour et merci de vous prêter au petit jeu de l’interview !
Alors pour commencer, parlez-nous de vous, de votre vie, de votre œuvre, de votre combat…
Je m’appelle Fabien, j’ai 25 ans et je vis à Paris. J’ai fait des études de lettres classiques avec grand plaisir, au point que je suis maintenant professeur de collège, en lettres classiques toujours.
Je travaille à promouvoir la culture littéraire, la lecture et l’esprit démocratique chez mes élèves. Ce qui n’est pas gagné... Sinon, j’essaye de me faire plaisir en écrivant des histoires.
Quant à mon œuvre, elle se limite pour l’instant à cette tétralogie Nephilim, à un scénario Nephilim et quelques contributions éparses.

Comment conciliez-vous vie professionnelle, vie familiale et une passion aussi prenante que l’écriture ?
Pour l’instant, je suis stagiaire, donc je n’ai que quelques heures de cours par semaine. Mais c’est déjà plus prenant que la vie étudiante. Le mieux pour tout ça, c’est tout de même l’organisation. Je me donne des horaires stricts (je préfère travailler tôt le matin, quand les rêves sont encore un peu là) et j’essaye de les respecter. J’écris assez rapidement, et ça m’aide bien pour économiser du temps. En fait, je pense beaucoup à ce que j’écris (dans le métro, en lisant...) et quand j’arrive devant l’ordinateur, je suis prêt à taper une ou deux pages d’affilée. Après je fatigue et je passe à autre chose. Finalement, c’est un vice assez discret et je pense que professeur est le bon métier puisqu’il permet d’organiser son temps hors des cours et de bénéficier de pas mal de vacances.

Vos élèves sont ils aussi vos lecteurs ?
Surtout pas ! Je ne mélange pas l’école et l’écriture. Je reste plus libre d’écrire ce dont j’ai envie sans me demander ce que mes élèves pourraient en penser. En plus, ils sont trop petits pour lire mes bouquins. Je vois déjà le mal qu’ils ont avec la littérature enfantine. Je pense que ces romans intéresseraient plutôt des lycéens.

Comment êtes vous tombé dans la marmite de l’écriture ? Quel écrivain étiez-vous enfant ?
Ma “ vocation ” remonte assez tôt. Au collège, je prenais des notes sur des romans futurs. Je suis un lecteur vorace et j’ai depuis longtemps envie d’écrire les histoires que j’ai pu m’imaginer. Mais j’ai attendu longtemps avant de me mettre réellement à écrire. Je voulais être prêt et éviter d’être naïf. Tout a commencé avec l’année où j’ai dû rédiger un mémoire d’une centaine de pages en maîtrise. J’ai appris à taper et j’ai commencé un roman que je n’ai pas fini. Mais la machine était lancée. J’ai ensuite écrit un roman à partir d’un univers de JdR pour un pote qui avait écrit son propre jeu, Les Héritiers. Cette fois, je l’ai terminé, mais il n’a pas été publié. Et puis j’ai appris que Mnémos voulait publier des romans sur l’univers Nephilim...

Que vous apporte l’écriture ?
Beaucoup de délassement et d’évasion. J’écris comme un lecteur. J’attends de savoir la suite de ce que j’écris et que j’invente au fur et à mesure. Ça me permet aussi de réinvestir tout ce que j’ai appris et tout ce que j’ai aimé en littérature dans des histoires. C’est aussi un plaisir intellectuel de réfléchir, de chercher, de construire des scénarios, un plaisir que l’on n’éprouve pas toujours en enseignant à des petits collégiens. On traite de la même matière littéraire, mais autrement. Et puis, c’est toujours très flatteur d’avoir son nom sur un livre, de participer à des salons, de rencontrer des auteurs qu’on a lus !

Quels sont vos auteurs favoris ?
Comme j’ai des goûts assez éclectiques, j’ai beaucoup d’auteurs favoris. Commençons pas la littérature classique : je suis fan de Victor Hugo, de Zola, de Pétrone (l’auteur du roman antique Le Satyricon, sur lequel j’ai travaillé) et d’Homère. Dans les contemporains, je voue une passion sans bornes à San-Antonio/Frédéric Dard (j’espère qu’un jour j’aurai réussi à avoir lu ses centaines de romans). Du côté de la science-fiction, j’aime particulièrement Philip K. Dick, Robert Silverberg, Serge Brussolo, Michel Pagel (Les Flammes de la nuit), Michaël Moorcock (Le Cycle de Corum) et Weis & Hickman qui ont écrit pour moi le meilleur cycle de fantasy avec Les Portes de la Mort.
En bande-dessinée, j’aime Gotlib, Goscinny pour Astérix (ça me sert pour mes cours de latin), Moebius et Jodorowski (L’Incal, c’est génial) et puis en vrac les séries Lanfeust, Valérian, Canardo, Soda, Sillage, Les Profs (comme par hasard), etc.

Quels sont vos derniers coups de cœur BD, cinéma et romans ?

En BD, j’ai bien aimé les deux premiers tomes du Passeur des Etoiles (Sofia-Frasier-Jewel, chez Dargaud), le premier tome de Tao Bang (Cassegrain-Blanchard-Vatine-Pecqueur, chez Delcourt, qui date pourtant de 1998) et le volume délirant du Bordel des Muses sur Toulouse-Lautrec. Et puis je viens de découvrir la série De cape et de crocs qui me plaît beaucoup.
Au cinéma, il y a bien sûr le Seigneur des Anneaux, mais aussi Good bye, Lenin qui a un petit côté ludique dans le fait de vouloir cacher la réalité.
Côté roman, j’ai bien aimé le début du cycle de L’Assassin royal de Robin Hobb (J’ai Lu), Faërie Hackers de Johan Heliot, Quantex de Ludovic Albar, L’Empire de poussière de Nicolas Bouchard (tous chez Mnémos). Dans un genre moins marqué, Mémoires de Ponce Pilate d’Anne Bernet (Pocket) qui est un vrai travail sur le romain qui a condamné Jésus ; et aussi La conversation de Bolzano de Sandor Marai (Le Livre de poche) qui revisite un épisode de la vie de Casanova. J’arrête là.

Comment avez-vous découvert le jeu de rôle ?
Une copine d’hypokhâgne était une joueuse aguerrie. Elle et son copain nous ont initiés au JdR avec Les Héritiers, dont j’ai ensuite fait une adaptation en roman. J’ai donc découvert ça tard. Pour moi, les rôlistes du collège, c’étaient des pauvres types asociaux ; j’en étais resté là. Mais je suis assez joueur et j’ai tout de suite été emballé par cette manière de jouer. Ensuite, ils m’ont fait découvrir de nombreux autres jeux tels que Agone, Nephilim, L’Appel de Chthulu, Vampire, Fulminata, Les Secrets de la 7e Mer, La Légende des 5 Anneaux et, plus récemment, Rétrofutur.

Quel est à ce jour votre meilleur souvenir de rôliste?
Ce que j’aime, en partie, c’est rigoler. Mon meilleur souvenir est donc un souvenir de franche rigolade en jouant à Agone. On avait dû affronter un démon inspiré du Gritch d’Hypérion de Simmons avec des piquants partout. Nos personnages passaient au-dessus d’un pont et un méchant prisonnier avait tenté de se suicider en se jetant dans le vide. Mais tous nos personnages avaient sauté à sa suite pour le rattraper. Un grand moment !

Si vous deviez définir en deux trois phrases ce qu’est le JdR, que diriez-vous ?
Pour moi, le jeu de rôle, c’est une bande d’amis qui se réunissent autour d’une table avec pour objectif de s’amuser ensemble à partir de presque rien. La première caractéristique du JdR, c’est que tout se passe dans la tête, que l’imagination est toujours là. La seconde caractéristique, c’est que c’est un jeu où tout le monde gagne en même temps, parce qu’il ne s’agit pas de l’emporter sur les autres mais de collaborer tous ensemble pour que la partie soit réussie.


Comment est né le projet de votre trilogie dans l’univers de Nephilim : Révélations ?
Comme je le disais, j’ai su par mes amis initiateurs en JdR et accessoirement auteurs sur Nephilim : Révélation (il s’agit d’Isabelle Périer et d’Eric Pâris), que Mnémos voulait proposer de nouveaux romans dans cet univers. J’ai donc mitonné rapidement un projet ambitieux de sept romans avec des héros récurrents. L’ensemble devait se construire en deux trilogies organisées autour d’un volume central. La première trilogie devait présenter deux par deux les membres d’une fraternité divisée depuis un siècle et dispersée dans différentes capitales européennes. Le but était d’introduire peu à peu les différentes parties de l’univers Nephilim avec toute sa richesse (les différentes sortes d’Immortels, les différentes sortes de magie...). Le quatrième volume, le volume central, devait montrer leur réunion tandis que la deuxième trilogie devait les montrer tous ensemble en train de se débarrasser de leur ennemi séculaire : un collège de R+C. Mais pour l’instant, on s’arrête au volume 4 car la collection Univers disparaît, faute de rentabilité.

Pour l’instant ? Mais peut-on espérer que vous poursuiviez vos chroniques dans une autre collection ?
Je ne pense pas. La tétralogie est bouclée, même si la fin demeure ouverte. Il faudra attendre longtemps avant que j’aie de nouveau envie de faire des histoires de Nephilim, sauf peut-être sous la forme de scénarios ou de nouvelles. Pour l’instant, je veux développer d’autres projets qui me tiennent à cœur.

Aviez-vous d’ores et déjà rédigé les prémisses de la suite de votre tétralogie ? Où devait se situer le tome suivant et quel était le thème de cette nouvelle intrigue ?
Les trois derniers tomes devaient se dérouler à Amsterdam, Athènes et Prague (dans l’ordre). J’avais simplement des ébauches d’histoires pour la suite, notamment un passage dans un Akasha. Mais je n’avais rien rédigé de précis.

Vous avez cosigné les Atlantéides, une campagne pour Nephilim. Le travail d’écriture est-il le même lorsqu’on travaille sur un roman ou sur un scénario de jeu de rôle ?
Ça n’a rien à voir ! Lorsqu’on travaille sur un roman, on choisit les éléments que l’on veut mettre en avant, les scènes que l’on veut voir se dérouler, on distord parfois la vraisemblance factuelle pour la cohérence psychologique des personnages, pour que tout se passe comme on l’avait prévu. Lorsqu’on travaille sur un scénario, il faut être beaucoup plus rigoureux dans les détails que l’on donne : il faut essayer de penser à tout ce que les joueurs vont pouvoir utiliser pour arriver à leurs fins. Il faut toujours faire attention aussi à trouver l’équilibre entre la liberté du joueur et le déroulement du scénario, alors qu’on peut complètement emmener le lecteur d’un roman où on veut. Au niveau du style, un scénario doit être clair, précis et exhaustif, tandis qu’un roman peut se permettre de laisser des détails dans l’ombre (et il le doit sous peine d’étouffer le lecteur) et jouer davantage sur la suggestion en mettant l’accent sur les aspects les plus parlants. Je dois dire que j’écris beaucoup plus facilement des romans que des scénarios, même si le travail est plus long. Dernière chose, la longueur : un scénario fait quelques pages, tandis qu’un roman en compte des centaines où il faut parvenir à tenir ses personnages.

Je viens d’achever votre tétralogie et je me demandais comment était née l’intrigue principale qui sert de fil d’Ariane aux quatre livres. Avez-vous préalablement créé les personnages, en travaillant leur personnalité, leur passé… Certains de ces personnages étaient-ils issus de vos propres parties ou ont-ils été créés de toute pièce ?
Ma grande crainte, c’était de faire un roman de rôliste, c’est-à-dire un scénario de JdR déguisé en roman. Donc je n’ai jamais réfléchi en terme de jeu de rôle. Je me suis servi de la troisième édition comme d’une bible pour créer des personnages différents qui n’étaient pas faits pour être joués, même s’ils restaient crédibles dans cet univers : je ne voulais pas non plus des héros trop forts par rapport à ce que les joueurs peuvent faire dans le jeu. J’ai picoré dans le livre univers les détails qui me semblaient intéressants pour aller avec mes personnages. D’ailleurs, l’intrigue du premier roman, le Syndrome Eurydice tourne surtout autour de l’évolution psychologique d’un personnage central : en JdR, c’est difficile, voire impossible à mettre en œuvre. En fait, pour l’intrigue générale, je suis parti de l’inverse du point de départ de Dragonlance des mêmes Weis & Hickman. Des amis sont censés se retrouver longtemps après. Mes Nephilim n’ont pas envie de se retrouver, même s’ils souffrent d’être séparés. Leur histoire est déjà finie alors que celle des héros de Dragonlance ne fait que commencer. L’autre aspect sur lequel je me suis penché, c’était de donner une vraie personnalité au décor : à chaque roman, une ville avec un climat bien spécifique pour donner l’ambiance et en faire un personnage supplémentaire (Paris solitaire sous la pluie d’automne ; Budapest durcie sous la neige ; Rome déliquescente sous la pluie printannière ; Londres noyée dans le brouillard). En plus, je me suis attaché à une forme très stricte pour éviter les débordements (3 parties de 7 chapitres + 1 chapitre zéro). Comme l’univers de Nephilim est ésotérique, je voulais que tout tourne autour du chiffre sept : 7 Immortels, 7 chapitres, 7 romans.
Pour finir sur cette question, j’ai ensuite adapté certains personnages pour le jeu. J’ai fait une partie avec mon Selenim Azarian : je me suis bien amusé mais le Mj a trouvé que je cassais l’atmosphère occulte de son scénario.

Quel personnage avez-vous pris le plus de plaisir à mettre en scène?
Mon préféré est bien sûr Azarian. Je dois avouer que je me fais rire tout seul quand je relis certains passages (qui d’ailleurs ne font parfois rire que moi). C’est un tel plaisir de mettre en scène un personnage de méchant garçon, qui peut dire toutes les méchancetés, se permettre toutes les obcénités avec un cynisme constant et un certain goût pour l’autodestruction. Moi qui suis plutôt poli et bien élevé, je trouve que c’est un formidable exutoire. Ce sont les personnages de méchants que je préfère au cinéma. D’ailleurs, Azarian est un faux méchant ; il est finalement ambigu.

Comment avez-vous organisé votre travail d’écriture ? Quel fut la part de recherche documentaire ?
Comme il s’agissait d’écrire dans le genre du fantastique contemporain, je voulais à la fois respecter scrupuleusement l’univers Nephilim et aussi promener mes personnages dans des endroits réels. Pour ça, je les ai placés dans des endroits que je connaissais. J’ai donc choisi des villes que j’avais déjà visitées et j’ai comblé le reste avec des guides touristiques. Par exemple, l’appartement de Haeres à Paris dans le Syndrome Eurydice est l’ancien appartement de ma moitié ; celui d’Ezechiel à Budapest est également celui de ma moitié qui est hongroise d’origine (ceci explique cela) ; le bâtiment de Bankside à Londres est celui où ma moitié (toujours elle) a habité pendant un an pour ses études. J’ai choisi ensuite des lieux représentatifs dans chaque ville pour y faire des scènes fortes en me fondant sur les guides et mes souvenirs de voyage (la Sorbonne parisienne où j’ai fait des études ; le cimetière de Budapest ; le parc de Rome ; le zoo de Londres...).

Avez-vous quelques ouvrages à conseiller à ceux qui désirent découvrir les villes de Rome, Budapest, Paris ou Londres ?
Personnellement, je suis un inconditionnel du Guide du Routard, pour une approche vivante et quotidienne du pays. Pour ce qui est des informations culturelles, je me suis beaucoup penché sur les Guides Verts Michelin, avec plein de photos et des textes bien faits. Il y a aussi une collection chez je ne sais plus quel éditeur qui s’appelle “ à voir ” ou quelque chose d’approchant. Elle est abondamment illustrée et très riche.

Ecoutez-vous une musique particulière lorsque vous écrivez ?
La musique est une partie très importante du travail d’écriture parce qu’elle permet de se mettre plus rapidement dans l’ambiance. Pourtant, je ne suis pas fan de BO de films. J’ai des classiques en fonction de l’ambiance que je veux obtenir : pour une ambiance déprimante, je m’écoute du Radiohead ; pour des scènes de baston, je mets du Metallica, du Korn ou du Sepultura ; pour des scènes glauques, je mets du Thiéfaine ; pour des scènes épiques ou huppées, je mets du classique, de préférence de l’opéra. Pour les ambiances détendues, je préfère des compilations de musiques brésiliennes.

Qu’avez-vous sur le feu en ce moment ?

J’ai plusieurs cocottes sur le feu en même temps. Je mets la dernière main à un roman de fantasy parodique, dont le titre sera Les Légions dangereuses et qui devrait paraître chez Mnémos en avril de cette année. Ça raconte l’histoire de grands ratés qui sont désignés par les Dieux pour retrouver l’un d’entre eux. C’est mon premier travail dans un univers entièrement original. J’espère que ça fera rire les lecteurs.
Je travaille aussi sur un roman d’après un univers de jeu de rôle aux éditions Dartkam, toutes nouvelles. En fait, ce sera une trilogie qui devrait former les préquelles d’un jeu à venir dont l’action se déroulerait des siècles plus tard. Bien sûr, mon expérience sur Nephilim va me servir, mais en même temps je suis plus libre car on me fournit des informations sur l’univers au fur et à mesure que j’avance.
Enfin, je rédige des faux journaux pour le jeu Les Héritiers qui sont en cours de réécriture en vue d’une édition probable. Mon travail consiste à faire passer l’époque de la Belle Époque, tout en donnant des informations utiles aux joueurs, des embryons de scénarios, des indices de l’existence des créatures féériques dans le monde moderne.

Revenons aux JdR. Comment avez-vous construit la trame des Atlantéides, campagne écrite à quatre mains (enfin, façon de parler, à moins que vous ne soyez Florent et toi ambidextre smiley?
Tout a commencé quand Florent Cautela s’est adressé à moi avec un projet de campagne Nephilim. Il a amené son idée de départ : revenir à l’Atlantide. Et notre projet est tombé au moment où Multisim avait besoin d’un scénario/campagne court pour attirer un public débutant, c’est-à-dire l’opposé d’Al-Mugawir. L’idée consistait à se concentrer sur les Ar-Kaïm et à les mettre en vedette. L’autre idée était de proposer une nouvelle voie magique sur les fraternités afin de pousser les joueurs à monter des groupes hétéroclites. Enfin, nous voulions réutiliser au maximum des éléments déjà inventés et broder dessus pour ne pas alourdir un background déjà très riche.
Nous n’étions guère avancés quand nous avons reçu un courrier de Sébastien Célerin, éditeur chez Multisim, qui nous a dit que l’idée l’intéressait : nous avions un mois pour rendre le manuscrit d’une mini-campagne. Nous avons eu plusieurs réunions avec Sébastien et nous nous sommes réparti le travail : j’ai rédigé la première partie, Florent la deuxième et on s’est partagé la troisième.
Fidèles à nos principes, nous avons repris deux factions évoquées dans les des suppléments précédents, que nous avons développées ; nous avons repris une piste de scénario à partir du Codex Ar-Kaïm avec les Étoiles ; nous avons repris la forme de l’Astral intérieur d’un Ar-Kaïm ; nous avons repris les règles de Fraternité ; nous avons repris des pistes présentes dans les Figures.
Nous nous sommes penchés ensuite sur l’Atlantide selon Platon pour développer notre scénario. Le tout a été écrit à grande vitesse. D’ailleurs, il y a quelques erreurs dans le supplément ; par exemple, les illustrations des actes II et III ont été inversées. Florent a commencé en même temps à tester le scénario avec ses joueurs. Je pense qu’on a bien réussi notre coup d’essai. On a écrit tout cela comme des joueurs, en pensant à ce qu’on attendait pour nous-mêmes.

La gamme Nephilim a semble-t-il été reprise par Millenium, qui se contentait alors de sa distribution. Avez-vous l’envie de signer une nouvelle campagne pour le jeu de l’occulte contemporain ?
Pour l’instant, j’attends toujours, sans grand espoir d’ailleurs, d’être payé pour le premier scénario. Florent est dans le même cas que moi. Il nous reste à tous les deux un excellent souvenir d’écriture en collaboration. Quant à écrire une autre campagne, on verra...

Y-a-t-il une question que je n’ai pas posée et à laquelle vous aimeriez néanmoins répondre ?
Non, je pense qu’on a fait le tour : je ne vois rien à ajouter

Pour finir et afin de mieux vous connaître, un petit portrait chinois à la sauce chrysopéenne…

Si tu étais une créature mythologique : un satyre.
Si tu étais un personnage historique : l’empereur Julien l’Apostat
Si tu étais un personnage biblique : l’apôtre Pierre.
Si tu étais un personnage de roman : Eumolpe dans Le Satyricon de Pétrone
Si tu étais un personnage de cinéma : un des anges des Ailes du désir de Wim Wenders.
Si tu étais une œuvre humaine : La Déclaration des Droits de l’Homme.
Le Korrigan