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Chroniques Arthuriennes
Article du Korrigan publié dans Utopies



L’Arthur Historique

Rares sont les récits s’intéressant finalement à l’Arthur tel qu’il aurait été s’il avait réellement existé en tant que personnage historique. Ecartant résolument tous les éléments fantastiques et magiques, ces récits se proposent de resituer l’intrigue dans son contexte historique, quelque part entre le déclin de l’Empire Romain et l’avènement du christianisme en tant que pouvoir politique et religieux.


Le Roi Arthur


Le premier film qui vient immédiatement à l’esprit est immanquablement le Roi Arthur, réalisé par Antoine Fuqua et sorti sur les écrans en août 2004.
Le postulat de départ a de quoi séduire. L’Empire romain s’effrite déjà et abandonne l’île de Bretagne à la merci des envahisseurs saxons venus du nord. Arthur, combattant breton contraint de servir Rome durant plusieurs années. Arrivé à la fin de son engagement forcé, il va devoir choisir son destin. Devant l’avancée des saxons qui menacent de faire tomber le mur d’Hadrien, il aura le choix entre fuir et vivre libre, et tenter de combattre et se vouer à une fin quasi certaine mais héroïque.
Si le film ne manque pas d’attrait et revisite à la sauce historique les personnages majeurs du mythe (Guenièvre devient par exemple une reine picte) en les rendant intéressants et originaux, la sauce a bien du mal à prendre. Certes, les batailles sont plutôt bien rendues, la mise en scène et la photo sont plutôt réussie, mais le film reste assez convenu, sans grande originalité et manquant cruellement de souffle épique…
Un film intéressant qui ne restera pas dans las anales.


Les Héros Cavalier


Cette série, signée par le très prolifique Cothias et dessinée par Michel Rouge puis par Philippe Tarral se propose de revisiter le mythe arthurien en mettant l’accent sur la fin d’un monde dominé par rome et l’avènement d’une nouvelle civilisation dominée par l’Eglise et replace le mythe entre histoire et légende. Arthur est ici bien loin d’être le chef héroïque et charismatique que l’on a l’habitude de voir, aveuglé qu’il est par ses rêves de grandeur et rongé par une ambition aussi démesurée qu’irréaliste. Le personnage de Merlin tente vainement de le faire entrer dans la légende et de lui faire abandonner ses rêves de gloire terrestre pour l’inciter à bâtir un royaume d’une toute autre nature…

Histoire et légendes se mêlent et s’entremêlent pour une sérié étrange, originale. Le fantastique et la magie sont encore présents mais tendent à disparaître alors que l’ombre de la croix s’étend sur les terres de Bretagne.


Aux origines du Mythe


Le Cycle du Graal


Jean Markale, écrivain et poète, passionné de culture celtique se propose de retracer l’épopée du roi Arthur, en la reliant à la tradition celtique, qu’elle soit galloises ou irlandais, et en insistant sur le fait que la version latine, plus connue, s’est développée de façon concomitante à cette version celte. D’abord difficile, ce cycle apporte un éclairage nouveau sur certains aspects du mythe, difficilement compréhensibles si l’on se contente de l’approche chrétienne du mythe. On y comprend par exemple pourquoi Gauvain, et non Mordred devait succéder à Arthur (dans la tradition celtique, la royauté se transmettait par la femme et non par l’homme. L’héritier de sang royal étant dès lors le neveu et non le fils, nul n’étant à l’abri de l’adultère…). Le point fort de ce récit réside dans l’aspect synthétique du mythe, éclaté dans diverses traditions, celtiques ou latines. Son point faible, dans l’aspect répétitif et quelque peu longuet de certains passages…


Arthur (Une épopée celtique)

Cette série scénarisée par David Chauvel et mis en image par Jérôme Lerculey se propose de revenir aux racines du mythe, avant que la littérature courtoise ne s’en empare et ne le christianise.


Le mythe

D’autres œuvres s’attachent à rester proche du mythe courtois. C’est le cas notamment de Pour l'amour de guenievre, de L’Enchanteur de Barjavel, du film Excalibur ou des Les Dames du Lac.


Pour l’amour de Guenièvre

Magnifiquement mis en image par Servais, cet album retrace en un seul volume les grandes lignes de la geste arthurienne en focalisant son récit autour du personnage de Guenièvre, et de l’amour qu’elle inspire, à Arthur tout d’abord, puis à Lancelot ensuite, avec les funestes conséquences que l’on sait. Un petit bijou, en noir et blanc qui vaut sansnul doute le détour.


L’Enchanteur

Barjavel signe avec l’Enchanteur un récit bourré d’humour reprenant dans les grandes lignes la trame connue du mythe en distillant ça et là de superbes trouvailles. Un roman arthurien plein de finesse, à la fois subtil et poétique, centré sur la figure de Merlin… Du Barjavel quoi !


Excalibur


Parmi les nombreuses adaptation cinématographique du mythe, celle de John Boorman reste l’une des plus réussies… Incontournable donc, pour tout amateur de la Geste arthurienne. A noter une BO exceptionnelle hélas introuvable ne CD...


Les Dames du Lac

Avec les Dames du Lac, Marion Zimmer Bradley a pris le parti de présenter le mythe selon ses grandes figures féminines et à travers la lutte de deux mondes inconciliables, celui des druides et des antiques croyances, et celui de Rome et de l’Eglise chrétienne. Epique et féerique, ce cycle est l’un des plus ambitieux romans écrits dans le cadre de la geste arthurienne depuis fort longtemps.


Vers l’Heroic Fantasy

Des chevaliers arpentant le monde à la recherche d’une relique sacrée, la magie omniprésente, le choc de deux cultures, celte et chrétienne, un souffle épique, de sombres complots… Tous les ingrédients de l’héroïc-fantasy sont réunis dans l’histoire du roi Arthur et de ses chevaliers. Quoi de plus normal dès lors que de redécouvrir le mythe dans une version plus orientée héroïc-fantasy.


Merlin, la série

Téléfilm américain réalisée par Steve Barron en 1998, Merlin pourrait n’être qu’une nième adaptation du mythe, qui plus est remanié à la sauce hollywoodienne, ce qui pouvait laisser présager le pire… Le personnage central est bien évidemment Merlin, dont on suivra la naissance et l’enfance, ainsi que son rôle déterminant dans l’épopée arthiurienne. Car ce téléfilm en deux parties ne se contente pas de présenter le règne d’Arthur. La charnière entre les deux parties est le retrait d’excalibur, ce qui permet à Merlin d’aborder la partie moins connue du mythe, celle des âges sombres précédant l’avènement d’Arthur… De nombreux aspects feront dresser les cheveux de la tête des puristes mais ce téléfilm a le mérite de moderniser le mythe en présentant un Merlin intéressant et faïble… à voir donc…


Arthur Pendragon

Mis en image par Guy Michel, colorisé par Chani et scénarisé par Jean-Luc Istin, avait pour ambition de retracer la lutte acharnée des dames d’Avalon et de Merlin contre l’émergence de la religion du crucifié qui tentait d’imposer un nouveau dieu en balayant des siècles de croyances ancestrales. Ce premier tome mettait en place le décor et le contexte de l’avènement d’Arthur Pendragon de façon efficace et poétique… hélas, il semble bien que le projet d’une suite soit enterré et on ne peut que le regretter…


Merlin

L’attention se porte ici sur Merlin, personnage emblématique du mythe, druide énigmatique instigateur de l’épopée. Une fois encore, le monde païen va affronter le monde chrétien, choc des cultures et des épées. Cette adaptation, graphiquement superbe et au scénario très réussi, mérite sans nul doute le détour.


Lisière

Certaines séries puisent dans la matière du mythe pour créer quelque chose d’original et novateur. Certaines poursuive l’épopée dans les années suivants la mort d’Arthur ou plusieurs siècles après, d’autres se contentent d’utiliser des éléments de la légende pour créer une histoire et des personnages originaux.


Rogon le leu


Belle et poétique, magnifiquement mis en image par Alexis Chabert, cette série fait suite au cycle arthurien. Arthur n’est plus, défait lors de la bataille de Camlann. L’Eglise de Rome a étendu son pouvoir sur les terres de petite bretagne. Merlin, dort du sommeil éternel dans le sanctuaire de Brocéliande. Son fils, Rogon le Leu, doit poursuivre son rêve et défendre la forêt pour préserver les anciennes croyances, alors que les sanctuaires sont démembrés et que leur pierres servent à l’édification de chapelles et d’églises. Mêlant habilement légendes bretonne et histoire, mythes et religions, cette série, pleine d’onirisme et de poésie


le Chant d'Excalibur


Truculent, drôle et déjanté, le chant d’Excalibur se propose de raconter la suite des aventures de Merlin, cinq siècle après. On y retrouve un Merlin porté sur la boisson dont la mission est de sauver le monde de la magie, disparaissant peu à peu, alors les antiques dolmens finissent de disparaître pour être remplacé par des chapelles chrétiennes… Secondée par la jeune Gwynned, descendante de Galahad, porteuse de la légendaire Excalibur, il aura fort à faire pour y parvenir… une sympathique série, bourrée d’humour…



Les Ecluses du Ciel

En marge du mythe arthurien, puisant plus dans la Matière de Bretagne que dans l’épopée du Graal, les écluse du ciel est une série d’héroïc fantasy de facture classique, épique et originale.
Utopies