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Napoléon empoisonné?
le débat est relancé

STRASBOURG (AFP) - De la "mort-aux-rats" a été découverte dans les cheveux de Napoléon par un toxicologue basé en Alsace, a annoncé mercredi la Société napoléonienne internationale qui relance ainsi la piste d'une mort de l'empereur par empoisonnement et non des suites d'un cancer de l'estomac.

Cette étude a été menée par Dr Pascal Kintz, président de l'association internationale des toxicologues de médecine légale, qui avait déjà mis en évidence en 2001 une concentration très anormale d'arsenic sur des cheveux de l'empereur déchu.

Elle sera présentée jeudi après-midi à Illkirch-Graffenstaden, dans la banlieue de Strasbourg, où exerce le Dr Kintz, en présence du représentant français de la Société napoléonienne internationale, Jean-Claude Damamme, qui à révélé à l'AFP une partie de ses résultats. "La nature exacte de l'arsenic retrouvé est de l'arsenic minéral, la forme la plus toxique, connue sous l'appellation populaire de +mort-aux-rats+", a-t-il indiqué, soulignant que pour "la première fois" les analyses avaient été pratiquées à l'intérieur des cheveux de Napoléon et non plus seulement sur leur enveloppe capillaire.

"Lorsqu'on donne un poison aussi violent à un individu, ce n'est pas pour prolonger sa vie", a observé M. Damamme. "L'arsenic est arrivé dans la +moelle épinière+ du cheveu, ce qui implique qu'il a été poussé par le flux sanguin et qu'il provient d'aliments ingérés", a-t-il poursuivi, rejetant ainsi la thèse, avancée notamment en 2002 par le mensuel français Science et vie, selon laquelle l'arsenic détecté était d'origine exogène et n'avait pas été absorbé par l'empereur.

Le mensuel français avait entre autres rappelé que l'arsenic était communément utilisé au XIXe siècle pour conserver les cheveux. La dernière étude sur cette affaire, publiée en mai par des chercheurs suisses, affirmait que Napoléon n'était pas mort empoisonné mais bien d'un cancer de l'estomac. La présence de l'arsenic était expliquée par la coutume des vignerons de l'époque de nettoyer leurs cuves avec cette substance et le goût de l'empereur déchu pour le vin.

A ce propos, M. Damamme a remarqué que les chercheurs suisses ne précisaient pas quel type d'arsenic utilisaient les vignerons, certainement pas selon lui de la "mort-aux-rats", beaucoup trop dangereuse. Toujours selon M. Damamme, l'empereur n'était pas, contrairement aux dires de ces chercheurs, un grand amateur de vin, n'en buvait pas plus d'un verre par jour et encore "coupé avec de l'eau".
Le Korrigan



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