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Saint Suaire de Turin
Les Mystères deumeurent


PARIS (AFP) - Mer 15 Mar 00 - 17h30 heure de Paris - Le saint suaire de Turin, qui selon la tradition catholique aurait enveloppé le corps du Christ avant sa résurrection, garde une part de son mystère en dépit des études scientifiques qui se sont attachées à déterminer son origine.
Le linceul, qui sera exposé une nouvelle fois au public du 12 août au 22 octobre dans la cathédrale de Turin à l'occasion du jubilé, porte bien l'impression d'un corps humain véritable, ont en tout cas estimé des scientifiques réunis en symposium du 2 au 5 mars, dont les conclusions ont été rendues publiques mercredi à Paris, au centre culturel italien.
Ce symposium pluridisciplinaire, qui réunissait dans la capitale piémontaise une quarantaine de scientifiques de 10 pays différents, était organisé par le centre international de sindologie de Turin, dont l'unique raison d'être est d'étudier le fameux suaire.
Les recherches physiques, chimiques et informatiques ont permis d'établir que l'image humaine visible sur l'étoffe n'est pas une peinture, mais résulte de l'oxydation et de la déshydratation superficielle d'un corps, a indiqué mercredi Gian Maria Zaccone, vice- président du centre international de sindologie. Les scientifiques n'ont en revanche pas su expliquer ce phénomène.
Par ailleurs, l'étoffe porte des traces de sang humain, ainsi que du pollen de plantes poussant dans la région de Jérusalem.
Quant à son âge, la datation au carbone 14 réalisée en 1988 qui le faisait remonter au Moyen Age n'a pas éteint la controverse: même si le symposium a conclu à la régularité de l'examen, il n'a pas écarté qu'une possible contamination de l'étoffe ait pu en fausser le résultat.
Un nouvel examen au carbone 14 n'est cependant pas prévu, tant que toutes les hypothèses sur l'interprétation du premier examen n'auront pas été épuisées, a indiqué Gian Maria Zaccone.
Des recherches historiques sont également en cours pour déterminer si l'existence du suaire n'a pas été évoquée avant son apparition établie au 14e siècle en France. Ainsi, en 944 à Constantinople, on vénérait déjà un tissu montrant un visage, qui aurait pu être le suaire plié, selon des historiens.
Le linceul est conservé dans la capitale piémontaise depuis 1578. Même si elle n'érige pas en dogme l'authenticité du suaire, l'Eglise catholique encourage la piété populaire qui se manifeste à son endroit.
Le saint suaire, conservé à Turin depuis 1578, sera exposé dans la cathédrale de la ville durant cette année jubilaire du 12 au 22 octobre. La réservation est obligatoire.
La dernière ostension de la précieuse étoffe avait attiré plus de deux millions de personnes du 19 avril au 13 juin 1998. Elle sera à nouveau montrée cet été, notamment à l'occasion des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) organisées en Italie. Les autorités religieuses, qui attendent à nouveau une grande affluence, soulignent qu'il est impératif de s'inscrire.
Le Korrigan