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Le sourire du clown [3/3]
Le sourire du clown


Fiche descriptive

Thriller

Le sourire du clown

Tome 3

Luc Brunschwig

Laurent Hirn

Laurent Hirn

Futuropolis

Novembre 2009

Chronique

Le calme est revenu dans la cité des Hauts-Vents. Mieux que ça, le quartier est en liesse. Mourad El Djaout, le jeune bodybuilder, est devenu champion de l’Est de la France. Un événement inédit pour les Hauts-Vents plus habitués à faire la une des journaux pour ses crimes et ses voitures incendiées.

Le quartier décide de fêter l’événement en grande pompe sous le regard bienveillant du père Desternod et les caméras de la télévision régionale, trop heureux de montrer les changements spectaculaires intervenus dans la cité en quelques semaines à peine.

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. En apparence tout du moins.

Car tout le monde ne partage pas le bonheur général. José, le journaliste qui vit aux Hauts-Vents, mène secrètement une enquête sur Emilio, l’homme de confiance du père Desternod. Et Djin, le jeune clown muet, peut enfin s’expliquer avec sa mère, tout juste sortie de prison, sur l’assassinat de Grocko, 10 ans plus tôt.
un excellent album!


Un grain de poésie dans l'engrenage
Un grain de poésie dans l'engrenage de la violence
Luc Brunschwig est un scénariste qui privilégie la qualité au détriment de la quantité et chacune de ses nouvelles séries se découvre avec délectation. Il retrouve avec cette série amorcée en 2005 Laurent Hirn, qui avait mis en scène le troublant Pouvoir des Innocents, œuvre puissante et particulièrement marquante, tant scénaristiquement que graphiquement.

Les deux auteurs nous entraînent cette fois au cœur de la cité des des Hauts-Vents, cité froide et impersonnelle, comme il en existe tant… de ces quartiers grands comme une petite ville qui peuvent s’embraser à la moindre étincelle et qui font les gros titres des journaux, sans que personne ne cherche vraiment à s’attaquer aux sources du problème. Ici, la cité n’est pas un simple décor, mais l’un des principaux protagonistes de ce drame en trois actes finement ciselé.

Le premier tome est une réelle claque et ce d’autant plus qu’il rencontrait un certains inquiétant écho dans l’actualité qui secouait le pays à l’époque de sa sortie. Déjà, le prêtre soulevait de nombreuses questions quand à ses méthode peu orthodoxes et l’on songeait au Pouvoirs des Innocents et à cet équilibre précaire existant entre la fin et les moyens.
Le tome 2, plus complexe et plus ardu, de par sa construction narrative par ailleurs remarquable, dénoncait l’impuissance (ou le renoncement ?) des politiques à régler le problème de la cité, et la démission des médias qui ont failli à leur mission qui devrait être d’aller au-delà de l’écume des évènements pour travailler sur les causes et non uniquement sur leurs conséquences. Le final promettait d’être explosif.
Et en cela, le tome trois est des plus déstabilisant… Mais, à bien y réfléchir l’intrigue, les deux premiers tomes portaient déjà le germe du final rocambolesque, en opposant la poésie et à l’humour à la violence qui couve.
Difficile d’en parler sans trop en dire et déflorer le sujet. Il y est question de traumatisme, de névrose née d’un pouvoir perdu par accident, de manipulations diverses, et au final, d’êtres humains qui ont perdu leurs illusions mais qui portent en eux une énergie débordante… énergie qu’il leur faut apprendre à canaliser pour qu’elle devienne une force et non un handicap sans cesse pointé par les politiques et les médias…

Les relations qui se tissent entre les habitants de la cité et leurs réaction face aux événements ont quand à eux été finement travaillées et les choix graphiques accentuant l’isolement de la cité sont des plus pertinents. La plupart des personnages, avec leurs doutes et leurs certitudes, débordent d’humanité, ce qui confère au récit une force certaine. Les flashs back, fréquent dans la série, parviennent non seulement de revenir aux sources des tragiques évènements qui secouent ou ont secoué la cité des Hauts-Vents, mais permettent aussi d’étoffer les personnages de façon subtile et élégante, à commencer par Grocko et Glock, personnages charnière dont la présence est palpable, même au-delà de leur tragique disparition…
Le dessin de Laurent Hirn s’est encore affiné depuis le cinquième tome du Pouvoir des Innocents. Ses planches sont superbes, et sa mise en couleur magistralement efficace, tant dans les scènes poétiques que dans les scènes où la violence se déchaîne, avec une mention spéciale au soin apporté aux scènes nocturnes… Un illustrateur parmi les plus envoûtants qui parvient avec ses pinceaux à faire passer les émotions avec une rare finesse…

Le sourire du clown est une série ambitieuse et captivante qui ne devrait pas laisser indifférent. Certains ressorts scénaristiques pourront heurter certains lecteurs mais pour notre part, il serait bien dommage de passer à côté de cette série magistrale concoctée par deux auteurs forts talentueux.
L’humour et la poésie ne sont-ils pas au final de meilleures armes que la violence pour lutter contre celle qu’exercent certaines décisions politiques sur les plus faibles et les plus déshérités? Peut-être est-ce pour cela que certains semblent chercher à museler quelques trublions particulièrement incisifs… Là encore, ce troisième tome trouve un certain écho dans l’actualité…
Le Korrigan




Inspiration jeux de rôle

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