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La Perle Pourpre
Chimère(s) 1887


Fiche descriptive

Histoire

Chimère(s) 1887

Tome 1

Christophe Pelinq, Melanÿn

Vincent

Piero, Vincent

Glénat

Grafica

7 septembre 2011

Chroniques

Une main de fer dans un gant de velours... la caresse d'une prostituée

Paris, 1887. La France de la Troisième République s'engage virilement sur la voie du progrès
technique, de la croissance économique. Le canal de Panama devrait être le symbole du rayonnement de la France à l'étranger, tout comme le sera la Tour Eiffel à Paris.

La jeune Chimère est vendue pour 1000 louis aux bons soins de la Perle Pourpre, lupanar des plus sophistiqués où les messieurs en haut de forme vont trouver le repos du guerrier. Pauvre enfant, laissée à 13 ans par ses tuteurs entre les mains d'une mère maquerelle et d'hommes concupiscents… Pauvre enfant, en vérité ? Sous son air de douce et innocente victime, Chimère n'est que force et volonté obstinée. Elle est prête à tous les sourires et à toutes les faveurs pour gagner la liberté qu'elle n'a jamais eue, pour se venger d'une enfance dépossédée. Elle a en tête que le chemin entre elle et son but est une ligne droite qu'elle pourra tracer rapidement et les poings serrés. Mais la vie à la Perle se chargera de lui montrer qu'il n’y a pas de lignes droites. Du moins, pas pour les prostituées.
un excellent album!


dans l’enfer des maisons closes
Chimère(s) 1887 nous plonge dans les coulisses des maisons closes dans un XIXième siècle finissant. Sans concessions mais sans voyeurisme, les auteurs décrivent la vie quotidienne de leurs pensionnaires et de leurs clients. A l'instar des clubs britanniques, les maisons closes les plus prestigieuses sont parfois le théâtre de décisions politiques ou économiques.

Entré dans la BD par l'excellente série familiale Léo Loden, Arleston s'est fait un nom dans l'héroïc-fantasy qu'il a contribué à populariser en créant le monde de Troy qui enchante le public adolescent, et ce d'autant plus qu'il a su s'entourer de dessinateurs et de coloristes aussi talentueux que Tarquin, Mourier et Guth. Pour la première fois, Arleston signe de son véritable nom, Christophe Pelinq, sans doute pour que ses jeunes ne se jettent pas sur cette série, destinée à un public averti … Sage initiative !

Avec cette histoire signée à quatre main, Melanÿn (qui a déjà travaillé en tandem avec Arleston sur de nombreuses séries) et Christophe Pelinq parviennent à tisser un récit historiquement crédible et à poser des personnages hauts en couleur dans contexte historique précis, mis en place avec subtilité. Sans sombrer dans le misérabilisme, les auteurs parviennent à décrire les conditions de travail dans les maisons closes qui avaient alors pignon sur rue et qui comptaient pour client l'élite de la bonne société. Leur quotidien y est décrit avec soin, de leur rapport à l’argent, des liens qui se tissent entre elles, des rivalités qui naissent immanquablement.

Le récit se centre sur Chimère, jeune fille à peine sortie d’une enfance qu’on devine douloureuse et qui se voit projetée dans l’univers des adultes de la plus tragiques des façons : vendue à Madame Gisèle, gérante de la Perle Pourpre (un bordel de luxe), elle va voir sa virginité vendue aux enchères alors qu’elle n’a pas même 13 ans. Mais la jeune fille, pleine d’aplomb et de ressources, semble bien décidée à ne pas baisser les bras et à se battre pour sortir au plut tôt de sa triste condition…

Pour la petite histoire, Arleston avait planché sur un scénario de série télé portant sur les maisons closes du XIXième et qui n’a finalement pas aboutit. Mais peu de temps après paraissait sur Canal Maison Close, série aux décors superbes et aux acteurs convaincants mais dont le scénario tirait quelque peu en longueur, le tout présentant d’étranges similitudes avec le travail du scénariste… Qu’à cela ne tienne! C’est ce projet de série avorté qui a semble-t-il été adapté en BD…

L'élégant dessin de Vincent est toujours aussi envoûtant. Il apporte une note de poésie à cet univers à la fois sombre, oppressant et plein de vie. Son remarquable travail de colorisation temporise quelque peu la noirceur du propos de la plus subtile des façons. La couverture est quand à elle tout simplement sublime. La curieuse alchimie qui associe son dessin plein d’élégance au scénario de Melanÿn et Christophe Pelinq fonctionne à merveille…

Ce premier tome de Chimère(s) 1887 est une incontestable réussite qui démontre une fois de plus le talent protéiforme de Christophe Pelinq /Arleston. La série est prévue en six tomes et gageons que le scénario concocté par les auteurs (et magnifiquement mis en image par Vincent) comportera son lot de surprises et de rebondissements tragiques…Car la Belle Epoque, qui vit l’avènement de l’argent roi, ne l’était pas pour tout le monde.
Le Korrigan




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