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Augustus
Augustus


Fiche descriptive

Jeux familial

Hurrican

Paolo Mori

Vincent Dutrait

2 à 6

30 mn

février 2013

Chroniques

Après l'assassinat de Jules César en 44 av J.C, Octave son fils adoptif décide de rentrer à Rome pour récupérer son héritage. Très tôt celui-ci affiche l'ambition de s'imposer en politique. Quelques années plus tard, en 28 av. J.-C. le sénat lui confère le titre de « princeps senatus » qui signifie Premier du Sénat. Puis l’année suivante il reçoit le titre d’Augustus. Ce terme est rattaché à une double étymologie : augur, le devin, et augere, faire croître naturellement. Ce titre considère qu'Octave est doué d'une autorité naturelle et qu'il est celui qui augmente perpétuellement le territoire appartenant au peuple romain. En 27 av. J.-C. Augustus devient ainsi le premier empereur romain. Vous êtes « legati augusti », représentant d’Augustus et vos attributions consistent à maintenir les institutions existantes dans les provinces de l’Empire.

Très ambitieux vous briguez un titre de Consul que le sénat élit chaque année. Pour cela vous devez vous assurez du soutien des sénateurs les plus influents et prendre le contrôle de provinces pour rassembler le maximum de richesse. Seul le plus puissant d’entre vous pourra prétendre à ce titre.


But du jeu

Obtenir un maximum de point le plus rapidement possible, car la partie s’arrête dès qu’un joueur a sept objectifs.


Apperçu des Règles

Vous commencez le jeu avec trois objectifs à conquérir et sept légions. Il y a deux types d’objectifs: les provinces et les sénateurs. Puis le crieur public pioche dans le sac un des 23 jetons mobilisation. Il cite à haute voix sa catégorie et le pose sur la table. Ces jetons permettent de mobiliser six catégories de légions. Double Glaive - Catapulte - Bouclier –Enseigne - Char – Poignard. Il y a aussi deux jetons « joker » qui permettent de mobiliser la légion de son choix. En fonction des tirages annoncés vous mobilisez vos légions et les répartissez sur vos objectifs pour les compléter.
un chef d'oeuvre!


Les jetons sont tirés…
Les jeux traditionnels inspirent souvent des auteurs qui les détournent pour leur apporter une touche de modernité. A ma connaissance, le bingo avait échappé à ce détournement, jusqu’à ce Paolo Mori s’en empare pour en faire le mécanisme de base d’Augustus… Bien sûr, l’auteur de Libertalia, Pocket Battles et Vasco da Gama lui fait subir un lifting, lui conférant même, contre toute attente, une dimension stratégique des plus subtiles!


Du matériel…

Le matériel est comme de coutume avec Hurrican de bonne qualité, rehaussé par des illustrations élégantes de Vincent Dutrait, illustrateur dont les joueurs de Mundus Novus, Tschak ! ou Rome & Carthage ont pu apprécier le talent…

88 cartes objectifs
50 meeples-légions
23 jetons mobilisations
12 tuiles récompenses
1 sac en tissu
1 bloc de score

Sur chaque carte objectif (Province ou Sénateur) figure un coût en légion à mobiliser, un effet, un numéro, des points de victoire et, pour les provinces, des ressources produites (seuls l’or et le blé ont un impact sur la partie)
Les tuiles récompenses sont divisées en trois catégories : Les couleurs d’objectifs (prime au premier joueur remplissant une condition donnée), contrôle de l’or et du blé (prime au joueur possédant le plus d’or ou de blé. Cette tuile peut être gagnée par un autre joueur possédant plus de ressources), nombre d’objectif (cette tuile peut être réclamée par un joueur possédant le nombre indiqué de carte objectif contrôlés… Mais il ne peut posséder qu’une seule de ses tuiles durant la partie ! Une fois prise, il ne pourra pas espérer en obtenir une plus intéressante !)


Du déroulement du jeu ;;;

Chaque joueur reçoit sept meeple-légions, six cartes objectifs (il n’en conserve que trois). Cinq tuiles objectifs sont dévoilées face visible (c’est la pioche). Les tuiles récompenses sont disposées au centre du plateau. Les jetons mobilisation sont mis dans le sac…
Un joueur (le crieur) pioche un jeton mobilisation et l’annonce à haute et intelligible voix. Les joueurs possédant ce symbole (double glaive, bouclier, char, catapulte, enseigne, poignard) peuvent poser l’une de leur légion sur ce dernier (la légion peut venir de leur réserve ou être déplacée). Si le symbole est présent sur plusieurs cartes, le joueur ne peut néanmoins poser qu’une seule légion!
Si cette légion leur permet de compléter un objectif (toutes les cases sont remplies par une légion), le joueur possédant l’objectif crie « Ave Cesar » (si deux joueurs complètent en même temps leur objectif, les actions sont résolues dans l’ordre croissant du numéro de l’objectif). Il récupère les légions posées sur la carte (elles rejoignent sa réserve) et place celle-ci dans sa zone d’objectifs contrôlés. L’effet associé peut être de trois natures : immédiat (il est alors résolu de suite) permanent (il pourra être utilisé au choix du joueur) ou en fin de partie (influençant alors le décompte final)…
S’il en remplit les conditions, le joueur peut prendre une tuile récompense.
Le joueur ayant résolu l’objectif sélectionne alors immédiatement une nouvelle carte objectif parmi les cinq proposées (et la remplace par une carte de la pioche)…
Lorsqu’un joueur a complété sept objectifs, on finit le tour et on procède au décompte final. Le joueur ayant le plus de points de victoire (points des cartes objectifs contrôlés, points des tuiles récompenses, points des effets des cartes) est déclaré vainqueur, s’emparant du très convoité titre de consul…


De l’avis de la Rédaction…

Le format en accordéon des règles pourra surprendre mais le fait est qu’elles s’avèrent très bien pensées et rédigées, rehaussées d’encarts et d’exemples qui les rendent d’une remarquable limpidité. Rapidement lues et digérées, les règles s’expliquent en une poignée de secondes, permettant d’entamer rapidement la première partie. Mais derrière ces règles simples et élégantes se cache un jeu malin plein de subtilités qui se révèlent au grès des parties.
Car si le hasard occupe une place de choix, la table de fréquence des jetons mobilisations est un paramètre à prendre en compte pour maîtriser un peu les aléas des tirages. Le choix des objectifs sera on s’en doute crucial et donnera lieu à d’intéressants et dévastateurs combos.
Les différentes natures de tuiles bonus accentuent la dimension stratégique du jeu. L’aspect « stop ou encore » des tuiles portant sur le nombre d’objectifs contrôlés, les tuiles or et blé que l’on peut chaparder aux joueurs les possédant, les « couleurs d’objectifs » qui apportent un aspect ruée vers l’or appréciable… Autant de paramètres à prendre en compte, surtout lors des parties tendues où la victoire se jouera à une poignée de points de victoire…

Les dessins du bien nommé Vincent Dutrait sont très élégants. Renouant avec l’Antiquité (il avait pris la relève de Franck Dion pour l’extension mythologique de Mare Nostrum), il campe des sénateurs plein de charme et de dignité alors que les ressources venues de l’Empire sont elles aussi très joliment mises en images. A ce propos, on peut saluer l’effort de véracité historique quant à la nature et l’origine des ressources figurant sur les cartes objectifs.
La couverture colorée concoctée par le dessinateur présente une amusante mise en abymes où l’on peut voir trois patriciens jouer à un jeu et déplacer des légions sur une carte de l’Empire, avec en fond le ciel bleu, des quais dégorgeant de ressources et un comptoir, vraisemblablement africain de l’empire…

Par ses règles ingénieuses dérivées du loto, par la fluidité de ses mécanismes et l’élégance des illustrations, ainsi que par sa thématique historique soignée, Augustus a tout pour devenir un futur hit familial. Le jeu est d’autant plus appréciable qu’il ne connaît pas de temps mort, les parties étant aussi fluides que le sont les règles… Joueurs vétérans et occasionnels s’affronteront avec le même plaisir autour de ce jeu qui auquel on promet un grand avenir! Et ce d’autant plus que ce format de jeu (simple, rapide et dynamique) semble être l’idéal pour initier de nouveaux joueurs aux plaisirs du jeu de société moderne…

Seul bémol dans ce concert de louanges, la boîte qui parait un peu vide… de la place pour de futures extensions? Qui sait…

En résumé…

On aime...

la qualité du matériel et des illustrations
le subtil détournement du bingo
la simplicité et la fluidité des règles
idéal pour initier de nouveaux joueurs au JdS moderne

On n'aime pas...

la boîte un peu trop grande au vu de son contenu


Le Korrigan


un chef d'oeuvre!


un jeu qui le vaut bien
Pour planter le décor, je dois dire que j'adore Augustus.

C'est quand même le premier jeu depuis longtemps où j'arrive à faire jouer toute la famille. Ma femme qui n'aime pas jouer à de nouveaux jeux. Le grand qui préfère le jeu de baston. le moyen qui n'aiment pas trop jouer. Le dernier qui n'a 'que' 9 ans et se lasse très vite des jeux. Et ça, faire jouer toute la famille en même temps, ça n'a pas de prix.

En ce qui concerne le matos, il est excellent. Bon, je passe sur les illustrations (que je trouve superbes) puisque les goûts et les couleurs... De bonnes cartes, souples, résistantes, grandes (il faut de la place). Des tuiles en carton épais... En fait je n'ose pas imaginer ce que cela aurait donné avec des tuiles en lieu et place des cartes...

Mais le principal c'est le jeu et là, il est top. C'est vrai qu'il est léger, qu'on ne grille pas 15 neuronnes à carte fois qu'on pose une légion. C'est vrai qu'on peut penser en avoir fait le tour au bout de 10 parties mais... et alors ? La belote, la coinche, le tarot, j'en ai fait des 10aines et des 10aines de parties, des 100aines (des miliers ?) de donnes j'en ai fait le tour. Je dois avoir vu toutes les situations possibles. Et pourtant cela m'amuse encore. Là, Augustus ça sera pareil. On va vite en faire le tour mais cela n'empêche pas l'amusement, le fait de devoir s'adapter à la situation.

Le hasard joue ? Oui. Comme la donne à la belote, au tarot. Après, il faut faire avec. Si on a vraiment la poisse, on ne peut rien contrer, c'est clair. Mais avec l'habitude, c'est souvent les mêmes qui gagnent. A Augustus, après plein de défaites cuisantes, je me suis mis à bien gagner. J'observe plus le jeu des autres, les objectifs qu'ils visent, ce que je peux prendre, les combos, Sur la fin de partie, je ne commence plus d'objectifs où, pour les finir, il faut en passer par les ressources que recherchent les autres. Sinon ils gagneront avant moi, obligatoirement... Je me suis déjà surpris à regarder les numéros des objectifs pour voir si je pouvais griller la politesse à un de mes adversaires sur le bonus 'nombre d'objectifs' en cas d'ave Caesar simultanés.

Bref, de l'opportunisme, des règles simples, une bonne rejouabilité, du beau matos, du bon matos, un jeu transgénérationnel. C'est clair, c'est un excellent jeu. Entre gamer, j'en préfère d'autre, mais un Augustus avec n'importe qui, ou pour finir la soirée avec des gamer, je signe de suite.

Pour moi, Augustus mérite clairement qu'on en parle et qu'on le fasse connaître.

par CBP, avec son aimable autorisation
homme invisible



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Inspiration jeux de rôle

Cette fiche n' est référencée comme inspi pour aucun jeux de rôle.