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les poilus
les poilus


Fiche descriptive

Jeux familial

Sweet November

Fabien Riffaud, Juan Rodriguez

Tignous

2 à 5

10 ans et +

30 mn

mars 2015


17€90
Chroniques

2 Août 1914 - Sur la grand-place du village, le groupe d’amis inséparables contemple, incrédule, l’ordre de Mobilisation Générale placardé sur la mairie. Depuis plusieurs semaines, la lecture de la presse était devenue très inquiétante mais la brutalité de l’annonce surprend tout le monde. Sans avoir la moindre idée de l’enfer dans lequel ils vont être plongés, ils se font la promesse de rester solidaires pour revenir tous ensemble quoi qu’il advienne. Malheureusement, la réalité qu’ils vont affronter sera bien au-delà de leurs pires craintes.

Les poilus est un jeu coopératif qui se propose de parler des poilus de manière ludique.
un chef d'oeuvre!


Plus fort que la haine
Les Poilus, la colombe de la paix, l'armistice est signée! © Sweet November / TignousDifficile de ne pas avoir un pincement au cœur en ouvrant ce jeu coopératif. Les poilus est en effet le second jeu illustré par Tignous, et le dernier puisque des imbéciles armés de Kalachnikovs en ont décidé ainsi un funeste jour de janvier 2015… Son travail graphique, toujours très expressif, s’avère remarquable de justesse et la superbe illustration de couverture qui répond à celle figurant au dos des règles rend hommage à ces hommes qui ont vécu dans la boue et le sang dans les tranchées de la Grande Guerre. De même que l’illustration figurant au dos de l’aide de jeu montrant un soldat en uniforme bleu horizon lisant une lettre d’amour dans un décor meurtri par les stigmates des combats… Même le fond de la boîte est à l’unisson!

Dans ce jeu coopératif, les joueurs incarnent de jeunes hommes qui, découvrant l’Ordre de Mobilisation Général placardé sur la mairie se sont fait la promesse de rester solidaires quoi qu’il advienne et de revenir ensemble de la guerre…

Règles et matériel

Les Poilus, carte personnage © Sweet November / TignousPorté par le dessin plein d’humanité de Tignous, le jeu a une identité graphique forte. Les cartes sont joliment illustrées, avec ce dessin faussement naïf qui suggère les horreurs quotidiennes de la guerre sans jamais les montrer. Le matériel est de grande qualité, du pion 1er joueur en trois dimensions en passant par ces jetons « discours » semblables à des phylactères de BD.

Petit point noir : il semblerait qu’une erreur d’impression se soit glissée subrepticement entre les lignes ennemis, profitant de l’assoupissement du planton de faction : il n’y a pas autant de tuiles soutien le joueur de gauche que de tuiles de soutien de joueur de droite… Rien qu’un coup de marqueur ne saurait résoudre mais c’est dommage…

Les règles (8 pages) sont fluides et plutôt bien écrites. Elles proposent un petit aménagement pour le jeu à 2, pour la partie découverte et une variante simple mais bougrement efficace à réserver aux vétérans… Les auteurs ont eu la bonne idée de donner la répartition des cartes afin de satisfaire les statisticiens en herbe…

Contenu de la boîte :6 cartes Personnage, 59 cartes menaces, 1 carte Paix, 1 carte Monument aux Morts, 16 tuile Soutien, 5 jetons Discours, 1 marqueur Chef de Mission et une aide de jeu résumant les différentes phases de jeu.

Déroulement d’une partie

Les Poilus, carte personnage © Sweet November / Tignous Mise en place
Les cartes Menace sont soigneusement mélangées. 25 cartes sont placées sur la carte Paix (Pile des Epreuves), les autres sont placées sur la carte Monument aux Morts (pile du Moral). Chaque joueur choisit un poilu et 3 tuiles soutien sont distribuées aléatoirement à chaque joueur … Le jeton Chef de Mission est donné au joueur possédant les plus longues moustaches…

Déroulement
Lorsque la manche commence, le Chef de Mission donne un jeton Discours (s’il en reste) à son voisin de droite puis décide du nombre de cartes que chacun va piocher (minimum 1)…

A leur tour de jeu, chaque joueur doit choisir l’un des 4 options suivantes :
1Jouer une carte Menace : Le joueur joue une carte dans la mission en cours (ou devant lui s’il s’agit d’un Coup Dur. Certaines cartes possèdent un logo piège qui oblige le joueur l’ayant jouée à piocher immédiatement une nouvelle carte et une seconde qui sera jouée dans la foulée…
2Se replier et Soutenir un joueur :le joueur ne participera plus à la mission et place un marqueur Soutien sur sa carte personnage
3Utiliser un Discours :le joueur désigne un type de menace (hors Coup Dur!) et chacun des autres joueurs encore dans la mission peut défausser une carte comportant cette menace. Le Discours est ensuite retiré du jeu.
4Utiliser un Porte Bonnheur :En retournant sa carte, un joueur peut défausser une de ses cartes comportant cette menace.

Les Poilus, carte Menace © Sweet November / TignousLa manche s’achève lorsque tous les joueurs ont passé (les cartes de la mission sont alors défaussées et les cartes en mains conservées) ou si une même menace apparaît trois fois au cours de la mission. La mission est un échec (les cartes de la mission en cours sont mélangées et replacée sur la pile des Epreuves, rendant la survie plus difficile pour nos pauvres poilus).

Ensuite, les Soutien sont dévoilés. Si un joueur bénéficie seul d’une majorité il peut soit défausser deux Coups Durs soit récupérer son Porte-Bonheur (si la mission est un échec, la seule option est de défausser d’une carte Coup Dur). Les jetons Soutien sont donnés au joueur qu’on soutenait…

Ensuite, le moral des troupes baisse : on pioche dans la pile Moral autant de cartes que le nombre total de cartes possédées dans la main des joueurs pour les placer sur la pile Epreuve… Une nouvelle mission peut commencer…

Fin de partie
La partie s’achève par la victoire des joueurs si la colombe est dévoilée et qu’ils n’ont plus de cartes en main. Ils perdent si le Monument au Mort est dévoilé ou si un joueur cumule 4 Coups Durs après la phase de Soutien.

l’Avis de la Rédaction

Les Poilus, carte Menace © Sweet November / TignousAvec les Poilus, Fabien Riffaud et Juan Rodriguez (Elixir, TicTac Boom…) ont réussi le tour de force de créer un jeu coopératif simple, élégant et tendu qui tient dans une petite (mais très jolie) boîte…

Bien sûr, il y a le côté émotionnel lié à la tragique disparition de ce grand dessinateur qu’était Tignous mais le jeu est doté de suffisamment d’atouts pour qu’on n’y porte bien plus qu’un regard mélancolique…

Si les règles paraissent des plus simples, elles s’avèrent particulièrement ingénieuses, avec une forte et savoureuse composante de prise de risque… Car le choix du nombre de cartes par le Chef de Mission s’avère des plus crucial… En prendre trop peu, c’est voir le moral baisser, trop, c’est risquer de voir la mission échouer plus ou moins lamentablement, avec des conséquences souvent désastreuses voire carrément funestes! Mais cet aspect se retrouve aussi dans le moment de se retirer ou non d’une mission… Car certains Coups Durs, Traumatismes ou Phobie risquent parfois de compromettre la réussite même de la mission!

Le moteur du jeu repose sur des mécanismes simples qui s’intègrent parfaitement dans la logique coopérative et la thématique du jeu. Les Poilus, le monument aux morts, synonyme de défaite © Sweet November / TignousIl y a vraiment un sentiment de participer à une aventure collective et les règles parviennent à estomper le principal grief fait aux jeux coopératif où l’on voit trop souvent un joueur chevronné dicter leurs actions aux autres joueurs…

Si les joueurs partent d’abord avec la fleur au fusil, une fois la première mission passée, Traumatismes, Phobies et Coups Durs compliquent considérablement la tâche de nos braves poilus! Et l’idée simple et savoureuse de transférer autant de cartes de la pile Moral vers la pile Epreuve que le total des cartes en main des joueurs s’avère particulièrement bien pensée…

Bien sûr, l’ombre de Tignous plane sur le jeu et le pathos se mêle au plaisir ludique de façon inextricable… Mais ce jeu concocté par Juan Rodriguez et Fabien Riffaud possède suffisamment d’atouts pour qu’on s’y intéresse pour lui-même. Son aspect coopératif malin et bien pensé, son parfum de stop ou encore judicieusement mis en règles en font un excellent jeu coopératif au format de poche… Malgré la thématique, le jeu n’est pas un jeu de confrontation, mais bien un jeu contre la guerre elle-même… Un jeu qui donne à voir la guerre à hauteur d’homme, mettant en exergue la fraternité et l’amitié…


On aime...

les mécanismes simples et ingénieux
l’aspect coopératif fortement lié à la thématique
l’aspect stop ou encore subtilement mis en règle
les dessins de Tignous qui confèrent son identité au jeu et accentuent sa charge émotionelle

On n'aime pas...

la petite erreur d’impression des tuiles Soutien
Le Korrigan




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Inspiration jeux de rôle

Cette fiche n' est référencée comme inspi pour aucun jeux de rôle.