Haut de page.

La princesse de Clèves
La princesse de Clèves


Fiche descriptive

Roman Graphique

Claire Bouilhac, Catel (d'après le roman de Madame de La Fayette)

Claire Bouilhac, Catel

Marie-Anne Didierjean, Valérie Michaux

Dargaud

29 Mars 2019


24€99

9782205075953

Chronique
La princesse de Clèves
Chronique d’un amour impossible

Écrit en 1678 par Madame de La Fayette, "La Princesse de Clèves" est un roman fondateur. La jeune Mademoiselle de Chartres y fait ses premiers pas dans la cour du roi de France, Henri II.

Entre cabales, médisances et galanteries, elle rencontre l'amour dans un univers pétris de conventions.
un excellent album!


Chronique d’un amour impossible
La princesse de Clèves, planche de l'album © Delcourt / Bouilhac / Catel / Madame de La FayetteClaire Bouilhac et Catel se proposent d’adapter la Princesse de Clèves, roman de Marie-Madeleine de La Fayette qui influença durablement de nombreux auteurs tels Balzac ou Cocteau et qui est considéré par beaucoup comme le prototype du roman d'analyse psychologique.

Madame de La Fayette échange avec son ami François de La Rochefoucauld à qui elle parle des prémisses de son roman historique…

La princesse de Clèves, planche de l'album © Delcourt / Bouilhac / Catel / Madame de La FayetteL’histoire commence lorsque la jeune demoiselle de Chartres est présentée par sa mère à la cour du Roi Henri Second… Sa beauté, son innocence et ses charmes ne laissent pas indifférents le Duc de Guise ou le Prince de Clèves qui s’éprend d’elle avant même de connaître son rang… Suivant les conseils prodigués par sa mère, la jeune fille accepte les avances du Prince de Clèves et l’épouse… Mais aux fiançailles de Claude de France et du Duc de Lorraine, elle fait la rencontre du Duc de Nemours, un jeune homme réputé pour sa beauté…

Le Duc de Nemours va renoncer à son mariage avec la Reine d’Angleterre, ne laissant que peu de doutes quant à la nature des sentiments qu’il voue à la Princesse de Clèves… Elle-même n’est pas insensible aux charmes du Duc mais elle est mariée et respectera les sacrements du mariage… Mais peu après que la Princesse lui ait révélé son attirance pour un autre que lui, le Prince de Clèves meurt de désespoir…

Plus rien ne semble s’opposer à leur idylle… Mais la Princesse en a décidé autrement…


Un roman classique teinté de féminisme avant la lettre…
S’il s’inscrit dans la continuité des romans courtois, cette œuvre de Madame de Lafayette s’avère être un roman classique puisqu’elle s’efforce d’y cerner et de retranscrire les états d’âme et la psychologie d’un personnage.

La princesse de Clèves, planche de l'album © Delcourt / Bouilhac / Catel / Madame de La FayetteLa préface et la postface de l’album mettent en scène Madame de La Fayette devisant avec La Rochefoucauld puis avec Madame de Sévigné à propos de ce roman qui allait faire passer son autrice à la postérité. Dans cette adaptation, Claire Bouilhac et Catel esquissent un portrait résolument moderne du personnage de la Princesse de Clèves en en faisant une véritable héroïne choisissant sa vie plutôt que de la subir… Avec les affres de la passion, elle va découvrir l’amour et la souffrance, comme tous les jeunes de son âge, quelle que soit l’époque… Le drame se noue autour de cette histoire d’amour impossible et lorsque le destin estompe les obstacles qui se dressait entre la chaste Princesse de Clèves et le Duc de Nemours, c’est la seule volonté de l’héroïne, et le respect des dires de sa mère, qui conduiront le récit vers la fin tragique que l’on sait… Claire Bouilhac décrit avec finesse l’ambiance délétère qui devait régner à la de Louis XIV et dont s’est inspirée Madame de La Fayette pour dépeindre celle de Henri II… Par contraste, au milieu de l’hypocrisie ambiante et de ces faux semblants, la pure et vertueuse Mademoiselle de Chartres semble plus belle encore…

La princesse de Clèves, planche de l'album © Delcourt / Bouilhac / Catel / Madame de La FayetteClaire Bouilhac signe les dessins de l’adaptation proprement dite, enchâssé dans le récit de Catel qui souligne avec subtilité le parallèle qui peut être fait entre la vie de Madame de La Fayette et celle de la Princesse de Clèves… L’une comme l’autre font montre de leur talent de metteuse en scène avec un trait élégant et un encrage délicat. Inspiré de la Princesse de Clèves de Jean Delannoy, incarnée à l’écran par Marina Vlady, la couverture de l’album s’avère particulièrement belle…

En s’emparant de ce qui est considéré comme le premier roman classique, Claire Bouilhac et Catel mettent en lumière sa modernité (n’en déplaise à un ancien Président de la République !)… Car loin de subir son destin et malgré le carcan des conventions, la Princesse de Clèves est bel et bien une héroïne qui choisit de vivre la vie qu’elle estime honorable… A la recherche d’un idéal amoureux, elle ne peut concevoir donner à un autre qui ne le mérite peut-être pas l’amour qu’elle ne peut éprouver pour son mari qui lui mériterait d’être aimé…
Avec une préface et une postface mettant en scène Madame de Lafayette, les autrices esquissent un intéressant parallèle entre sa vie et celle de son personnage, conférant à l’ensemble une densité plus grande encore…

Porté par un dessin subtil et élégant et une mise en couleur qui ne l’est pas moins, cette remarquable adaptation de la Princesse de Clèves permettra aux plus jeunes de découvrir ce récit d’un amour impossible et, qui sait, de leur donner envie de découvrir le roman originel…


L’amour est un péril. Je songe à décrire les sentiments d’une jeune et candide princesse en proie aux affres de la passion.Madame de La Fayette
Le Korrigan




Inspiration jeux de rôle

Cette fiche est référencée comme inspi pour 1 jeux de rôle.

Te Deum pour un massacre est un jeu de rôle historique se déroulant durant les guerres de religion qui ont déchiré le Royaume de France au XVIième siècle. Dans le crépuscule où sombre la chrétienté, la reine noire contemple les débris du royaume. Du haut des tours du Vieux Louvre, elle observe les brasiers qui rougeoient dans la nuit tombante. L'armée des Princes, l'armée des grands aristocrates calvinistes, est en train d'encercler la capitale. Les troupes incendient les faubourgs. Au même moment, des ruelles tortueuses de la ville assiégée, monte le lamento discordant des massacres. La populace catholique prend d'assaut les maisons des huguenots parisiens, traîne vers le seine des corps martyrisés.