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Nathanaëlle
Nathanaëlle


Fiche descriptive

Science-Fiction

Charles Berberian

Fred Beltran

Fred Beltran

Glénat

23 Octobre 2019


18€

9782344019733

Chronique

Dans le futur, l'humanité est divisée en deux catégories. Sous terre vivent les survivants d'une prétendue apocalypse nucléaire ayant tout éradiqué à la surface.

À la surface vivent les membres d'une élite décadente et immortelle, capable de réincarner leur âme dans d'autres corps humains (pour les plus riches) ou des enveloppes de robots. Les deux communautés s'ignorent mutuellement, dans un mensonge institué par les gouvernants.

Mais tout ceci est sur le point d'être renversé par une jeune femme, dont l'existence même va remettre en cause l'ordre établi et provoquer une gigantesque rébellion. Pour le moment, elle-même l'ignore. Elle s'appelle Nathanaëlle.
un chef d'oeuvre!


Une dystopie loufoque et déjantée
Nathanaëlle, planche de l'album © Glénat / Beltran / BerberianCharles Berberian associe sa plume débridée aux crayons et pinceaux de Fred Beltran pour tisser un récit de science-fiction déjanté et jubilatoire…

Notre Terre, dans un futur lointain… L’humanité est divisée en deux catégories : les survivants qui se sont terrés sous la surface pour échapper à l’apocalypse qui a ravagé la planète… et l’élite décadente qui vit en surface et est à même de se réincarner dans d’autres corps, humains pour les plus riches, ou robotiques, pour tous les autres…

Lorsqu’elle apprend la rumeur selon laquelle l’apocalypse serait un mensonge éhonté, Nathanaëlle décide de quitter son appartement exigu et son compagnon quasi virtuel pour gagner la surface et en avoir le cœur net… Elle ignore alors qu’elle allait fortement ébranler l’ordre établi, et devenir la figure de proue de la révolution…


Un récit de SF joyeusement foutraque bien plus profond qu’il n’y parait…
La Science-Fiction se doit de busculer les consciences et de faire réfléchir le lecteur sur les travers de la société dans laquelle il vit… Et sous ses apparences joyeusement foutraques, le scénario tragi-comique de Charles Berberian esquisse les contours d’un univers doublement dystopique porté par des personnages loufoques et totalement barrés…

Nathanaëlle, planche de l'album © Glénat / Beltran / BerberianLe scénariste de Monsieur Jean (petit bijou co-signé avec Philippe Dupuy) donne en effet vie à une formidable galerie de personnages joyeusement déjanté, tel cet homme amateur d’arabica réincarné en machine à café et qui ne peut s’empêcher de vouloir refourguer sa came à chaque nouvelle rencontre… Une vision fantasmée et cauchemardesque de l’objet connecté ? Car pour composer cet univers délicieusement rétro-futuriste, les auteurs s’inspirent de notre quotidien, s‘interrogeant sur l’immortalité, le fossé vertigineux qui se creuse entre riches et pauvres, le sexe ou la malbouffe 2.0, le virtuel qui parasite notre vision de la réalité, les objets trop connectés ou la brutalité de la répression policière… Toute ressemblance avec notre triste époque n’étant bien évidemment pas le fruit du hasard…

Si l’album s’avère aussi enthousiasmant c’est aussi grâce au formidable travail réalisé par Fred Beltran qui compose un univers retro-futuriste tout à la fois crédible et délicieusement décalé qui rappelle par moments celui de l’Incal, chef d’œuvre de la SF signé par Moebius et Alexandro Jodorowsky. Son trait plein d’élégance et de fantaisie est sublimé par une mise en couleur somptueuse pleine de subtilités et de finesse. L’artiste accentue avec malice et jubilation l’attitude et les expressions de chacun des protagonistes, soulignant l’aspect joyeusement loufdingue de chaque séquence… Il compose des personnages aux trognes improbables, convoquant même pour l’occasion Edgard Allan Poe dans le rôle du savant génialissime et géniteur indigne… Son découpage s’avère quant à lui tout à la fois fluide et follement inventif…

Nathanaëlle, planche de l'album © Glénat / Beltran / BerberianL’album est complété par un magnifique cahier de recherche qui donne la mesure du talent de ce dessinateur qui manquait cruellement au neuvième art… La première illustration n’est pas sans évoquer l’expression du lecteur se rendant compte que l’album est achevé et qu’il reste tant de questions en suspens…

Rencontre improbable entre deux auteurs dont les univers semblaient se situer aux antipodes l’un de l’autre, Nathanaëlle est un album jubilatoire et joyeusement barré qu’on lit avec délectation…

Dans cet album, Charles Berberian et Fred Beltran esquissent les contours d’un univers retro-futuriste follement dystopique où la population est divisée en deux : l’une vivant sous terre pour survivre à une soit-disant apocalypse qui aurait ravagé la surface; l’autre formant une élite décadente et quasi immortelle évoluant en surface… Nathanaëlle va être, bien malgré elle, le trait d’union entre ces deux mondes antinomiques…

A travers cette fable de science-fiction tragi-comique solidement charpentée, les auteurs portent un regard lucide et caustique sur les travers de nos sociétés contemporaines, soulevant bien des interrogations dont certaines restent sans réponses… La fin en queue de poisson, mais néanmoins délicieusement frustrantes, pourrait laisser espérer une suite… Mais en l’état, Nathanaëlle est un album jubilatoire, loufoque et décalé qui fait indubitablement partie de nos coups de cœur de cette fin d’année…


Mais je vais te dire ce qui m’a vraiment convaincu. Tu veux savoir ce qui m’a vraiment convaincu ? Cette histoire d’être réincarné en robot, ouais, bof. Ce qui m’a vraiment convaincu, c’est quand ils m’ont dit : « vous pouvez choisir votre type de robot. ». Je sais, je l’ai déjà raconté cent fois. Ton père radote. Qu’est-ce que tu veux, j’ai toujours eu un truc pour le café, j’adore ça. Et là, en plus ça me rapporte de l’argent.la machine à café


Le Korrigan




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