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La cage aux cons
La cage aux cons



Fiche descriptive

Policier

Matthieu Angotti (d'après le roman de Le jardin du Bossu)

Robin Recht

Robin Recht

Delcourt

Machination

07 Octobre 2020


18€95

9782413018575

Chronique

C'est l'histoire d'une petite frappe que l'amour de sa vie a foutu à la porte. S'il veut revenir à la maison, ce sera les poches pleines de pognon. Réfugié au bistrot, il repère un type ivre mort. Un vrai con qui se vante d'avoir des millions dans son salon.

Il décide de le cambrioler. Mais quand il plonge ses mains dans l'oseille, celles du con se referment sur un flingue. Le voilà séquestré chez un grand bourgeois, beau prince et beau parleur.

Fuir ou lui faire la peau ? Telle est sa question.
un chef d'oeuvre!


Le poète et le sociopathe
Lui, c'est un prolo sans le sous av plutôt basé sur des idées de gauche. Il est raide dingue de Karine. Du genre amour fou... Mais voilà Karine elle a des besoins de confort et des goûts de capitaliste... Alors le bonhomme va noyer son chagrin au bistrot du coin... La, un type ivre mort clame à qui veut bien l'entendre qu'il a des billets plein les tiroirs... Et le fric, Karine, ça elle aime bien...

Quand le con sort du bistrot, il le suit jusqu'à chez lui histoire de lui prendre ce dont il a besoin pour la faire grimper aux rideaux... Pas plus... Rapport à ses idées de gauche... Mais quand il s'apprête à remplir un plein sac de billet, voilà que le con se pointe, totalement dégrisé et pointant sur lui un calibre chargé...

Victime et bourreau échangent leur rôle… Le con séquestrant le narrateur dans sa maison et l’obligeant à s'occuper des tâches ménagères... La première d’entre elle : enterrer un macab dans la cave... Il y sera en bonne compagnie vu que d'autres s'y décomposent déjà...


[EncartD]Un polar noir jubilatoire et totalement azimuté…
Adapté du Jardin du Bossu, roman irrésistiblement grinçant de Franz Bartelt, la cage aux cons est un petit bijou de construction narrative, un huis-clos oppressant et savoureusement déjanté mené de main de maître par un Matthieu Angotti particulièrement inspiré qui signe là sa toute première adaptation...

Malgré les inévitables coupes, il parvient à retranscrire avec finesse et un savoir faire confondant les deux personnages principaux de l’histoire : le prolétaire idéaliste basé sur des idées de gauche, tout à la fois fier, poète et alcolo, qui nous fait partager ses truculentes réflexions sur ce fameux con qui lui sert d'hôte avec son parler délicieusement argotique que n’aurait pas renié Audiard... Et l'hôte lui-même, sociopathe invétéré, inquiétant et manipulateur, qui souffle avec art le chaud et le froid pour mieux asservir son invité, étouffant dans l'œuf toute velléité d'évasion tout en lui passant de la pommade quand le besoin s'en fait sentir...

Le scénariste mène son narrateur et le lecteur par le bout du nez et si ce dernier entrevoit par moment des reflets déformés de la vérité, il est encore bien loin d'imaginer ce qui ne lui sera révélé que dans les dernières pages de ce roman noir incroyablement rythmé et tout simplement jubilatoire...


Pour mettre en images ce récit ciselé et savamment orchestré, le scénariste retrouve Robin Recht avec qui il avait signé l'édifiant Désintégration, journal d'un conseiller à Matignon... près son impressionnante Fille du Géant du Gel, l'artiste change une nouvelle fois de style pour servir au mieux l’étrange noirceur du récit... Jouant avec art sur les contrastes, son trait charbonneux évoque par moment celui de François Ravard… Les crayons du dessinateur donne vie à une formidable galerie de personnages, de ce narrateur et esclave malgré lui, fils pas si improbable que cela de Coluche (époque Tchao Pantin) et de Gérard Depardieu dont les savoureuses réflexions rythment le récit ; en passant par cet hôte un totalement flippant ou ce commissaire Gallien aux allures de Lino Ventura (époque Garde à vue)… Lorgnant clairement du côté du septième art, son découpage audacieux structurant ses planches en trois vignettes occupant la largeur de la page, s’avère quant à lui redoutablement efficace, accentuant la filiation avec les films noirs…

Matthieu Angotti retrouve Robin Recht pour signer une remarquable et audacieuse adaptation du Jardin du Bossu, petit bijou grinçant et déjanté de Franz Bartelt… Car de l’audace il en fallait pour tenter de retranscrire le style inimitable et poétique du romancier…

Sous des allures de polar noir se cache une petite merveille scénaristique formidablement mis en musique par l’impressionnant Robin Recht qui change une nouvelle fois de style pour servir au mieux ce huis-clos azimuté et iconoclaste…

La Cage aux cons s’avère indéniablement être l’un des délicieuses surprises de cette rentrée littéraire et nous ne pouvons que vous conseiller de vous ruez dessus sans attendre !


Le Korrigan




Inspiration jeux de rôle

Cette fiche n' est référencée comme inspi pour aucun jeux de rôle.