


Sans le savoir, en montant à bord du Forslo, une étrange machine conçue par le scientifique britannique, Voltaire, Newton et Miss Barton se retrouvent propulsés dans un autre univers mais à des époques différentes… Chacun découvre alors une civilisation inconnue qui se pare pour lui des atours d’une civilisation utopique…
Le philosophe se retrouve ainsi au cœur d’une cité dont la culture évoque celle les incas et qui est dirigée par un roi philosophe éclairée par les idées des lumières. Emerveillé, Newton va découvrir une société peuplée et dirigée par des machines fascinantes aux capacités de calcul dépassant l’entendement. Miss Barton va découvrir une société matriarcale d’où aurait été bannies les hommes.
Mais si elles se parent des atours d’utopies, ces sociétés sont de cruelles dystopies… Et Newton, Miss Barton et Voltaire ne vont pas tarder à s’en rendre compte… Pour s’en sortir vivant, ils n’ont d’autres solutions que de chercher par tous les moyens à retourner dans leur époque…
Si ces deux grands penseurs de leurs temps auraient pu se croiser, Voltaire et Newton ne se sont jamais rencontré physiquement. Pourtant, le philosophe des lumières participa à la diffusion des travaux de Newton en les rendant accessibles au plus grand nombre ses
Éléments de la philosophie de Newton mis à la portée de tout le monde…

Mitch donne corps à cette rencontre manquée, faisant de Voltaire et de Newton des héros d’un récit d’aventure où ils vont tous deux se retrouver confronté à ce qui est pour l’un et l’autre une société idéale… A ce tandem vient de penseur qui ont marqué leur temps vient s’ajouter Catherine Barton, nièce du mathématicien, qui sans doute eut à subir la société patriarcale qui laissait alors peu de place aux femmes… Chacun va donc être confronté à ce qu’il penserait sans doute être une société idéale… Mais plus ils explorent ces microcosmes, et plus ses travers leur apparaissent, jusqu’à ce que la société idéalisée par leurs pensées, ne tournent au véritable cauchemar… Ces trois récits parallèles impulsent un rythme soutenu à l’ensemble avant que tous ne se rejoignent pour un final ébouriffant pour finir sur un apaisant retour à l’équilibre… Il y a un soupçon de
Black Mirror, série britannique crée par Charlie Brooker, le tout accommodée à la sauce des lumières et destinée à un public adolescent, ce qui ne manquera pas de susciter d’intéressants questionnements chez nos penseurs en culottes courtes…
Le dessin anthropomorphique de Sylvain Bauduret s’avère tout à la fois léger et rafraîchissant, alors que la couverture est quant à elle aussi somptueuse que l’était celle du premier opus de la série…

Mêlant influences de la BD francobelge et du mana, le style des planches pourra déstabiliser les boomers mais grâce auxquels les ados seront en terrain connu : des personnages cartoonnesques et expressifs, des décors épurés mais immersifs et un découpage particulièrement dynamique rendant la narration on ne peut plus fluide…
Etrange uchronie qui confronte Voltaire, Newton et sa nièce à des sociétés utopiques, Voltaire & Newton propose un scénario inventif et rétrofuturiste qui évoque des ambiances dystopiques à la Black Mirror, transposées dans le Siècle des Lumières et s’adressant à un public adolescent…
Newton va ainsi découvrir un univers où la science aurait pris le dessus, Voltaire une société dirigé par un roi-philosophe et Catherine Barton une société matriarcale… Chacun va voir ses rêves utopiques se fracasser sur le mur de la réalité et n’avoir dès lors qu’une envie : regagner leur monde, certes imparfait, mais dont les travers sont connus…
Le dessin anthropomorphique de Sylvain Bauduret accentue la dimension fantastique de l’étrange scénario de Sylvain Bauduret qui joue à faire dérailler trois sociétés au prime abord idéales…
- Pendant des milliers de cycles rouges, elles ont connues la vie et la paix avec les homme aussi.
- Mais si vous viviez en harmonie avec les hommes, que c’est-il passé ? C’est la matriarche qui a instauré votre gynarchie ?
- Notre quoi ?
- Un gyna… Une société dirigée par une assemblée de femme, comme chez vous…dialogue entre Amagé et Miss Barton