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Le Nom de la Rose, Livre Premier
Le Nom de la Rose



Fiche descriptive

Policier Historique

Le Nom de la Rose

Tome 1

Milo Manara (d'après le toman d'Umberto Eco)

Milo Manara

Simona Manara

Glénat

20 septembre 2023


17€50

9782344049754

Chronique
Le Nom de la Rose, Livre Premier
Un somptueux écrin

En l'an 1327, dans une abbaye bénédictine du nord de l'Italie, plusieurs moines sont retrouvés morts. Pour mettre un terme à ces inquiétantes disparitions avant l’arrivée d’une importante délégation de l’Église, le frère Guillaume de Baskerville tente de lever le voile sur ce mystère qui attise toutes les superstitions.

Assisté par son jeune secrétaire Adso de Melk, il va progressivement percer à jour les troubles secrets de la congrégation, et se heurter à la ferme interdiction d’approcher la bibliothèque de l’édifice. Pourtant, Baskerville en est persuadé, quelque chose se trame entre ses murs.

Et bientôt, à la demande du pape, l'inquisiteur Bernardo Gui se rend à son tour au monastère et s'immisce dans l’enquête. Les morts s’accumulent et la foi n’est d’aucun secours…
un chef d'oeuvre!


Un somptueux écrin
Le Nom de la Rose, planche du Livre Premier © Glénat / Manara / Eco / ManaraEn de grâce 1327. Accompagné par Adso de Melk, son jeune secrétaire, le frère franciscain Guillaume de Baskerville arrive dans une Abbaye bénédictine sise dans le nord de l’Italie. Une délégation y est attendue pour statuer sur la pauvreté du Christ, querelle ancienne qui prend aujourd’hui des tournants éminemment politiques alors que l’Empereur Louis IV s’oppose au Pape Jean XXII…

A la demande de l’Abbé, l’ancien inquisiteur va devoir enquêter sur la mort mystérieuse de Frère Adèlme d'Otrante, l’enlumineur retrouvé sans vie à l’à-pic d’une muraille où aucune fenêtre n’était ouverte, écartant d’emblée l’hypothèse du suicide… Frère Guillaume aura toute lattitude pour enquêter au sein de l’Abbaye même si l’Abbé lui refuse le droit de pénétrer dans la bibliothèque pourtant l’une des plus réputée de toute la chrétienté…

Mais Frère Adèlme n’est que le premier d’une trop longue liste et les pistes semblent toutes mener à la bibliothèque de l’Abbaye…


Le Nom de la Rose, planche du Livre Premier © Glénat / Manara / Eco / Manara
la rencontre de deux maîtres italiens
La seule idée que Milo Manara, grand maître de la bande-dessinée érotique, travaillait à l’adaptation du chef d’œuvre d’Umberto Eco, universitaire, érudit et génial et malicieux romancier, a fort logiquement suscité l’intérêt de nombreux lecteurs…

Et il suffit de poser les yeux sur la couverture pour se convaincre que la lecture de l’album s’avère indispensable… Avec un titrage rehaussé d’or revisitant avec brio celui de l’affiche du film, la couverture est de toute beauté… On y voit un vieil homme, qu’on sait être Adso de Melk, témoin et narrateur du récit, assis à son écritoire, la plume à la main évoquant les souvenirs de sa jeunesse… Il se revoit aux côtés de son maître, Guillaume de Baskerville, surplombés par la silhouette inquiétante et massive de l’abbaye alors qu’une poignée de personnages, parmi lesquels on reconnaît Salvatore, l’ancien hérétique dolcinien t le vénérable Jorge de Burgos, ancien bibliothécaire de l’abbaye, se détacher d’enluminures somptueuses ou licencieuses… Le Nom de la Rose, planche du Livre Premier © Glénat / Manara / Eco / ManaraL’extase que semble traverser Adso, devenu vieux, à l’évocation de ses souvenirs n’est sans doute pas étrangère à cette jeune paysanne qui croisera sa route à la fin de l’album, cette rose au parfum envoûtant dont il ignorait jusqu’au nom…

Alors que le lecteur pouvait, en ouvrant l’album, légitimement s’attendre à plonger dans l’Italie de la première moitié du XIVe siècle, voilà qu’il se retrouve en compagnie d’Umberto Eco lui-même… Ce dernier revient sur la genèse de ce récit, comme il le fit dans sa passionnante Apostille au Nom de la rose, délicieux fascicule de même pas cent pages dans lequel l’auteur nous livre les secrets de fabrication du roman et les multiples références qu’il y a savamment et malicieusement disséminé… Et c’est au travers de gravures que l’on va glisser au cœur du Moyen-Âge, guidé par les souvenirs d’Adso de Melk…

Bien évidemment, Milo Manara n’a pu mettre dans ces pages la richesse foisonnante et l’érudition dont Umberto Eco fait preuve dans son roman… Des coupes étaient bien évidemment nécessaires… Mais elles ont été faites avec intelligence, sans menacer en aucun façon l’équilibre de l’édifice narratif imaginé par Umberto Eco… Et le lecteur s’y trouvera en terrain connu, avec au centre du récit la lutte éminemment politique que se livre le Pape et l’Empereur du Saint-Empire Germanique, bien loin de celle de la lumière de l’humanisme face à l’obscurantisme médiéval que l’on retrouve dans la pourtant magnifique adaptation de Jean-Jacques Annaud… Le Nom de la Rose, planche du Livre Premier © Glénat / Manara / Eco / ManaraDifficile d’ailleurs de se détacher de ses somptueux visuels et de ces acteurs fascinants qui interprétèrent les différents protagonistes du récit. Dans l’album, c’est Marlon Brando qui prête ses traits à Guillaume de Baskerville qui fut si brillamment interprété par Sean Connery dans le film… Peut-être est-il un brin trop jeune et par trop séduisant pour incarner ce personnage sage et mesuré… mais c’est bien là le seul reproche que l’on peut faire au casting réalisé par Milo Manara…

Difficile de ne pas être impressionné tant par la beauté et ses compositions que par sa narration impeccable charpentée par deux styles très différents : le trait élégant et charnel qui le caractérise pour mettre en scène les scènes contemporaines au récit, et les gravures pour celles, passées, évoquées par l’un ou l’autre protagoniste… Son travail sur les enluminures qui impressionnent autant qu’elle fascine le jeune Adso s’avèrent magnifiques, de même que la façon dont il met en scène ses visions hallucinées qu’elles inspirent au jeune homme… Sa rencontre avec la jeune paysanne qui donne son nom au roman permet à l’auteur de rendre hommage à la troublante beauté de LA femme devant l’incarnation de qui Adso tombe en extase quasi mystique. Il faut aussi souligner le remarquable travail de colorisation, tout en nuance, de Simona Manara, la fille de l’artiste italien…

Le Nom de la Rose, planche du Livre Premier © Glénat / Manara / Eco / ManaraAprès l’excellente série télé de Andrea Porporati et Nigel Williams qui revenait à la source du roman, s’éloignant en cela du film de Jean-Jacques Annaud, c’est à présent en bande dessinée qu’est adapté le Nom de la Rose, chef d’œuvre d’Umberto Eco… L’adaptation étant signée par le grand Milo Manara, on pouvait légitimement s’attendre à un chef d’œuvre…

La couverture suffit à nous convaincre que cette transposition sera à la hauteur des espoirs nés à l’annonce de cette publication… Il faut dire que les planches sont de toute beauté, tant pour les parties contemporaines à l’enquête que Guillaume de Baskerville va mener au sein d’une abbaye reculée que pour celle évoquant des évènements passés représentées sous la forme de gravures où les somptueuses enluminures qui provoqueront des visions hallucinées à Adso de Melk… L’envoûtante colorisation de Simona Manara sublime littéralement le travail de son père, rendant la lecture de ce Premier Livre plus fascinante encore…

Il nous tarde de lire le second opus de ce diptyque médiéval aussi glaçant que fascinant tant ce premier tome s’avère être un formidable écrin pour ce chef d’œuvre qu’est le Nom de la Rose


- J’ai peur mon père. Je veux me confesser à vous. Miséricorde. Un diable me dévore les entrailles.
- Non, Béranger. Ne clos pas mes lèvres en ouvrant les tiennes !dialogue entre Fère Bérenger d'Arundel et Frère Guillaume de Baskerville

Le Korrigan




Inspiration jeux de rôle

Cette fiche est référencée comme inspi pour 2 jeux de rôle.

Medium Aevum propose d'incarner des personnages dans l'Angleterre du XIIe siècle. Supposé avoir été écrit par des moines de l'époque et découvert en 2009, l'ambiance s'inspire des romans d'enquêtes policières historiques, parfois teintés de fantastique, telles Le nom de la Rose, les aventures du frére Cadfael, etc. Cependant, rien ne limite les aventures à ce type d'intrigue.
Miles Christi est un jeu qui propose d'incarner des Templiers à l'époque des Croisades. Le contexte historique est la base du jeu, qui se veut très réaliste. Les personnages se différencient les uns des autres par les archétypes qu'ils ont choisi pour les trois étapes du développement de leur personnalité : page, écuyer, chevalier. Le caractère qui en résulte est une des bases du personnage, avec les voeux qu'ils sont tenus de respecter : ceux du moine, du chevalier, et du templier.