Fiche descriptive
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Chronique | ![]() ![]() |





Disparition inquiétante
![]() ![]() ![]() ![]() Juillet 2022. Comme si le COVID ne suffisait pas, voilà que la canicule s’installe… Gilles Poulain, maitre de Courteville, petit village de quelques 1400 âmes, est suspendu à son téléphone et s’enquiert de la santé des plus fragiles… Il ne parvient pas à joindre Albertine Buisson, la doyenne du bourg qui devrait aller sur ses 99 ans et qu’il n’a pas vu depuis… un certain temps…Et il n’est pas le seul… Personne parmi ses proches voisins ne semble l’avoir aperçu depuis longtemps. La coiffeuse, Roselyne, sa belle-fille, est brouillée avec elle depuis des lustres et ne lui adresse plus la parole. C’est son mari, Christian, qui apporte chaque samedi à manger à sa mère. Mais dès lors, pourquoi personne ne semble emprunter le portail ? Son zèle commence à agacer une partie du conseil municipal qui pense qu’il faudrait mieux de s’occuper de la famille de parisiens venus s’installer dans le village plutôt que de chercher une dame qui doit être depuis longtemps en maison de retraite… Mais, bien vite, l’enquête de voisinage du maire va prendre un tournant tragiquement inattendu… ![]() un fait divers triste et glaçant Si le titre évoque l’Albertine disparue de Marcel Proust, l’histoire qui nous est contée par Vincent Guerrier et François Vignolle, tous deux journalistes, se réfère en fait à un tragique fait divers survenu en 2022, à Bretoncelles, dans l’Orne… Savoir que l’étrange récit qui nous est fait s’inspire de faits réels la rend plus triste et plus bouleversante encore, interrogeant en filigrane sur la place que l’on accord aux personnes âgées dans nos sociétés contemporaines…Car c’est bien là le cœur de cette histoire qui voit un maire dévoué à ses administrer tenter de retrouver la trace de la doyenne du village… De nombreuses discussions abordent la façon dont sont considéré nos anciens, et plus particulièrement en période de crise. Lorsque le mari de Roselyne voit son état s’aggraver, on interdit son épouse de l’accompagner à cause de l’épidémie qui a mis à mal tout le secteur hospitalier qui a vu son budget fondre comme neige au soleil… Combien de nos anciens se sont éteints, seuls, dans une froide chambre d’hôpital, à cause du protocole COVID empêchant leurs proches d’être à leur côté pour les accompagner dans leurs derniers instants? Combien de séniors se retrouvent enfermés, seuls, entre les quatre murs d’une chambre d’EHPAD sans que leur famille ne daigne ou ne puisse venir les visiter ? Combien se retrouvent seuls, chez elles, sans que leur famille, accaparée par le travail, ou leurs voisins ne viennent prendre de leurs nouvelles et briser la solitude de ces personnes qui attendent la fin parfois presque comme une délivrance tant leur vie semble terne faute de rapports humains ? Et ce qui ne touchait jusque-là que les grands ensembles urbains déshumanisées où les caissières sont remplacées par des machines et où les interactions avec les voisins se réduisent comme peau de chagrin, affecte désormais la ruralité… Même la Poste a mis en place un service « Veiller sur mes parents » alors que les facteurs d’antan remplissait ce rôle, presque naturellement… Les seniors semblent presque condamnés à devenir invisibles et à disparaître peu à peu des mémoires et du monde, comme l’Albertine de l’histoire…Vincenzo Bizzarri, dessinateur des bouleversants Ennemis du Peuple ou de l’édifiant Jean Gabin - L'homme aux yeux bleus, met en image avec un trait sensible et délicat ce récit qui l’est tout autant. Ses pinceaux donnent vie à ces personnages profondément attachants et tragiquement humains avec virtuosité, nous donnant à ressentir leurs émotions et les sentiments qui les tiraillent, à commencer par ce maire dont l’intérêt pour Albertine va virer à l’obsession, tant et si bien, qu’accaparé par ses recherches, il va quelque peu négliger sa propre mère, sans même s’en rendre compte… Avec sensibilité, l’auteur Italien a su trouver le trait juste pour retranscrire ce drame contemporain. ![]() A travers ce roman graphique aux allures de polar rural, Vincent Guerrier, François Vignolle et Vincenzo Bizzarri nous parlent de la solitude des personnes âgées et de la place ténue qu’ils occupent dans nos sociétés contemporaines.La canicule qui frappe le pays accentue la tension due au COVID. Maire de Courteville, Gilles Poulain décide de téléphoner à ses administrés les plus fragiles pour prendre de leurs nouvelles. L’une d’elle, Albertine, ne donne pas signe de vie. Il va alors commencer une enquête de voisinage pour savoir ce qu’est devenue la doyenne du village… et ce qu’il va découvrir dépasse l’entendement… Tous deux journalistes, les auteurs s’inspirent d’un fait divers tragique et glaçant pour tisser ce récit sensible mis en scène avec pudeur et délicatesse par un Vincenzo Bizzarri très inspiré. Porté par des personnages particulièrement bien écrits et on ne peut plus crédibles dans leur tragique humanité, l’album met en lumière l’attention que l’on porte à nos séniors qui vivent bien souvent isolés, à la ville comme à la campagne, et qui semblent s’effacer peu à peu jusqu’à devenir invisibles… et à disparaître… Albertine a disparu est un album édifiant qui replace l’église au centre du village et interroge sur la place que devrait occuper les anciens dans nos société dites moderne…’ - Elle est où Albertine ?
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