Haut de page.

Ludwig
La guerre des Lulus



Fiche descriptive

Aventure

La guerre des Lulus

Tome 10

Régis Hautière

Hardoc

David François, Hardoc

Casterman

8 octobre 2025


14€50

9782203224285

Chroniques

Septembre 1918. Ludwig se morfond au camp de prisonniers de Döberitz. Un jour, au milieu d'un groupe de gardiens, il reconnaît Josef, que les lulus ont côtoyé deux ans plus tôt à Berlin.

Et quelques semaines plus tard, c'est un autre de ses amis qui débarque au camp : Lucas. La joie des retrouvailles est de courte durée : contraint de travailler durement dans un complexe minier, Lucas voit sa santé décliner rapidement, tandis que Josef craint d'être envoyé au front.

Malgré les rumeurs qui annoncent la fin prochaine de la guerre, les trois garçons décident donc de s'évader. Parvenus aux abords de Berlin, ils découvrent une ville au bord de la révolution !
un excellent album!


Souvenirs de guerre
La guerre des Lulu, planche du tome 10 © Casterman / Hardoc / Hautière / FrançoisSeptembre 1918. La guerre touche à sa fin mais les Lulus l’ignorent encore. Tenaillé par la fin et les privations, Ludwig se morfond au camp de prisonniers de Döberitz situé non loin de Berlin.

Un jour, il reconnaît Joseph dans un groupe de gardien mais celui-ci fait mine de ne pas le reconnaître, malgré les aventures qu’ils ont vécues ensemble, deux ans plus tôt, à Berlin. Il faut dire que sa situation n’est guère plus enviable et qu’il sait que s’ils étaient surpris à discuter ensemble, la vie de l’un et de l’autre deviendrait plus dure encore… Peu après, Lucas rejoint le camp. Mais la joie des retrouvailles est de courte durée : du fait de sa petite taille, il est forcé de travailler à la mine, une tâche aussi dangereuse qu’éreintante…

Alors que sa santé décline et que Joseph craint d’être envoyé au front, malgré la rumeur des revers de l’armée allemande, les trois amis décident de tenter de s’évader pour gagner Berlin en proie à la révolution prolétarienne…


un dernier tome riche en péripéties mais, surtout, en émotions
Ce n’est pas sans un petit pincement au cœur que l’on aborde cet ultime de la Guerre des Lulus, saga de douze tomes amorcée en 2013 et qui nous racontait la guerre de 14-18 à hauteur d’enfants…

La guerre des Lulu, planche du tome 10 © Casterman / Hardoc / Hautière / FrançoisIl faut dire que chacun des membres des Lulus, ainsi prénommés car leurs prénoms commençaient tous par la même syllabe, s’avèrent tous très attachants en plus d’être remarquablement bien écrits par le talentueux Régis Hautière. Au fil des albums, on a vu ce groupe d’orphelin emporté par le vent de l’histoire et précipité dans le monde des adultes avant l’heure. On les a vu grandir, mûrir, changer, bref vivre chaque instant de ce conflit, à leur échelle d’adolescents… C’est donc avec une pointe de tristesse et de mélancolie que l’on suit leurs ultime aventure leurs retrouvailles des Lulus, après qu’eurent sonné les cloches de l’armistice. S’appuyant sur une solide documentation, le scénariste nous décrit l’âpreté du quotidien des prisonniers de Döberitz et le chaos qui régnait dans les rues de Berlin agité par la révolution qui faisait souffler un vent d’espoir, bien vite étouffé par les violentes répressions des Freikorps, unité composé d’anciens militaires d’extrême-droite qui n’hésitèrent pas à tirer sur la foule, arrêter, torturer et exécuter des manifestants de peur de voir le bolchévisme se répandre comme il le fit en Russie… Ces même Freikorps qui seront dissous en 1921 et qui rejoindront en partie la Sturmabteilung, (plus connus sous le nom de S.A.) du Parti National Socialiste des Travailleur Allemand (N.S.D.A.P.) d’Hitler… Le background historique est ainsi remarquablement retranscrit pour servir de cadre à l’ultime aventure des Lulus…

Le récit nous est conté par un Ludwig devenu vieux et qui attend son heure pour retrouver tous ces amis disparus. Une porte reste entrouverte qui pourrait voir les auteurs nous conter les aventures de ces orphelins, vingt années plus tard, entraînés dans la tourmente des années noires, alors que Ludwig nous confie que tous n’ont pas fait les mêmes choix ni emprunté le même chemin…

Le trait semi-réaliste de Hardoc est comme de coutume formidablement expressif. Ses crayons donnent vie aux différents personnages du récit, retranscrivant avec force leurs états d’âme et les sentiments qu’ils éprouvent au fil de leurs aventures. Le personnage de Ludwig, qui, arrivé au soir de sa vie, se remémore la guerre des Lulus s’avère particulièrement poignant… Difficile de ne pas sentir les larmes poindre lorsqu’il décroche de son mur le cadre de la photo où figure les Lulus qui nous ont accompagné douze années durant, envahi d’un délicieux sentiment de nostalgie d’avoir vécu à leurs côté une sacrée aventure… Le sens du cadrage de l’artiste ainsi que son découpage savamment étudié renforcent l’intensité de chaque séquence alors que le soin apporté aux décors nous immerge dans cette époque troublée, des baraquements miséreux du camp de Döberitz aux ruelles bouillonnantes de Berlin… La colorisation de David François et Hardoc est elle aussi de haute tenue…

La guerre des Lulu, planche du tome 10 © Casterman / Hardoc / Hautière / FrançoisAvec ce dixième tome, auquel il faut ajouter le diptyque de la Perspective Luigi, s’achève l’aventure des Lulus n marge de la Première Guerre Mondiale…

Alors que la guerre touche à sa fin, Ludwig se morfond au sein du camp de prisonniers de Döberitz… Il reconnaît parmi les gardiens Joseph qui faisait partie de la bande de jeunes qu’ils avaient côtoyé à Berlin. Après avoir fait mine de ne pas le reconnaître, les deux amis se retrouvent, à l’abri des regards… Peu après, c’est Lucas qui rejoint le camp, mais la joie des retrouvailles s’estompe rapidement tandis que sa santé décline alors qu’il est contraint de travailler dans la mine… Alors que Joseph craint d’être envoyé au front, les trois amis décident de s’évader pour gagner Berlin en proie à la révolution…

C’est avec émotion que l’on retrouve, pour la dernière fois peut-être, cette bande d’orphelins jetés dans la tourmente de la Grande Guerre et contraint de grandir trop vite… Au fil des aventures, on les a vu grandir et mûrir, laissant derrière eux l’insouciance de leur enfance. S’inscrivant dans un contexte historique joliment reconstitué qui nous donne à voir différents aspects du conflit, cette ultime aventure s’avère tout à la fois rythmée, entraînante s’avère bouleversante… du périple allemand de Ludwig et Lucas en passant par l’armistice, leurs retrouvailles touchantes et les confessions d’un Lulu arrivé au crépuscule de sa vie qui se souvient et attend le moment où il pourra retrouver ses amis disparus dont il a été séparé par les aléas de la vie… Le dessin formidablement expressif de Hardoc met en scène avec finesse ces personnages qui nous ont accompagné des années durant et ce n’est pas sans un pincement au cœur qu’on les abandonne en sachant qu’une autre guerre aura lieu d’ici quelques années… Ils seront alors des hommes et des femmes dans la force de l’âge… Quels choix feront-ils lorsque le bruit des bottes résonnera à nouveau ? Ne serait-ce pas là matière à une nouvelle série ? On ne peut que le souhaiter…


Joseph avait les cheveux moins longs et le visage plus maigre que dans mes souvenirs. Mais c’était bien lui, j’en étais certain. Pourquoi ne m’avait-il pas reconnu ? Evidemment, depuis notre dernière rencontre, deux ans s’étaient écoulés et j’avais dû changer moi aussi. Mais nous avions vécu des choses tellement fortes à Berlin, avec lui et ses amis, que je ne peux m’empêcher d’être déçu et un peu triste à l’idée qu’il ait pu aussi facilement nous oublier.Ludwig

Le Korrigan




Inspiration jeux de rôle

Cette fiche n' est référencée comme inspi pour aucun jeux de rôle.