     Poursuivant Boréale pour lui demander de s’expliquer avec Jolan sur son départ précipité, Thorgal gagne les terres où Aniel est jarl. Mais, pour pouvoir se consacrer entièrement à ses recherches sur la mystérieuse pierre de Skædhi avec les brillants savants dont il s’est entouré, Aniel a délégué la gestion de son fief à Rolf, un homme aussi rusé qu’ambitieux.
Lorsque Thorgal la retrouve, Boréale est aux prises avec une bande de soudards. Faisant front ensemble, ils parviennent à en occire plusieurs avant que l’escarmouche ne soit interrompue par l’arrivé de soldats d’Aniel qui les font jeter au cachot à son fief… Lorsqu’il apprend que Thorgal est dans ses murs, Rolf décide de s’en débarrasser afin de garder Aniel sous sa coupe… Mais Aniel est déjà sous l’emprise de Dame Pallas, alchimiste et maître des potions qui espère pouvoir utiliser les laboratoires du jarl pour ses propres recherches…
Echappant in extrémis à la mort, Thorgal parvient à sortir de la forteresse alors que Boréale refuse de le suivre… Alors que les hommes de Rolf cherchent à retrouver Thorgal, ce dernier décide de tenter de s’introduire dans le castel pour voir son fils et tenter de raisonner Boréale.
 Faisant directement suite Özurr le varègue qui voyait Boréale abandonner Jolan à son désarroi, ce nouvel opus voit Thorgal retrouver ce fils qu’il a eu avec Kris de Valnor lorsque, amnésique, il écumait les mers sous le nom de Shaïgan-sans-merci…
Finement orchestrée par Yann, Les retrouvailles entre père et fils seront pour le moins mouvementées alors qu’accaparé par ses recherches sur la mystérieuse pierre de Skædhi, Aniel ne perçoit pas les complots qui s’ourdissent autour de lui, entre Rolf à qui il a abandonné la gestion de son fief et qui rêve de prendre sa place et la sulfureuse et manipulatrice Dame Pallas qui lui fait goûter aux paradis artificiels… Ces deux complots s’ajoute à l’arc narratif amorcé dans le précédent tome et qui voyait Boréale abandonner sans raison Jolan…  Alors que Thorgal tente de la persuader d’avoir une discussion franche avec son fils, l’Atlante affirme n’avoir aucun compte à rendre à Jolan et encore moins à Thorgal… Les raisons de son subi revirement et le but étrange qu’elle semble poursuivre font planer un savoureux mystère sur cette aventure haute en couleur alors que les secrets de la mystérieuse pierre sont en passe d’être dévoilée… Apportant quelques réponses aux questions que se posait le lecteur et refermant l’arc principal du départ de Boréale, le cliffhanger clôturant l’album annonce une suite des plus captivantes, abandonnant le lecteur à sa délicieuse frustration.
Le travail graphique de Fred Vignaux s’avère comme de coutume impressionnant. Conjugué aux couleurs subtiles de Gaétan Georges, son trait se rapproche de celui du grand Grzegorz Rosinski tout en y apportant sa patte. Ses planches s’avèrent savamment composées pour servir au mieux l’action. Le soin apporté aux décors restitue l’atmosphère si particulière de chaque séquence et le dessinateur toulousain est aussi à l’aise pour chorégraphier des combats épiques que pour mettre en scène le déchaînement des artefacts atlantes…
 Né au crépuscule des années 70 dans les pages du Journal de Tintin sous la plume de Jean Van Hamme et des crayons virtuoses de Grzegorz Rosiński, , Thorgal fait partie de ces séries qui ont accompagné les lecteurs durant des lustres… Près d’un demi-siècle plus tard et après avoir refermé les arcs narratifs des différents spin-off, c’est Yann avait repris le flambeau du scénario alors que l’impressionnant Fred Vignaux en assure le dessin…
Après son départ précipité qui a laissé Jolan à son désarroi, Thorgal s’est lancé sur les traces de Boréale pour lui demander de s’expliquer avec son fils sur les raisons de son départ. Lorsqu’il la retrouve sur les terres d’Aniel, fils de Thorgal elle est aux prises avec une bande de soudards. Le combat est interrompu par l’arrivé d’hommes en armes servant la Jarl qui, ne prêtant pas foi aux dires de Thorgal, le font jeter en prison avec Boréale… Lorsqu’il apprend que le père de son Jarl est en prison, Rolf à qui Aniel a délégué la gestion de son fief, décide de le faire éliminer pour garder son emprise sur le jeune jarl… Mais d’autres ont des vues sur le jeune homme qui consacre ses journées à ses recherches sur la mystérieuse pierre de Skædhi…
Yann poursuit les différents arcs narratifs amorcés depuis qu’il a repris la direction de la saga. Plusieurs vont se refermer avec ce quarante-troisième tome et la chute de l’album annonce un nouveau cycle qui semble des plus prometteurs. Si l’album ne parvient pas à renouer avec les grandes heures de cette saga (avec son acmé atteinte avec Les Archers et le Pays de Qâ) mêlant avec audace mythe nordiques et science-fiction, il n’en reste pas moins entraînant, porté par un rythme soutenu, des mystères intrigants et des personnages hauts en couleurs… Le dessin de Fred Vignaux est quant à lui impressionnant de maîtrise, se rapprochant de celui de Rosiński grâce aux couleurs délicates de Gaétan Georges qui jouent avec art des ombres et des lumières pour créer des ambiances délicieusement inquiétantes. Les mots des auteurs confirment que Yann va passer la main pour les prochaines aventures de Thorgal mais le nom de son successeur n’a pas pour l’heure était dévoilé… Wait & See comme dirait l’autre…
- Boréale ! Pourquoi vous être enfuie ainsi, sans explicationss laissant Jolan bouleversé ? N’êtes-vous plus éprise de lui ? Répondez-moi !
- Je n’ai aucun compte à vous rendre. Vous êtes le père de Jolan, de Louve et d’Aniel… pas le mien !dialogue entre Thorgal et Boréale
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