Fiche descriptive
21€95
Chronique | ![]() ![]() |





Exercice de style
![]() ![]() ![]() ![]() New York, 1959. Aujourd’hui aurait pu être une journée ordinaire pour la jeune Tabatha, entre ses recherches d’emploi et ses deux colocataires et néanmoins amies… Mais voilà, Tabatha n’est plus Tabatha…L’esprit qui se réveille dans son corps est celui d’une jeune femme de 2025 qui ne comprend bien évidemment pas ce qu’elle fait là. Par un étrange concours de circonstances, elle allait être choisie pour devenir la mascotte de Greenwich village sous les traits d’une sorcière rousse… Au cours d’une réception, Tabatha est recrutée par la CIA pour séduire un espion russe… Hanté par un esprit qu’elle est la seule à voir, elle allait s’acquitter de cette tâche à sa manière alors qu’une bande de néo-nazis nostalgiques du IIIe Reich menacent de faire exploser une bombe égarée par l’armée américaine au cœur de la ville… ![]() un thriller d’espionnage aux accents de comédie fantastique et aux charmes délicieusement désuet La couverture de l’album est indéniablement de celle qui accroche le regard sur les étals encombrés des librairies… Porté par le trait plein d’élégance de Franck Biancarelli et des couleurs délicates, la somptueuse illustration montre une ruelle animée avec au premier plan une sorcière rousse vêtue de vert, alors que des feuilles mortes tombent gracieusement… On ne le sait pas encore mais les personnages figurant au second plan, sur le passage piéton, auront tous un rôle à jouer dans cette comédie d’espionnage…Comme le précise les auteurs dans leur postface, Green Witch Village est avant tout un exercice de style : les auteurs se sont amusés à se poser des contraintes graphiques et narratives qui confèrent tout son charme à cette histoire iconoclaste… L’album rend hommage aux Sunday page qui étaient publiés dans les années 50 dans les journaux américains qui pouvaient être publiées en trois ou quatre strips selon la place disponible… Ainsi chaque planche commence par une grande case et s’achève par une chute qui confère à la page une unité narrative propre lui permettant d’être autonome tout en conférant à l’histoire la dimension feuilletonnesque qu’elle aurait eu si elle avait été prépubliée dans un journal comme cela se faisait à l’époque… Entre une planche et la suivante, il y a à chaque fois une ellipse narrative qui confère un délicieux charme vintage à l’album… Comme si cela ne suffisait pas, le découpage de chaque planche doit lui permettre d’être montée en 3 ou quatre strips… Grand amateur de comics, comme on avait pu le voir dans l’excellent Livre des Destins (sur un scénario de Serge Le Tendre), Franck Biancarelli rend hommage à ses auteurs fétiches en mettant en image ce thriller fantastique en forme de comédie d’espionnage… Car le fantastique est présent sans jamais être au premier plan et s’incarne dans cet étrange esprit qui semble vouloir venir en aide à la jeune femme possédant désormais le corps de Tabatha ou avec cette voyante qui perçoit des choses que d’autres ne voient pas… sans oublier l’élément de base qui voit une jeune femme de 2025 se réveiller dans le New-York des années 50, se heurtant au sexisme ambiant… Lewis Trondheim joue avec les codes du genre pour tisser un récit entraînant à la saveur délicieusement désuète… L’ambiance des films d’espionnage est joliment rendue avec ces agents secrets américains et russes qui vont jouer au chat et à la souris avec Tabatha comme appât tandis que des néo-nazis particulièrement dangereux vont entrer dans la danse… Et si vous trouvez l’histoire de la bombe atomique égarée par l’armée américaine par trop capillotractée, sachez qu’elle est… parfaitement véridique ! Elle est connue sous le nom de « bombe Tybee » et n’a à ce jour toujours pas été retrouvée ! Difficile de ne pas tomber sous le charme de cet album qui s’achève comme il a commencé mais qui se prolonge par un épilogue savoureux qui abandonne les contraintes des Sunday page pour renouer avec un découpage plus moderne tout en laissant au lecteur le soin d’imaginer ces retrouvailles…Plein d’élégance, le dessin de Franck Biancarelli fait une nouvelle fois merveille. Sa façon de donner vie au New-York des années 50 avec économie de trait est confondante et l’on voit les décors s’estomper pour laisser le premier plan au acteurs et actrices de l’histoire, donnant à l’ensemble une dimension presque théâtrale. Sous ses crayons, le personnage de Tabatha s’avère délicieusement attachant, surtout dans sa façon de réagir comme une femme de notre époque à des situations qui heurterait de nos jours mais qui, dans les années 50, faisaient partie du machisme et du sexisme ordinaire. Le carnet graphique qui complète l’album nous permet d’apprécier le talent de ce dessinateur au style inimitable. ![]() Trois ans après leur entraînant Karmela Krimm, Lewis Trondheim et Franck Biancarelli se retrouvent pour signer un thriller d’espionnage fantastico-humoristique irrésistible…New York, 1959. Une jeune femme des années 2025 se réveille dans le corps d’une femme qui vit en collocation avec deux amies. En plein Guerre Froide, elle va bien malgré elle être mêlée à une affaire d’espionnage où agents russes et américains jouent au chat et à la souris alors qu’une bande de néo-nazis cherchent à faire exploser une bombe atomique égarée par l’armée américaine en plein cœur de Big Apple… Pour écrire ce singulier récit, les auteurs se sont donné des contraintes narratives et graphiques pour rendre hommage aux fameux Sunday page qui publiaient chaque semaine des récits feuilletonnesques. Chaque planche commence ainsi par une grande case pour se conclure afin de constituer un des rouages narratifs de l’intrigue. Jouant sur l’ellipse narrative séparant chaque planche, le rythme du récit s’avère de ce fait très particulier et confère à l’ensemble une délicieuse singularité. Le trait d’élégance de Franck Biancarelli met en scène des personnages savoureux, à commencer par cette femme venue de 2025 et se heurtant au machisme et au sexisme ordinaire de l’époque… Jouant avec les codes du genre et rendant hommage aux comics de l’époque, les deux auteurs signent un album envoûtant au charme délicieusement désuet… Green Witch Village est indéniablement l’un de nos grands coups de cœur de cette fin d’année… - Pourquoi dites-vous ça ?
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Galerie
Green Witch Village, planche de l'album © Le Lombard / Biancarelli / Trondheim / Maffre
Green Witch Village, planche de l'album © Le Lombard / Biancarelli / Trondheim / Maffre
Green Witch Village, planche de l'album © Le Lombard / Biancarelli / Trondheim / Maffre