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Shemot
Noir Horizon



Fiche descriptive

Science-Fiction

Noir Horizon

Tome 3

Philippe Pelaez

Benjamin Blasco-Martinez

Benjamin Blasco-Martinez

Glénat

14 janvier 2026


15€50

9782344056721

Chroniques

Les quatre renégats Esther, Judith, Tobie et Ben ont réussi à libérer les opprimés de Kádingirra. L'omnipotent Gouverneur Achab a perdu l’appui du peuple et des castes supérieures. Alors que la cité est en proie aux flammes, l’équipe décolle à bord de l'immense vaisseau Shemot, laissant derrière elle cendres et chaos. À bord, les hommes et les femmes qui ont fui la cité espèrent une vie meilleure mais ils ignorent ce qui se trame sur Kepler. Il est temps pour Esther, commandante du navire, de leur dire la vérité : Kepler ne recèle pas uniquement la promesse d’un futur, derrière l'horizon noir, un brouillard transforme les individus en monstres !

Si les nouveaux colons veulent bâtir une nouvelle civilisation, il leur faudra s’entraider et ne jamais s’exposer à la brume. Mais alors que l’angoisse s’empare de certains, personne ne se doute encore que le Gouverneur est à leur trousse, entouré d’une poignée de fidèles irréductibles. Pourrait-il anéantir tout espoir de survie ? Est-ce possible de cohabiter avec cette brume maléfique ?

Esther devra faire les bons choix et résister à la peur comme aux croyances aveugles, si elle veut guider son peuple à travers les ténèbres.
un excellent album!


La liberté de choisir (ses chaînes)
Noir Horizon, planche du tome 3 © Glénat / Blasco-Martinez / PelaezDéfiant l’autorité du Gouverneur Achab, Esther, Judith, Tobie et Ben ont réussi à briser les chaînes des opprimés de Kádingirra. Embarqués à bord du Shemot, ils font route vers Kepler pour y jeter les bases d’un nouveau monde, libéré de la tyrannie…

Alors que sa cité n’est plus que cendres fumantes, ravagée par les pillages et les incendies, Achab se débarrasse de ceux qui il y a peu encore gouvernait à ses côtés et se prépare à quitter Kádingirra à bord de l’Ozymandias, son puissant vaisseau amiral… Mais le temps lui manque pour charger à son bord les hommes et les vivres dont il a besoin pour rejoindre, lui aussi, Kepler et il doit décoller prématurément, abandonnant une ville livrée à elle-même et sombrant vers l’abîme…

Ignorant encore qu’ils sont poursuivis par le dictateur avide de vengeance, les renégats informent les colons de ce qui les attends sur Kepler et leur annonce qu’ils souhaitent s’installer dans les vestiges d’une ancienne cité dont les murailles, si elles sont réactivées, pourrait les protéger de la brume sombre et inquiétante à même de les transformer, littéralement, en monstres… Mais tous ignorent encore qu’Achab a mis leur poste de commandement sur écoute et espionne leurs moindres faits et gestes… Si certains colons doutent, beaucoup voient en Esther une sainte à même de guider leur destinée…


Noir Horizon, planche du tome 3 © Glénat / Blasco-Martinez / Pelaez
la fin d’une trilogie de SF sombre et somptueusement dérangeante…
Avec ce troisième opus s’achève la trilogie SF de Philippe Pelaez, chargée de symbolique biblique puisée dans l’ancien testament, tel le nom de l’album qui est celui du vaisseau à bord duquel les futurs colons de Kepler, menés par Esther, fille du tyran de Kádingirra et qui désigne l’Exode du peuple juif… Le nom du navire amiral d’Achab évoque quant à lui Ramsès II, le pharaon qui pourchassera le peuple élu désormais libre, de sa vindicte… Les renégats portent eux aussi le nom évocateur : celui des sages bibliques qui prophétisèrent l’Apocalypse à venir et ses Quatre Cavaliers annonciateurs de la fin des temps. Ces références à la Bible créent un sous-texte et tissent de nombreuses analogies qui viennent enrichir le propos et confèrer une portée éminemment symbolique à la trilogie Noir Horizon.

Le récit est ainsi une relecture de l’Exode biblique qui vit Moïse conduire le peuple élu en Terre Promise… Mais à travers cette histoire parlant de servitude et de liberté, le scénariste interroge sur la servitude volontaire, sur les penchants de l’homme à s’abandonner entre les bras d’un homme providentiel, d’un leader charismatique sachant parler à une foule et s’en faire aimer, un guide capable de tracer un horizon et de convaincre son peuple qu’avec lui, ils parviendront à l’atteindre… Peut-être au départ Achab et ses conseillers œuvraient-ils pour le bien commun… Mais en restant au commandes après avoir répondu aux attentes du peuple, ils ont perverti leurs rêves, corrompus qu’il furent par l’exercice du pouvoir… Esther parviendra-t-elle à renoncer au pouvoir une fois les bases d’une nouvelles société jetées ou commettra-t-elle la même erreur que son tyran de père ?

Noir Horizon, planche du tome 3 © Glénat / Blasco-Martinez / Pelaez
« Je ne voudrais sinon entendre comme il peut se faire que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de nations, tant de villes, endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent. » (Étienne de La Boétie)
A l’heure où le monde semble peu à peu glisser vers l’abîme, ou des peuples se dressent contre la tyrannie, où des démocraties qu’on pensait solides semblent se muer peu à peu en dictature, Noir Horizon, sans doute inspiré en partie du discours sur la servitude volontaire d’Étienne de La Boétie, interroge le lecteur sur l’espoir, la liberté et la tyrannie qui s’installe dès lors que le but d’un gouvernement n’est plus de défendre le bien commun mais les intérêts d’une élite corrompue et avide de pouvoir… et que le peuple est prêt à l’accepter, servilement… La lecture de l’album est certes exigeante… mais indéniablement passionnante…

Benjamin Blasco-Martinez nous livre une fois encore une interprétation remarquable de la partition de Philippe Pelaez… A l’instar des deux premiers opus, la couverture s’avère sublime et fascinante, avec un titrage somptueux qui se fond joliment dans l’inquiétante illustration… Les planches composées par l’artiste sont de toute beauté et nous immergent avec force dans l’univers sombre et tragique de Noir Horizon. Ses crayons virtuoses esquissent les saisissants contours d’une Kádingirra sombrant dans le chaos, donne corps à des vaisseaux démesurés ou dépeint les horreurs qui émergent des brumes mortelles de la planète après qu’elles aient dévoré les inconscients qui s’y sont aventurés. Porté par une mise en scène résolument cinématographique, son trait puissant, ses couleurs envoûtantes et son fascinant traitement de la lumière s’on l’une des grandes forces de ce récit de SF implacable, du début à sa tragique conclusion, avec cette dernière case qui évoque par son impact la dernière séquence de l’Orange Mécanique de Stanley Kubrick…

Noir Horizon, planche du tome 3 © Glénat / Blasco-Martinez / PelaezRéinterprétation à la sauce science-fiction de l’Exode biblique et s’inscrivant dans le sillon tracé par le discours sur la servitude volontaire d’Étienne de La Boétie, Noir Horizon s’avère aussi somptueux et fascinant que glaçant et dérangeant…

Conduits par Esther, Achab, Judith, Tobie et Ben ont brisé les chaînes des opprimés de Kádingirra et tous embarquent à bord du Shemot pour faire route vers Kepler dans l’espoir d’y jeter les bases d’une société nouvelle… Mais, abandonnant la cité où il régnait en maître, Achab se lance à leur poursuite à bord de son vaisseau amiral, l’Ozymandias, après avoir éliminé ses principaux conseillers et abandonné une grande partie de ses troupes à leur funeste sort… Durant le voyage, ignorant qu’ils sont traqués par le tyran, les renégats expliquent aux colons ce qui les attends sur Kepler…

Philippe Pelaz parachève avec le talent qui est le sien ce récit aux consonnances bibliques qui interroge le lecteur sur la servitude volontaire et sur le pouvoir qui corrompt les plus nobles idéaux. Son récit exigeant et glaçant est somptueusement mis en image par un Benjamin Blasco-Martinez très inspiré qui signe sans doute l’une de ses plus remarquable bd… Solidement charpenté, la trilogie Noir Horizon est un récit puissant mais exigeant qui trouve dans l’actualité récente de sombres et tragiques échos…


- Ne vous voilez pas la face ! Vous avez opprimé ce peupl autant que moi, vous avez profité de mes largesses, et vous avez, comme moi, été étourdis et aveuglés par le pouvoir ! Le pouvoir… Celui qui amène à préférer le mensonge à la vérité, la servitude à la liberté, l’ignorance à la connaissance ! Je… J’avais un rêve pour Kádingirra…
- Nous avions le même rêve, Achab, tous les quatre ! Le pouvoir nous a enivrés, nous avons confisqué les ressources de la cité pour notre propre gloire !
- Que nous est-il arrivé Elijah ?
- Je ne sais pas , Achab… Je n’avais pas vu cela dans mes rêves…
- Moi, si…dialogue entre Achab et Elijah

Le Korrigan




Inspiration jeux de rôle

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