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Tunnels
Tunnels



Fiche descriptive

Anticipation

Michaël Sanlaville

Michaël Sanlaville

Michaël Sanlaville

Glénat

7 janvier 2026


24€

9782344066539

Chronique

Une virée en Enfer… Les vacances ! Enfin ! Baignades, promenades et rigolades, nous voilà ! Mais avant ça, il reste à surmonter la route et ses kilomètres de bitume. À bord du break Volvo, la famille tue le temps et les parents occupent leurs trois filles comme ils le peuvent.

On plaisante, on joue, les paysages défilent et se transforment. Mila et Samantha, les deux plus jeunes, s’endorment rapidement. Jolène, l’aînée, pourrait prendre le volant afin de pratiquer sa conduite accompagnée, mais elle préfère une option plus...
un chef d'oeuvre!


Les mistrals gagnants
Tunnels, planche de l'album © Glénat / SanlavilleC’est les vacances, enfin ! Promenades, baignades, farniente et rigolades sont au programme… La Volvo familiale avale les kilomètres les séparant de l’Eden… Le père et la mère se relaient ai volant et les trois filles s’occupent comme elles peuvent alors que le paysage défile… Les plus jeunes, Mila et Samantha, s’endorment rapidement alors que Jolène, rivée à sa console, refuse de prendre le volant pour valider ses kilomètres de conduite accompagnée.

Une Ferrari rose bonbon les dépasse en trombe avant qu’ils ne s’engouffrent dans une succession de tunnels… Lors d’un arrêt pipi improvisé, c’est une autre grosse cylindré qui les frôle avant de s’arrêter un peu plus loin… Lorsque la Volvo les dépasse, Samantha lui balance une barre chocolatée… Le pilote en combinaison s’extrait du véhicule, ramasse la friandise, la dévore… avant de s’énerver en prononçant des paroles incompréhensibles… Il est bientôt fauché par un autre bolide…


un album, deux récits
Avec Tunnels, Michaël Sanlaville nous propose un récit tout à la fois déroutant et fascinant. Déroutant parce que les événements qui nous sont relatés s’avèrent étranges, entraînant le lecteur à la lisière du fantastique… Fascinant parce que l’histoire a une portée métaphorique soulignée par une postface qui donne au lecteur la furieuse envie de se replonger dans l’album à la lumière de ce nouvel éclairage…

Tunnels, planche de l'album © Glénat / SanlavilleLa première lecture s’inscrit dans la veine de Duel, thriller suffoquant signé par Steven Spielberg et inspiré d’une nouvelle de Richard Matheson… Sur la route des vacances, une famille ordinaire va voir son trajet se transformer en véritable enfer… Sans le savoir, la succession de Tunnel allait les mener vers une réalité alternative, leur faisant peu à peu perdre pied… Bientôt une certitude s’impose à eux : c’est leur survie qui est jeu… mais ni le père ni la mère ne semble savoir que faire… Fort heureusement, Jolène va prendre les choses en main et tenter de sortir sa famille de ce circuit de la mort sur lequel il se sont engagé… Difficile de parler d’avantage du scénario sans gâcher le plaisir de la découverte…

Mais le véritable sujet est ailleurs… Ce récit angoissant est en fait une métaphore de la vie familiale, avec les parents qui s’efforce de mener leurs enfants sur le chemin de la vie et qui se retrouvent désemparé lorsqu’un de leurs oisillons quitte le nid alors même que leur parentalité les incitait à aider leur progéniture à prendre leur envol… Mais lorsqu’ils déploient leurs ailes, les parents se sentent démunis, désemparés de voir que leur enfant est devenu un adulte responsable à même de faire des choix qui leur échappent, de prendre de prendre un embranchement, pied au plancher, vers une destination improbable, de rencontrer des inconnus avec qui ils vont faire un bout de route, et de vivre, passionnément, loin de leurs géniteurs… de leur échapper, d’une certaine façon, et de les laisser sur le bas-côté de leur vie… C’est toujours leur enfant, mais il ne le reconnaisse plus tout à fait… et, surtout, ils se sentent moins indispensables qu’il croyait l’être auparavant, les laissant seuls et parfois démunis… Difficile de ne pas être impressionné de voir comment un thriller survolté et oppressant peut faire naître des émotions dingue une fois que la portée symbolique de l’histoire explose au grand jour…
Comme de coutume, le dessin épuré de Michaël Sanlaville s’avère tout à la fois élégant et formidablement dynamique, sans doute hérité de son travail dans l’animation. Son découpage s’avère de haute tenue, faisant poindre une émotion, un sentiment d’oppression ou d’horreur avec une facilité désarmante. Son trait virtuose donne l’étrange impression de lire un huis clos oppressant alors que le récit se déroule en extérieur.

Tunnels, planche de l'album © Glénat / SanlavilleTunnels, dernier album en date de Michaël Sanlaville est un album totalement déroutant et profondément bouleversant…

A bord de la Volvo familiale, une famille, un père, une mère et leurs trois filles, font route vers leur lieu de vacances dans la joie et la bonne humeur… Après avoir franchi une succession de tunnels, ils sont doublés par un bolide rose bonbon roulant à vive allure… Un autre les frôle un peu plus loin lors d’une pose pipi impromptue, manquant de les faucher… Peu à peu une étrange réalité s’impose : ils ne sont plus sur une route ordinaire mais sur un circuit de course extrême qui met la vie de tout un chacun en danger…

Le dessin virtuose de l’auteur impressionne une nouvelle fois, par ses compositions impeccables, par l’élégance de son encrage et surtout par l’apparente et désarmante facilité avec laquelle il parvient à retranscrire l’angoisse et les émotions des différents protagonistes… Mais il y a l’histoire qui nous est contée, un thriller oppressant limite horrifique dans la lignée du Duel de Spielberg, et sa portée symbolique qui apparait une fois l’histoire refermée… et qui nous donne furieusement envie de s’y replonger pour en lire le second sens, caché et profondément bouleversant… Tunnels est un album délicieusement déstabilisant, une métaphore filée de la vie des parents qui doivent tôt ou tard donner le volant à leur enfant, et le laisser partir à un croisement, vers un ailleurs dont ils se sentiront un peu exclus… quels qu’en soient les risquent…


- On est au milieu d’une course automobile.
- Ne dis pas de sottises, enfin ! C’est juste les trois cousins débiles du villag qui joue à la voiture dans la vallée.dialogue entre Jolène et sa mère

Le Korrigan




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