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L’Infâme Gentilhomme
Alastor de Sombregarde



Fiche descriptive

Album pour Enfant

Alastor de Sombregarde

Tome 1

Dobbs

Aurélien Morinière

Aurélien Morinière

Oxymore Éditions

21 janvier 2026


18€95

9782385611385

Chronique

Alastor n’est pas un héros. Chevalier de la Mort cynique et amoureux désabusé, il traverse un monde où le Bien et le Mal se confondent en absurdités sanglantes. Tout cela pour rejoindre sa bien-aimée : une sorcière insaisissable, aussi fatale que fascinante. À ses côtés chemine un maître-gobelin philosophe et roublard, expert en poisons et en sarcasmes, membre comme lui de la tristement célèbre Sombre Garde. Son seul horizon : la Forteresse Noire.

Son unique alliée : la malchance. Dans ce voyage ponctué de fanatisme, de trahisons et d’épreuves tragi-comiques, Alastor devra embrasser une destinée qu’il aurait préféré fuir.
un excellent album!


les errances d’un chevalier maudit
Alastor de Sombregarde, planche du tome 1 © Oxymor / Morinière / DobbsA perte de vue, la pleine n’est plus qu’un champ de bataille couvert de cadavres. Des chevaliers l’arpentent pour achever les ennemis blessés… un gobelin s’extirpe péniblement d’un amas de corps sanguinolents : Guulghar, Maître es poisons, maléfices et sarcasmes. Il porte un bâton où est fixé le crâne de son défunt frère avec qui il se chamaille encore… Il aperçoit un Chevalier de la Mort dont les membres sont entravés par de lourdes chaînes alors que deux serviteurs de la Lumière ont entrepris un rituel pour bannir son âme…

Aidé des maléfices de son frère, le Maitre-gobelin se débarrasse du premier et le Chevalier de la Mort, désormais libre, achève le second, se nourrissant de son essence vitale pour reprendre une forme presque humaine…

Ce Chevalier cynique et désabusé est le Seigneur Alastor de SombreGarde… Il va reprendre sa route vers la Forteresse Noire pour y retrouver sa compagne. Guulghar l’accompagnera sur des routes semées d’embûches, de rencontres impromptues et de combats mortels…


Alastor de Sombregarde, planche du tome 1 © Oxymor / Morinière / Dobbs
un récit de médieval -fantasy sombrement irrésistible…
Lorsqu’on parcourt les étals bien garnis de ce mois de janvier, la couverture de l’album est de celle qui accroche le regard. Le titrage argenté et l’enluminure délicieusement macabre sont certes de toute beauté et la couverture mat du plus bel effet. Mais l’illustration frôle le sublime, avec ce chevalier ténébreux juché sur son destrier au regard mort, entourés par une forêt ténébreuse faiblement éclairée par un soleil agonisant… Dès lors, la lecture s’impose, d’autant que les noms de Dobbs et d’Aurélien Morinière figurent en couverture.

Le scénario de Dobbs emprunte aux contes et légendes médiévales, des lavandières aux vouivres en passant par les ponts gardés par de (plus ou moins) preux chevaliers… Le ton de l’album oscille avec malice entre sombrement tragique et délicieusement décalé, conférant une coloration toute particulière à l’histoire… On y croise des prêtres ivres morts, deux amants se livrant à des jeux de rôles sexuels, des bardes sans vergogne, des boucs dangereux, des gobelins aventureux, des traquenards mortels, des destriers morts vivants, de ténébreuses forgeronnes, des araignées aussi velues que géantes ou des druides inquiétants… Alastor de Sombregarde, planche du tome 1 © Oxymor / Morinière / DobbsLe récit découpé en courts chapitres accompagné d’extraits du journal où Alastor de SombreGarde consigne son périple vers la mystérieuse Forteresse Noire vers laquelle ils font route… La série s’inscrit ainsi dans la tradition des romans arthurien où un chevalier errant va de quêtes en quêtes avant de voir son destin s’accomplir tandis que le tandem formé par le Chevalier et le Maître-Gobelin. La narration, quant à elle, n’est pas sans évoquer celle du Don Quichotte de Cervantès, dans une version plus ténébreuse, comme il se doit, mais avec un chevalier sublime et pathétique et un adjuvant qui apporte lui aussi une note humoristique parfois grinçante à la mélancolie sombre et gothique qui baigne l’histoire… Le récit est par ailleurs délicieusement équilibré, alternant avec art de scènes de violence débridées et des séquences plus poétiques, presque contemplatives.

… porté par un dessin fascinant et somptueux
Aurélien Morinière fait montre d’une parfaite maîtrise de la narration graphique. Son trait envoûtant pose d’emblée le décor, distillant cette atmosphère délicieusement macabre qui baigne le récit alors qu’on marche aux côtés du Chevalier de la Mort, serviteur des Ténèbres, sorte d’anti-paladin que certains joueurs ont pu croiser ou incarner l’une ou l’autre partie de Donjon & Dragon, bien que le Seigneur Alastor semble avoir conservé une âme presque secourable qui le rend délicieusement ambivalent, de même que son étrange courtoisie qui tranche avec sa fonction de serviteur du Mal. Le dessinateur donne vie à une fascinante galerie de personnages et créatures hétéroclites dont chacun s’avère captivant alors que le Maître-Gobelin et le Chevalier Errant forment un duo iconoclaste bougrement intéressant. Lectrices et lecteurs apprécieront le soin apporté aux décors, inquiétants à souhait, et à la couleur qui voit la lumière et les ténèbres se livrer à un étrange et envoûtant ballet… Rehaussés de crayonnés censés être de la main du Seigneur Alastor, les pages de carnets qui introduisent chaque chapitre sont elles aussi magnifiques…

Alastor de Sombregarde, planche du tome 1 © Oxymor / Morinière / DobbsDobbs associe sa plume aux pinceaux virtuoses d’Aurélien Morinière pour tisser un récit de chevalier errant somptueusement macabre et délicieusement décalé…

Dans un monde ou le Bien et le Mal se livrent un combat sans fin, sur un champ de bataille jonché de guerriers morts ou agonisants, un gobelin s’extirpe d’un monceau de cadavres. Maître en poison et en sarcasme, Guulghar, car tel est son nom, empêche deux serviteurs du Bien de bannir l’âme maudite Alastor de SombreGarde , Chevalier de la Mort, dont les membres ont été entravés par de lourde chaînes… Tous deux allaient cheminer ensemble vers la Forteresse Noire où Alastor espère retrouver sa bien-aimée… Mais, avant d’accomplir leur quête, ils devront affronter moults dangers mortels…

Mêlant contes et légendes médiévales, le récit de Dobbs est somptueusement mis en scène par un Aurélien Morinière très inspiré. Le dessinateur pose avec art un décor envoûtant, jouant avec les ombres et la lumière pour distiller une atmosphère délicieusement macabre et décalée. Il y fait évoluer des personnages baroques et des montres inquiétants de façon particulièrement convaincante. Le tandem formé par le Chevalier et Maître-gobelin, accompagné du crâne bavard de son frangin, fonctionne parfaitement et n’est pas sans évoquer celui du Don Quichotte de Cervantès, avec héros aussi sublime que pathétique et son compagnon apportant une note d’humour parfois grinçant à la noirceur du récit. Les épreuves s’enchaînent sur un rythme soutenu, offrant à nos ténébreux héros des rencontres impromptues tout en proposant une histoire entraînante truffée de cynisme et d’humour se déroulant dans un monde dévasté par la guerre… Les auteurs alternent séquences violentes et scènes plus poétiques, presque contemplatives, formant un tout délicieusement iconoclaste aussi fascinant qu’entraînant… Somptueusement édité, L’Infâme Gentilhomme amorce un diptyque savoureux et sombrement rafraîchissant…


- Juste un mot pour vous dire que c’est moi qui ai votre carnet, sSeigneur Alastor.
- Mille mercis, Maître Gobelin. Cela m’épargne la peine d’y retourner pour tout réduire en cendres…dialogue entre Guulghar et le Seigneur Alastor de SombreGarde

Le Korrigan




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