     Dans le lointain royaume du Val des Roses naît Sauvage, fille du roi et de la reine… Princesse rebelle et farouchement indépendante, elle aime à gambader dans la boue, courir dans les bois, monter à cheval et tirer à l’arc, au grand désespoir de ses servantes et dames de compagnie…
Lorsque l’âge est venu pour elle de se marier, elle accepte de recevoir les prétendants venus des quatre coins du royaume et même au-delà. Mais bon nombre d’entre eux cherchent plus une servante docile qu’une épouse qu’ils traiteraient sur un pied d’égalité alors que d’autres préfèrent fuir, effrayés par le caractère de la princesse ou ses répartie cinglantes…
Alors que l’espoir de trouver un époux à sa convenance semblait chimérique, voilà qu’elle croise par hasard Rodrigue avec qui elle partage bien des passions… Elle se prend d’affection pour ce jeune homme, ignorant qu’il fut prince, tout comme il ignorait qu’elle était princesse. Leur avenir et leur bonheur semblaient tout tracé… Mais la vie n’est pas un conte de fée…
 Abandonnant le théâtre pour s’adonner au dessin, l’autrice florentine Rosalia Radosti signe avec Sauvage un premier album particulièrement réussi, tant sur le plan narratif que graphique…
Superbement édité, avec cette couverture rehaussée d’or évoquant les recueils de contes de fée, l’histoire s’inspire très librement de la Belle au bois dormant. Mais le narrateur informe dès le début le lecteur que la fin n’en sera pas heureuse… Proche de la nature, Sauvage n’a pas l’attitude d’une princesse mais ses parents la laissent vivre comme elle l’entend, lui accordant cette liberté qui lui permet de s’épanouir… ce qui ne manque pas de désespérer ceux qui ont la charge de l’éduquer !
Résolument moderne et s’éloignant des clichés, l’histoire s’avère particulièrement captivante… Le sort de cette princesse résolue à trouver un mari qu’elle aimerait et qui l’aimerait en retour s’avère touchant, et ce plus encore lorsque son mari montre son véritable visage après que ses parents soient partis pour régler les affaires du royaume… Fuyant cet époux devenu son geôlier, elle tentera de demander asile chez ces prétendant éconduits mais aucun n’acceptera de lui venir en aide, leur ego ne lui pardonnant pas à Sauvage de les avoir rejetés…  Et il y a cette vieille dame qui va la recueillir et la conseiller sur la conduite à tenir, avec des phrases cinglantes mais à même de l’aider à prendre conscience de la situation et de l’affronter en connaissance de cause… Chargée de mélancolie, la fin de l’album s’avère poignante et laisse une faible et vacillante lueur d’espoir à cette jeune femme éprise de liberté…
Si le comte s’avère particulièrement original, il est sublimé par le dessin souple et élégant de Rosalia Radosti. Ses compositions font la part belle aux ressentis de la princesse, de la malice et l’espièglerie de ses jeunes années, à l’intensité de sa rencontre avec Rodrigue, à sa découverte de la passion l’amour véritable… et la fin de ses illusions qui se fracassent sur le mur de la réalité alors que son époux, jusque-là gentil et attentionné, montre son vrai visage… Les décors sont tout aussi somptueux, sublimés par une mise en couleur délicate qui est au diapason des émotions de Sauvage… En outre, il est difficile de ne pas être impressionné par la façon dont l’autrice italienne sculpte la lumière qui baigne chacune de ses cases…
 Pour son premier album, Rosalia Radosti, autrice florentine qui fut actrice de théâtre avant de venir à la bande-dessinée, fait montre de ses talents de conteuse et de dessinatrice…
Fille du roi et de la reine du Val des Roses, Sauvage aime à se promener dans les sous-bois, à tirer à l’arc, à chevaucher ou à observer faune et la flore… Peu respectueuse des règles et des conventions, elle cause bien des tracas à ses dames de compagnie… Arrivé à l’âge de se marier, elle repousse tous ses prétendants qui ne cherche pas une épouse mais une servante… Un jour, au cours d’une de ses errances, elle croise un jeune homme qui semble partager les mêmes passions qu’elle. Entre eux semble naître un amour véritable… Pour le plus grand bonheur de ses parents, ils vont convoler en justes noces… C’est alors que l’attitude du prince change du tout au tout…
Reprenant la structure des contes de fée, Rosalia Radosti signe une histoire résolument moderne, dont l’héroïne est une princesse libre et émancipée qui compte mener sa vie comme elle l’entend et ne pas s’enchaîner à un mari avec qui elle ne partagerait rien… Son trait souple et élégant, ses couleurs délicates et son somptueux traitement de la lumière mettent joliment en image ce conte cruel qui s’éloigne des sentiers battus pour un final mélancolique où ne subsiste qu’une faible flamme vacillante d’espoir… Somptueusement édité, Sauvage marque les débuts dans le neuvième art d’une autrice des plus prometteuse…
- Ces animaux sont magnifiques, Comte !
- Hé hé hé ! Je dois bien avouer que j’en suis assez fier.
- Mais je me demande… Si tout cela est bien juste. De les arracher à leur vie, à leur famille, les priver de liberté pour les enfermer dans une cage ou le mieux qu’ils puissent espérer est de réussir à se mettre debout sur leurs pattes. Ce n’est pas humain.dialogue entre Sauvage et un prétendant
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