Fiche descriptive
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Chronique | ![]() ![]() |





L’étrange retour de Lucas Jones
![]() ![]() ![]() ![]() Il y a douze ans, en septembre 1984, Lucas Jones, résident à Medford, disparaissait le même jour que son père sans qu’on ne les retrouve ni l’un, ni l’autre. Le 12 juin 1996, un garçon prétendant être Lucas se présente sur le pas de la porte de la maison de son oncle. Où était-il passé durant ces années écoulées ? Qu’est devenu son père disparu au même moment ? Et, surtout, comment est-il possible qu’il ait toujours l’apparence du garçon de 11 ans qu’il était lors de sa mystérieuse et inexplicable disparition ?Cette étrange affaire va intriguer l’inspecteur David King qui va mener son enquête pour tenter de comprendre qui est ce jeune garçon quasi mutique. Il peut compter sur l’aide de la psychologue Jean Symonds qui va s’entretenir longuement avec Lucas et lire ce journal intime dans lequel il évoque une ville inconnue appelée Kirby Junction et où il aurait vécu, avec son père, durant ses années d’absence… Son récit sans queue ni tête parle de maison qui surgissent du néant, habitées par des étrangers prétendant avoir toujours été là, et de train qui ne viennent jamais… ![]() un polar fascinant et intimiste qui nous parle du deuil et de la résiliance Après son remarquable Downlands, récit intimiste et bouleversant qui nous entraînait à la lisière du fantastique, l’impressionnant Norm Konyu signe un second album tout aussi réussi que le premier, abordant une nouvelle fois la thématique de l’absence et du deuil de façon fantastique et confondante…Dès la couverture, on reconnaît d’emblée la patte de cet artiste canadien avec cette illustration aussi somptueuse qu’énigmatique et envoutante… Dès les premières pages, la magie opère… Le récit qui nous est conté est improbable, avec le retour d’un gamin disparu depuis douze ans qui revient dans la ville où il est né sans avoir vieilli d’un iota… Le lecteur est d’emblée captivé par ce mystère insondable, comme peuvent l’être l’oncle et la tante de Lucas, les policiers chargés de l’affaire ou la psychologue qui cherche à l’aider à mettre de l’ordre dans ses étranges souvenirs… Deux récits s’alternent pour composer cette histoire : l’un se déroulant dans les années 1996, l’autre s’échelonnant de 1984 à nos jours et qui nous est raconté par ce fameux journal qui pose plus de question qu’il n’apporte de réponses… Si l’un des récits est ancré dans la réalité, rythmé par des analyses et des rapports sur l’affaire Lucas, le second est surréaliste, décrivant la vie supposée de Lucas et de son père dans cette étrange ville de Kirby Junction dont le titre à lui seul pose question… La vie de Lucas y est rythmée par l’arrivée impromptue de nouveaux voisins qui prétendent être là depuis toujours, par des familles au comportement équivoque vivant dans des maisons possédant leur micro climat, empêchant ses habitants d’en sortir… Comme si la bourgade était peuplée d’excentriques aux comportements irraisonnés… Pourtant, au fil des pages de ce récit remarquablement bien construit, une réalité alternative se fait jour, une réalité tragique qui s’amorce avec un drame et une douleur bien enfouie que Lucas s’est efforcé d’oublier… Les pièces du puzzle s’assemblent alors peu à peu pour former un tout vertigineusement cohérent, renforçant la mélancolie chargée de poésie qui innerve l’album…Mais si le scénario s’avère aussi intrigant qu’envoûtant, le dessin singulier de l’auteur est une petite merveille d’originalité et un concentré d’émotions. Réalisé à partir de crayonnés retravaillés sur ordinateur en dessin vectoriel, son trait se passe d’encrage, les couleurs douces et subtiles jouant avec art sur les contrastes et sculptant la lumière de façon saisissante… Le soin apporté au découpage et aux cadrages rendent la lecture particulièrement fluide et permettent à l’artiste de mettre en scène des personnages délicieusement intrigants et follement expressifs, malgré un trait particulièrement épuré… Son graphisme atypique retranscrit avec forces les états d’âme des protagonistes de l’histoire… Comment ne pas être bouleversé par Lucas et son étrange histoire, par son air triste et toujours un peu perdu… Avec une économie de moyens confondante, Norm Konyu parvient à poser des ambiances hallucinantes et des décors délicieusement mélancoliques qui sont l’une des grandes forces du récit. Cela touche au génie… ![]() Après son remarquable et remarqué Downlands, Norm Konyu revient avec un nouvel album tout aussi bouleversant…Douze ans après sa mystérieuse disparition, Lucas Jones frappe à la porte de son oncle et de sa tante. La police et sa famille tombe des nues… Ou était-il durant toutes ces années ? Qu’est devenu son père disparu en même temps que lui ? Et, surtout, pourquoi se garçon qui prétend être Lucas a-t-il toujours l’apparence qui était la sienne lors de sa disparition, il y a douze années ? En s’appuyant sur ses entretiens avec la psychologue Jean Symonds et sur l’étrange journal intime où Lucas Jones parlait de son séjour surréaliste à Kirby Junction, l’inspecteur David King tente de démêler cette étrange t mystérieuse affaire… Comme dans son précédent album, Norm Konyu aborde avec pudeur et sensibilité la mort et le deuil à travers un récit aussi déstabilisant qu’envoûtant, écartelé entre le réel et le fantastique, où l’on ne sait si Lucas glisse dans la folie ou si son journal rend réellement compte de son vécu… Le sens de la composition de l’auteur force l’admiration et son dessin singulier parvient à retranscrire avec force les émotions de ses personnages alors que ses couleurs éminemment subtiles distillent avec art cette atmosphère si particulière qui est l’un des charmes et l’une des forces de l’album. Avec The Junction, Norm Konyu signe un nouveau chef d’œuvre, une pépite bouleversante d’inventivité et de justesse des sentiments qui force l’admiration… Plus j’y pensais, plus des choses étranges qui s’étaient produites au cours des deux semaines précédentes et auxquelles je n’avais pas vraiment prêté attention, me revenait en mémoire. Mais à présent, c’est comme si je ne voyais qu’une partie de l’image, comme si je ne savais pas comment relier les éléments entre eux. Madame Thomson nous a expliqué que la meilleure façon de mettre ses idées en forme, c’était de les écrire. Donc… Aujourd’hui le 10 octobre, cher journal… Je commence ce journal.Lucas Jones
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Galerie
The Junction, planche de l'album © Glénat / Konyu
The Junction, planche de l'album © Glénat / Konyu
The Junction, planche de l'album © Glénat / Konyu