Fiche descriptive
23€
Chronique | ![]() ![]() |





La folie des hommes
![]() ![]() ![]() ![]() Fort Duquesne, Ohio, 1754. Arrivé depuis plusieurs années en Nouvelle France, Pierre de l’Archange, un coureur des bois, s’est mariée à une indienne Shawnees contre l’avis du père de cette dernière. Ensemble, ils ont eu un fils et vivait heureux jusqu’à ce que la mort ne lui arrache son épouse…En mai 1754, tandis qu’il assistait en tant qu’éclaireur aux négociations entre soldats français et britannique, le tomahawk de l’iroquois Akaash fracasse le crâne du commandant Joseph de Jumonville qui tombe, mort. Dans la fusillade qui s’en suivit, son escorte est massacrée par les soldats anglais de George Washington et leurs alliés iroquois. Pierre parvient à s’enfuir et traque le meurtrier de sieur de Jumonville qu’il parvient à capturer et livrer aux autorités françaises… Mais lorsqu’il comprend que le Commandant Contrecœur veut venger la mort de leur officier en attaquant Fort Necessity, il tente de les raisonner en fin connaisseur du terrain… Pour se venger de son insolence et de son insubordination, le commandant lui ordonne de retourner en France pour combattre les ennemis du roi, escomptant qu’il s’y fera tuer… La mort dans l’âme, Pierre confie son fils à la tribu de son épouse avant de prendre la mer pour devenir soldat… ![]() un récit somptueux et intimiste en marge de la grande Histoire Avant même que se plonger dans la lecture de ce nouvel album de Stephen Desberg, difficile de ne pas être subjugué par la beauté des compositions de Bernard Vrancken…Ayant pour la première fois, à notre connaissance, recours à la couleur directe, ses planches sont tout simplement somptueuses… Le dessinateur nous donne à voir toute la beauté de cette Nouvelle France pour laquelle Pierre de l’Archange avait sans regrets quitté le Vieux Continent. On comprend ce sentiment de liberté qui a dû l’étreindre en découvrant ces paysages immenses et sauvages, ces forêts s’étalant à perte de vue, ces fleuves indomptés et cette lumière somptueuse qui baigne cette contrée nouvelle… Le trait délicat du dessinateur belge rehaussé par un encrage subtil, son découpage aéré nous offrant des moments suspendus et contemplatifs, donnent vie à ce décor foisonnant et à ces hommes et femmes qui y vivent, des indiens autochtones, iroquois comme shawnees, en passant par les colons qui s’apprêtent à se faire une guerre qui allait s’étendre sur les cinq continents et asseoir durablement la domination anglaise sur le monde… Tout aussi somptueuse, la couverture nous transporte dans ces territoires lointains et nous donne à elle seule l’envie de se plonger dans la lecture de ce one-shot… Le contraste entre la Nouvelle France et l’Europe ravagée par cette guerre qui devait durer sept ans et qui fut le premier conflit à l’échelle mondiale, est saisissant, pointant l’imbécilité d’un conflit entre des royaumes qui n'ont pas hésité à sacrifier leurs enfants sur l’autel du profit.Retrouvant Bernard Vrancken après leur somptueux les Enfants du Ciel, Stephen Desberg signe un scénario entraînant qui nous raconte le tragique destin d’un homme simple emporté par le vent de l’histoire. Il avait quitté la France pour fuir la guerre et la guerre allait le rattraper… Coureur des bois et trappeur, il sera bien malgré lui entraîné dans un conflit qui le dépasse et dont il assista, médusé, à l’une des étincelles qui mirent le feu aux poudres en embrasa le Nouveau et l’Ancien Monde: la mort de Joseph de Jumonville dont les circonstances restent, aujourd’hui encore, non élucidées avec certitude. Le scénariste prend le temps d’esquisser le portrait de Pierre de l’Archange, grand connaisseur de ces contrées lointaines pour y avoir vécu durant de longues années et y avoir pris femme… On découvre un homme lucide, qui perçoit que quelque chose se trame et que les français s’apprêtent à se lancer, têtes baissées, dans un piège… Mais l’arrogance de la noblesse n’entendra pas la voix de la raison et châtiera l’effronté qui ose remettre en question ses décisions en le renvoyant en France pour y mourir sous les balles ennemis… Mais Pierre n’y mourra pas, tenu par la promesse faite à son fils de revenir le chercher… Sa rencontre avec Jane Moran, devenue une héroïne du camp adverse et qui dut elle aussi combattre la rapacité des hommes, sonne quant à elle comme une note d’espoir dans un monde en guerre… ![]() Avec Nouvelle France, Bernard Vrancken retrouve son complice qui a signé les scénarios de chacun de ses albums et séries, d’IR$ à Sang Noir en passant par H.ELL ou Les Enfants du ciel pour nous conter le destin d’un homme lancé dans un conflit qui le dépasse…Ohio, Mai 1754. Pierre de l’Archange officie comme éclaireur pour le compte des troupes françaises et assiste médusé au massacre du Joseph de Jumonville et de son escorte lors de négociations houleuse avec Georges Washigtown… Traquant l’iroquois qui a fracassé le crâne de l’officier français et causé l’escarmouche, il parvient à le capturer et à le livrer à Fort Duquesne… Lorsqu’il comprend que le Commandant, ne voulant pas laisser la mort de Jumonville impunie, s’apprête à lancer ses troupes sur Fort Necessity il tente de l’en dissuader. Prenant son intervention comme une impertinence, le Commandant l’envoie combattre en Europe où il espère qu’il se fera tuer… Mais, tenu par la promesse faite à son fils, Pierre échappe miraculeusement à la mort et revient en Nouvelle France où il affrontera son destin… On tombe d’emblée sous le charme du dessin fascinant et délicat de Bernard Vrancken dont les compositions sont sublimées par une mise en couleur directe particulièrement somptueuses et lumineuse. Le dessinateur nous donne à voir des paysages magnifiques et grandioses où évoluent des personnages fictionnels ou historique, colons ou autochtones, qui pointent l’absurdité de la guerre. Chacune de ses cases s’avère des plus envoûtantes, nous donnant à ressentir ce sentiment de liberté enivrant qui dû être celui de Pierre lorsque, fuyant les guerres du Vieux Continent, il découvrit cette contrée tout à la fois singulière et sauvage. Très contemplatif, le scénario impeccable de Stephen Desberg s’avère captivant, nous montrant la beauté d’un monde gâchée par la folie des hommes… - Pourquoi t’es-tu enfui de ton pays ? Tu y étais si malheureux ? Quand je t’ai vu, au début, tu ne riais jamais.
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