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Presidio
Presidio



Fiche descriptive

Policier

Simon Treins (adapté du roman de Randy Kennedy)

Guiu Vilanova

Bertrand Denoulet

Delcourt

19 février 2026


16€95

9782413042822

Chronique

Après six années d'une vie en solitaire, Troy Falconer retourne dans la petite ville où il a grandi. Débute alors un road trip sombre et désespéré à travers les paysages austères du Texas.

Quand il apprend que la femme de son frère s'est enfuie avec le maigre pécule hérité de leur père, Troy Falconer décide de tout faire pour retrouver l'argent. Débute alors un road trip à travers le Texas. Mais une passagère non déclarée se trouve à l'arrière de leur voiture. Les deux frères ne sont dès lors plus simplement recherchés pour un banal vol de véhicule, mais pour kidnapping.
un excellent album!


Libre de toute entrave ?
Presidio, planche de l'album © Delcourt / Vilanova / Treins / Denoulet / KennedyTexas, au cœur des années 70… Solitaire par choix, taiseux par goût, Troy Falconer vit sans entraves et sans attaches, empruntant costumes, voitures ou portefeuilles lorsque le besoin s’en fait sentir et s’appliquant à ne rien posséder…

Le voilà pourtant qui revient à New Cona, la petite ville paumée où il a grandi, pour aider Harlan, son frangin, plaqué par sa femme qui s’est enfuie avec le maigre pécule qu’il avait réussi à mettre de côté… S’amorce alors un road trip dans l’Amérique profonde… Et lorsque le pickup du frangin tombe en rade au milieu de nulle part, c’est tout naturellement que Troy emprunte un break pendant que ses occupants faisaient les courses…

Mais voilà, dans la caisse qu’il a volée et dans laquelle son frère a accepté de monter malgré ses réticences, Troy découvre Martha, une gamine planquée sur le siège arrière… Elle est fermement décidée à retrouver son père qui croupit en prison au Mexique… A cause d’elle, les frères Falconer ne sont pas uniquement recherchés pour un banal vol de voiture… mais aussi pour kidnapping…


un road-movie aux accents de roman noir
Scénariste de l’excellent Tuez De Gaule et du très lovecraftien Randolph Carter, Simon Treins se propose d’adapter Presidio, petit bijou de roman noir de Randy Kennedy…

Presidio, planche de l'album © Delcourt / Vilanova / Treins / Denoulet / KennedyConservant l’ossature du roman originel, il s’inscrit dans son sillage littéraire avec des récitatifs où le narrateur et héros involontaire du récit livre ses états d’âmes et sa vision du monde et de la vie… Ce personnage iconoclaste qui vit à la marge d’une société dont il rejette les codes et les usages, a décidé de renoncer aux biens matériels et de se laisser porter par son destin, de motels en motels, feignant d’être assureur ou représentant pour donner le change à des gens qu’il ne reverra jamais… Vivant sans entrave, il allait pourtant aller trouver ce frère qu’il n’a pas vu depuis des années et qui vient d’être plaqué par sa femme… Une femme que notre héros solitaire semble par ailleurs connaître mieux que lui… On soupçonne qu’ils ont eu une liaison… Mais remonter le fil qui le relie encore à une société à laquelle il a pourtant tourné le dos n’est pas sans danger… comme il va l’apprendre à ses dépens !

L’histoire se déroule dans le Texas profond, sur des routes poussiéreuses et presque désertes et l’action proprement dite ne s’amorce que dans une petite bourgade paumée au milieu de nulle part… Le genre de ville qu’on traverse par hasard où l’on ne s’attarde pas sans une bonne raison et que l’on quitte sans regrets. Il y a du Hitchcock dans ce polar bien serré, avec une miss MacGuffin qui sert de prétexte à un roadtrip et conservera (presque) tout son mystère jusqu’à la fin de l’album… Presidio, planche de l'album © Delcourt / Vilanova / Treins / Denoulet / KennedyLe scénariste joue à perdre le lecteur derrière des faux semblants et des rebondissements inattendus, tel celui qui fait de Troy et de Harlan des Kidnappeurs malgré eux… S’il s’en était tenu à ses résolutions, Troy aurait pu poursuivre sa vie d’errance… Mais il a décidé de donner un coup de main à son frère et s’est laissé convaincre d’aider cette gamine qui a déboulé dans sa petite vie discrète comme un chien dans un jeu de quilles… Il faut dire qu’elle a un sacré fichu caractère cette gamine qui a grandi à l’écart du monde dans une communauté d’obédience mormone… Mais, plus encore que Troy Falconer, le personnage principal de l’histoire est le Texas des seventies et ses immensités arides et désertiques où l’on peut avaler des kilomètres de bitume sans croiser âme qui vive…

Le dessin de Guiu Vilanova, qui a notamment signé les dessins de l’excellent polar fantastique Weird detective use avec finesse des codes du polar et du roman noir avec des cadrages très cinématographique et un saisissant travail sur les ombres qui confère une ambiance bougrement intéressante à l’ensemble, avec une mention spéciale aux scènes nocturnes… L’artiste fait montre d’un sacré talent de metteur en scène avec un découpage fluide et redoutablement efficace… La couverture est quant à elle une vraie réussite graphique…

Presidio, planche de l'album © Delcourt / Vilanova / Treins / Denoulet / KennedyLe scénariste de Randolph Carter et de Tuez de Gaulle associe sa plume aux crayons alertes du dessinateur de Weird detective pour signer une remarquable adaptation d Presidio, roman noir de Randy Kennedy aux ambiances saisissantes…

Troy Falconer a choisi de vivre en solitaire et de tourner le dos à la société, empruntant aux autres ce dont il a besoin pour vivre, errant sans attaches de motels en motels dans des voitures volées, et croisant des personnes qu’il ne reverra jamais… Pourtant, pour filer un coup de main à son frère qui vient d’être plaqué par sa femme qui s’est fait la malle avec ses maigres économies, il revient dans le bled paumé où il a passé son enfance… Ignorant que, ce faisant, il aller devoir renier ses tous ses principes…

Mis en images de façon très cinématographique par un Guiu Vilanova très inspiré, le scénario de Simon Treins met en scène un personnage taiseux et atypique que rien ne semble pouvoir atteindre tant il semble vivre dans un fort retranché (« presidio » en espagnol), en marge du monde… Mais cette virée aux accents vaguement nostalgiques sur les terres de son enfance allait lézarder les promesses qu’il s’était fait de vivre sans attaches et sans entraves… pour son plsu grand malheur…


Ma ligne de conduite, c’est que je ne vole plus dans l’optique de refourguer mon butin au plus vite. Maintenant, je garde ce que je récolte le plus longtemps possible, de façon à mener une existence normale détachée au maximum de la possession. Sur la route, je me fais passer pour un agent d’assurances ou un représentant de compagnie pétrolière, métiers itinérants dont j’ai intégré les caractéristiques. Mais ma véritable profession consiste à perpétuer une vie presque totalement affranchie de la propriété – tâche délicate et très précaire.Troy Falconer

Le Korrigan




Inspiration jeux de rôle

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