Fiche descriptive
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la Tempête…
New York, mai 1893. Fils d’esclave recueilli et élevé par Christian Scott, Dred est rentré dans la police sous les ordres de Ungus Byrnes, chef de la police. Mais après que ce dernier l’ait trahi, Dred se retrouve sans protection et se tourne vers Margaret Bellemont, Reine de la pègre newyorkaise, qui fut l’ancienne propriétaire de ses parents esclaves et dont il devient la maîtresse…Les associés peinent à lui faire confiance du fait de sa couleur de peau aussi Dred Scott décide-t-il d’aider Margaret à retrouver le mythique Collier de la Liberté qui lui appartenait jadis… Mais l’Empire Invisible, héritier du Ku Klux Klan, voit d’un mauvais œil la scandaleuse alliance d’un noir et d’une femme dont la famille fit fortune dans l’esclavage. Alors que les plaies ouvertes par la Guerre de Secession ne sont toujours pas cicatrisées, que le pays sombre peu à peu dans une crise financière sans précédent, une guerre des clans est en passe d’embraser New York… ![]() un polar historique rythmé et entraînant à l’ombre dans un monde en crise Après avoir signé les remarquables enquêtes d’Ange Leca, somptueusement mises en images par les pinceaux de Victor Lepointe, Tom Graffin et Jérôme Ropert se sont retrouvées sur Dred Scott, un polar historique prenant place dans le New York de la fin du XIXe siècle à la suite d’un enfant d’esclave engagé par la police à l’instigation d’un policier corrompu qui allait le trahir et faire de lui un paria…Une fois encore, difficile de ne pas être impressionné par le soin apporté par les deux scénaristes à l’écriture de leurs personnages. Doté d’un passé, d’un caractère bien défini et de solides motivations, chacun des protagonistes s’avère tout à la fois crédible et cohérent et s’intègre parfaitement dans la mécanique scénaristique de précision mise en place par les deux auteurs. Composé de treize émeraudes, Le Collier de la Liberté offert à Benjamin Franklin par une comtesse polonaise pour soutenir la Guerre d’Indépendance est le MacGuffin de l’histoire. Toutes les factions de l’histoire souhaitent le retrouver et vont s’affronter pour le posséder… Dans la vraie vie on perd sa trace pendant la Révolution pour ne le retrouver qu’en 1855, à Paris. Les auteurs lui inventent pour l’occasion des péripéties rocambolesque liées au destin tumultueux du jeune Derd Scott. Comme on pouvait l’attendre de tels scénaristes (Jérôme Ropert a signé sur de fascinantes enquêtes pour le fascinant jeu Sherlock Holmes Detective Conseil !), l’histoire repose sur de solides recherches documentaires qui viennent étoffer et crédibiliser l’ensemble. L’Empire Invisible, reliquat du Klan, s’invite dans la danse, aux côtés de la pègre newyorkaise, des politiciens véreux et des policiers corrompus pour un cocktail qu’on devine explosif ! La fin de cette aventure est enrichie de coupures de presse et d’un passionnant dossier apportant des précisions sur différents éléments de l’intrigue…Difficile de ne pas être une fois encore impressionné par le talent de dessinateur de Thibault Descamps qui signe avec Dred Scott un second album particulièrement maîtrisé. L’expérience gagnée durant ses années passées dans l’animation en tant que dessinateur et storyboarder rendent ses cadrages aussi pertinents qu’efficace et son découpage d’une redoutable efficacité. Ses compositions renforcent la tension du récit en donnant la part belle aux personnages aussi tourmentés que charismatiques qui composent ce récit choral parfaitement orchestré. Son encrage s’avère des élégant et le subtil travail sur les couleurs de Sébastien Bouet renforce avec force l’atmosphère de chaque scène. ![]() L’Empire Invisible referme ce dytique entraînant qui nous immerge dans le New York crépusculaire de la fin du XIXe siècle, alors que les plaies ouvertes par la Guerre de Sécession sont encore béantes, que les policiers véreux, les politiciens corrompus, la pègre et le Ku Klux Klan luttent âprement pour s’assurer la main mise sur la ville…Après avoir été trahi par Ungus Byrnes, chef de la police, Dred Scott se tourne vers la sulfureuse Margaret Bellemont, reine de la pègre qui fut jadis propriétaire de la plantation où travaillaient les parents de Dred. Se moquant du qu'en-dira-t-on, elle fait de Dred son amant et son homme de confiance. Elle est prête à tout pour retrouver le Collier de la Liberté qu’elle posséda autrefois, quitte à affronter ses concurrents mafieux, le Klan ou les politiciens corrompus… Alors que le pays est plongé dans une crise économique sans précédent, une guerre des clans semble sur le point d’éclater… Quel plaisir que de retrouver le tandem Tom Graffin / Jérôme Ropert au scénario d’une série… Auteurs d’Ange Leca, polar se déroulant dans le Paris de la Belle Epoque somptueusement mis en image par l’impressionnant Victor Lepointe, les co-scénaristes ont une fois encore basé leur récit sur une solide documentation historique qui contribue à crédibiliser le récit et à immerger le lecteur dans le New-York d’un XIXe siècle crépusculaire. Porté par des personnages charismatiques et tourmentés, leur récit choral nous entraîne dans le sillage d’un fils d’esclave devenu policier avant d’être recherché par les forces de l’ordre et de venir l’amant et l’homme de main de Margaret Bellemont, une femme délicieusement complexe dont la force caractère et les idées progressistes tranchent avec celle des grandes familles esclavagistes du Sud… La montée en tension est savamment orchestrée alors que se lève le vent de la tempête durant laquelle se jouera le dernier acte de ce drame… Sans doute hérité de ses années de travail dans l’animation, les compositions de Thibault Descamps, rehaussé par les couleurs délicates de Sébastien Bouet, s’avèrent être d’une redoutable efficacité, retranscrivant avec force la dramaturgie de l’histoire pour un final haut en couleur et riche en émotions… L’album est complété par un passionnant dossier joliment maquetté qui nous parle des empires invisibles qui se partageaient New-York… Dred Scott ravira à n’en pas douter les amateurs de polars et d’histoire bien ficelées… « Ma mère m’a enfanté dans le sud sauvage. Et je suis noir, mais vous savez mon âme est blanche. Les petits anglais sont blancs comme les anges, et moi je suis noir comme s’il n’y avait aucune lumière en moi »poème cité par Dred Scott
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Articles
Entretien avec Jérôme Ropert et Tom Graffin [Entretiens BD]
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Dred Scott, planche du tome 2 © Bamboo / Descamps / Graffin / Ropert / Bouet
Dred Scott, planche du tome 2 © Bamboo / Descamps / Graffin / Ropert / Bouet
Dred Scott, planche du tome 2 © Bamboo / Descamps / Graffin / Ropert / Bouet