 Japon, 11 mars 2011. Alors que les premières secousses du séisme se font ressentir et que tous se mettent à l’abri pour se protéger de la vague à venir, un homme qui tentait de joindre quelqu’un sans succès entre dans une cabine téléphonique, ignorant le tsunami qui allait provoquer la catastrophe de Fukushima, accident nucléaire majeur et incontrôlé, qui devait faire près de 20.000 morts et disparus…
A des milliers de kilomètres de là, à Berlin, on est le loin de se douter de ce qu’il se joue de l’autre côté du globe… Mais les répercussions du séisme n’en allaient pas moins bouleverser en profondeur la vie de huit personnes qui ne se connaissaient pas et dont le destin allait se télescoper… Comme si on ressentait jusqu’ici l’onde de choc qui a secoué le Japon…
Après le Roi des Vagabonds (sur un scénario de Patrick Spät) qui nous entraînait dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres dans le sillage de Gregor Gog, Bea Davies, dessinatrice italienne vivant à Berlin, signe un récit intimiste particulièrement bouleversant qui montre comment l’onde de choc qui a frappé le Japon en mars 2011 a pu avoir des répercussions jusqu’à Berlin.
 Avec pudeur et délicatesse, l’autrice nous entraîne dans l’intimité d’une poigné d’individus, esquisse les contours de leur vie avant de montrer comment la vague allait les emporter eux aussi, à leur manière… Sa façon de tisser ces récits chorals, de mêler et d’entremêler ces lignes de vies s’avère poignante… de cet auteur angoissé par le monde qui s’est enfermé chez lui pour écrire à cette jeune femme qui vient d’avoir dix-huit ans et dont les blessures de l’enfance peinent à cicatriser, en passant par ce réfugié qui se réfugie dans le silence, à cette femme qui ne sais pas comment annoncer à ses jeunes enfant que leur père qui travaillait à Sandai, au Japon, est peut-être mort, en passant par ce chef de chantier soucieux de ceux dont ils croisent la route, jusqu’à cette SdF aveugle ou à cette dame qui semble passer ses journées à boire… L’album se lit avec émotion tant on est touché par la trajectoire de chacun d’entre eux… S’amorçant et s’achevant dans une cabine téléphonique, séparées par un drame, Super Gau est un ouvrage intimiste et à la narration délicate qui vous emporte comme une vague, en douceur ou avec violence, comme la vie…
Les crayons de l’autrice italienne insufflent à cette poignée de personnages touchants dans leur banalité et dans leur humanité ce petit supplément d’âme qui les rends crédibles et attachants. Son encrage élégant met avec sensibilité en valeur leurs regards, miroir de leur âme et vecteur d’émotions, Bea Davies parvenant à capter et à capter et à retranscrire leurs états d’esprit, rendant son récit tout particulièrement poignant…
 Après son Roi des Vagabonds, Bea Davies nous entraîne à Berlin où une poignée d’individus va ressentir l’onde de choc du drame se jouant au Japon…
11 mars 2011. Un séisme au large des côtes du Japon allait provoquer un tsunami et engendrer une catastrophe nucléaire… On dénombrera plus de 20.000 victimes ou disparus. A des milliers de kilomètre de là, en Allemagne, le destin d’une poignée d’individus dont peu se connaissent allait être bouleversé par les remous causés par la catastrophe…
L’autrice italienne signe un récit choral intimiste et poétique qui va suivre les vies de huit personnes qui vont être impactées par un drame touchant le Pays du Soleil Levant… Leurs destins vont se mêler et s’entremêler, parfois sans même qu’il le sache… Ces hommes et femmes ordinaires possédant leurs fêlures ou leurs blessures et qui se sont peut-être déjà croisé, sans même le savoir, vont être emportés par la vie, nous toucher et nous chambouler… Porté par un dessin aussi sensible qu’élégant, Super Gau est un roman graphique apaisant et parfaitement maîtrisé dont nous vous recommandons chaudement la lecture en ces temps troublées où l’on croise tous les jours des gens, sans prendre toujours le temps de les rencontrer…
Si elle devait savoir ce qui se passe dans le monde, comment les gens se comportent les uns envers les autres, elle serait désespérée. Chaque jour, on croise des centaines de gens et personne ne fait attention aux autres. Regarde combien on est. Chacun est là avec sa propre histoire, unique. Et pourtant, tout est lié, inextricablement. Et personne ne voit que nous ne sommes que les grains de sable d’un château qui s’effrinte.citation page 54-55
|