Fiche descriptive
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Chronique | ![]() |





Aux frontières de l’invisible
Septembre 1843. Alors que, revenant d’Espagne il feuilletait le Siècle dans un café de Rochefort-sur-Mer en compagnie de son épouse, Victor Hugo apprend la mort tragique de sa fille, Léopoldine, noyée dans la Seine avec son mari… Le choc est tel qu’il restera dix années durant muré dans le silence…1853. Proscrit par Napoléon le Petit, le romancier, poète et dramaturge s’est exilé sur l’île de Jersey où il reçoit la visite d’Herbert Salliè qui découvre un homme brisé par le chagrin… Il apprend que sous l’influence de Delphine de Girardin, Hugo s’adonne au spiritisme et parle aux morts, de Shakespeare et de Galilée sans oublier sa si chère Léopoldine… Il invite son visiteur à participer à une séance au cours de laquelle L’Océan lui-même s’adressera à eux… Après leur saisissant Marie et les esprits qui nous contait les recherches méconnues de Pierre et Marie Currie, Rodolphe retrouve Olivier Roman pour nous entraîner sur l’île de Jersey où Victor Hugo s’est exilé et à découverte cette science nouvelle qui lui permettait de parler avec sa chère fille défunte : le spiritisme… un récit singulier qui interroge sur le lien entre souffrance et créativité Si, contrastant avec la rigueur scientifique qu’on leur connaît, l’attrait des époux Currie pour le paranormal était inconnu du grand public, celui de Victor Hugo, hanté par la disparition de Léopoldine, est lui plus connu. Mais, comme de coutume, Rodolphe choisit un angle d’attaque original qui lui permet de s’interroger non pas uniquement sur la frontière que certains pensent ténue entre le monde des vivants et celui des morts ou sur la survivance de l’âme… En nous entraînant dans l’intimité d’un grand homme ravagé par le chagrin, le scénariste interroge sur le lien existant entre la créativité et la souffrance… L’histoire nous est contée à travers les yeux d’Herbert Salliés dont Rodolphe fait le premier amour d’Adèle, fragile et affectée elle aussi par la mort de sa sœur, avant qu’elle ne rencontre Albert Pinson quelle aimera éperdument sans que cela soit réciproque. On découvre à travers les yeux de ce visiteur l’attrait irrésistible qu’exerce le spiritisme sur Hugo alors que le scénariste puise dans les minutes des séances tenues par Hugo et ses amis, Guerin et Vacquerie pour leur donner corps. D’abord incrédule, Salliés allait être ébranlé par ce premier contact et s’étonner de ce que l’océan parle avec un langage puissant et poétique, comme sait si bien le faire Hugo… Soupçonne-t-il quelques supercheries orchestrées par Hugo ou ses proches ?Le dessin d’Olivier Roman joue avec cette frontière séparant le visible de l’invisible. Son trait fin et élégant est mis en valeur par les couleurs délicates de Cerise, donnant vie à des personnages singuliers évoluant dans une nature belle et indomptable, joliment mise en image… On appréciera tout particulièrement le soin apporté aux personnages dont il retranscrit le chagrin et la folie qui les effleure parfois avec subtilité, de Victor Hugo à sa fille qu’on sent déjà fragile… ![]() Après Marie et les esprits qui nous dévoilait l’attrait des époux Currie pour le spiritisme, Rodolphe et Olivier Roman s’empare de l’auguste personne qu’est Victor Hugo pour nous narrer ces même penchant pour cette « science » en vogue qui lui permettait de renouer contact avec sa chère Léopoldine…1853, île de Jersey où Victor Hugo s’est exilé pour fuir la France de « Napoléon le petit ». Dix années ont passé lorsque, revenant d’un séjour en Espagne, le poète, dramaturge et romancier a appris dans le journal la mort de Léopoldine, sa fille aînée, et de son époux, noyé dans la Seine… Lorsqu’Herbert Salliés vient lui rendre visite, Hugo lui parle du drame qui a bouleversé sa vie et de sa première séance de spiritisme qui lui a permis de retrouver sa chère fille. Il propose à l’aspirant romancier de participer à la prochaine séance pour entendre parler la « Bouche d’Ombre »… La plume alerte et poétique de Rodolphe nous entraîne sur l’île de Jersey lors du séjour qu’y fit Hugo lorsqu’il a quitté le France… Toujours hanté par la mort de sa fille, il allait s’adonner au spiritisme et contacter d’autres éminentes figures… Les propos d’Hugo sont empruntés aux comptes rendus des séances rédiger par ses soins ou par ses amis, permettant d’ancrer le récit dans l’histoire du poète. Le biais narratif nous faisant découvrir l’histoire à travers les yeux d’un jeune écrivain considérant le romancier comme son maître s’avère fascinant, le jeune homme pointant l’étrangeté des propos de l’Océan, tout à la fois puissants, littéraires et poétiques… Ce faisant, le jeune homme suggère à demi-mots l’idée qu’Hugo désirait tant croire au spiritisme qu’il en devint un fervent adepte, prêtant sa plume à l’Océan, à Shakespeare ou à Galilée, interrogeant par la même les liens entre la souffrance et la création… Les élégantes compositions d’Olivier Roman mettent joliment en lumière la frontière ténue séparant le monde des vivants de celui des morts et l’invisible du visible, son trait épuré retranscrivant avec force les états d’âme des principaux protagonistes de l’histoire et la folie qui s’empare parfois d’Hugo ou de sa fille, Adèle, qui connaît avec Herbert sa première histoire d’amour, quelques temps avant qu’elle ne rencontre Albert Pinson, l’homme qu’elle aimera tout sa vie durant sans être aimé en retour… Victor Hugo - La Bouche d'Ombre est un album littéraire et délicieusement poétique qui s’avère particulièrement captivant grâce aux fascinant talents de conteur de Rodolphe… Vous savez, je tends beaucoup l’oreille à ce que me dit la « Bouche d’Ombre ». Dieu me parle et je l’écoute.Victor Hugo
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Victor Hugo - La Bouche d'Ombre, planche de l'album © Anspach / Roman / Rodolphe / Cerise
Victor Hugo - La Bouche d'Ombre, planche de l'album © Anspach / Roman / Rodolphe / Cerise
Victor Hugo - La Bouche d'Ombre, planche de l'album © Anspach / Roman / Rodolphe / Cerise