Fiche descriptive
19€50
Chronique | ![]() |





Histoire(s) d’exil(s)
Anna est une élève rebelle dont les parents sont séparés. Elle fait tout pour se faire exclure du lycée pour pouvoir aller vivre chez son père. Idriss, un de ses copains de classe tente de la raisonner mais elle ne veut rien entendre…Alors qu’ils visitaient le Musée National de l’Histoire de l’Immigration, un élève vanne Idriss sur son grand-père, ignorant que ce dernier était gravement malade… Idriss quitte le groupe en pleurant, suivi par Anna qui tenait à s’excuser pour son comportement de la veille… Ils se cachent dans la réserve du musée pour s’isoler… Peu à peu, les objets de la réserve s’animent et leur raconte l’histoire de leurs anciens propriétaires… Les deux adolescents allaient sans le savoir en apprendre davantage sur leurs origines et sur leur héritage familial… un album intelligent et salutaire Alors que les chaînes dites d’information qui se contente bien souvent de commenter à leur façon l’écume de l’actualité en atteignant un une poignée de seconde une sorte de point Godwin lié à l’immigration, que les hommes et femmes politiques de droites font leur le concept du « grand remplacement » et autres théories fumeuses d’extrême-droite, il est bon de se souvenir que la France a longtemps été terre d’accueil, que les autorités françaises ont fait appel à la population immigrée comme force de travail ou pour porter l’uniforme et faire couler leur sang pour défendre un drapeau qui n’était pas vraiment le leur… Très didactique et reliés par le fil rouge de la relation entre Anna et Idriss, les neufs récits qui composent l’album, s’avèrent tout aussi édifiants que solidement documentés. Chacun donne à voir l’immigration à hauteur d’hommes et de femmes, montrant que derrière les chiffres, souvent manipulés ou tronqués pour servir une doctrine politique, on trouve des hommes et des femmes qui ont quitté leur pays pour venir en France à la demande du gouvernement, espérant trouver un travail et refaire leur vie dans la patrie des droits de l’homme… Du commerce triangulaire à l’émigration des nobles de France fuyant la Terreur en passant par les immigration polonaise, italienne, asiatique, espagnole, algérienne, portugaise ou sénégalaise, chaque récit raconte le destin écartelé entre drame et espérance d’une poignée d’individus… Chacun histoire s’avère particulièrement poignante, se refermant sur un fragment de la visite qu’auraient dû suivre Anna et Idriss s’ils n’étaient pas coincés dans la réserve du musée…Le dessin généreux de Bruno Loth, scénariste et dessinateur du poignant Viva l'anarchie ! qui nous narrait la rencontre entre Makhno et Durutti dans l’Espagne pré-franquiste, s’inscrit dans le sillage des reportages dessinés. Son trait nerveux et expressif s’avère être un formidable vecteur d’émotion, retranscrivant avec force les drames humains qui se jouent sous nos yeux mais aussi l’espoir d’une vie meilleure qui anime chacun des protagonistes. L’usage de lavis pour les récits enchâssés dans les aventures d’Anna et Idriss s’avère particulièrement pertinents, rendant la lecture de l’album balayant plusieurs siècles de migrations on ne peut plus fluide… ![]() Cinq années après Lanceurs d’alerte, Flore Talamon retrouve Bruno Loth pour un récit teinté de fantastique qui nous dresse un portrait de l’immigration à hauteur d’hommes et de femmes…Lors d’une visite du Musée National de l’Histoire de l’Immigration, Idriss et Anna se retrouvent isolé de leur classe, enfermés dans les réserves du musée. Les objets vont s’animer et leur raconter le destin tragique et plein d’espérances d’immigrés arrachés à leurs terres ou partis volontairement, à la demande de la France en manque de main d’œuvre bon marché, dans l’espoir d’une vie meilleure… Alors que l’immigration agite les esprits, qu’elle semble être au centre du jeu politique et que des chaînes dites d’information pointent les immigrés comme la source de tous les maux dont souffre notre société, ce livre à la fois intimiste et universel s’avère des plus salutaires… Prenant pour fil rouge l’aventure de deux lycéens, l’une rebelle à l’autorité, l’autre apprenant que son grand-père est gravement malade, les auteurs nous proposent neuf récits poignants, contextualisés et solidement documenté qui montre que ces migrations successives ont contribué à faire ce que nous sommes : une nation riche de ses différences… et que ceux qui défendent l’idée du « grand remplacement », contredite par les chiffres, agitent surtout un épouvantail pour attiser la peur et la haine de l’étranger… Alors que comme Anna ou Idris, il suffit souvent de remonter quelques branches de son arbre généalogique pour voir que nos racines s’étendent dans d’autres pays ou d’autres continents… Ces Voyageurs de la Porte Dorée se doit de figurer en bonne place dans tout CDI comme dans toute bibliothèque familiale pour son message humaniste et rassembleur… Et souviens-toi, Idrissa, la France et le Sénégal sont comme chacune de tes jambes, toutes deux précieuses pour avancer.le grand-père d’Idriss
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Les Voyageurs de la Porte Dorée - Une histoire française des migrations , planche de l'album © Delcourt / Loth / Talamon
Les Voyageurs de la Porte Dorée - Une histoire française des migrations , planche de l'album © Delcourt / Loth / Talamon
Les Voyageurs de la Porte Dorée - Une histoire française des migrations , planche de l'album © Delcourt / Loth / Talamon