 Née le 28 janvier 1873, Sidonie Gabrielle Colette, dite Colette, passe une enfance heureuse et insouciante dans sa maison natal Saint-Sauveur-en-Puisaye. Née de Sidonie Landoy et de Jules-Joseph Colette, elle reçut une éducation féministe et athée…
Détesté au sein du village à cause de son remariage, sa mère s’appliquait à choquer les habitants du bourg, apprenant à sa fille le goût de la provocation et de la liberté, après lui avoir donné celui de l’observation et celui des lettres qui la vit dévorer précocement les grands classiques de la littérature… Mais son père est un piètre gestionnaire et la famille doit quitter cette maison que Colette aimait tant, pour aller vivre à Châtillon-sur-Loing.
C’est là qu’elle fera la connaissance de Henry Gauthier-Villard, dit Willy, qui deviendra son premier mari… Critique musical et écrivain prolifique qui confiait l’écriture de ses œuvres un armée de prête-plume, c’est lui qui poussa la jeune femme à écrire ses souvenirs de jeunesse qu’il publiera en son nom et qui connaîtrons un franc succès… Ell s’affranchit peu à peu de sa tutelle, signant se livres du nom de Colette Willy avant d’embrasser une carrière jugée par certains scandaleuse dans le music-hall…
Cinq années après George Sand - Fille du siècle, Séverine Vidal et Kim Consigny se retrouvent pour composer une passionnante biographie de Colette qui signa une œuvre fascinante et sulfureuse, fut la seconde femme à entrer dans l’académie Goncourt qu’elle présidera et la première à bénéficier de funérailles nationales…
_pl5.jpg) Dans un style évoquant leur précédent album, les deux autrices commencent leur récit par celui de l’enfance de la future écrivaine, dépeignant une époque insouciante, entourées par des parents aimants et iconoclastes qui menaient leur barque à leur façon, faisant naître chez la jeune fille un goût pour la liberté et pour la provocation. Ecrivant d’abord sous le nom de son mari, elle s’en émancipa peu à peu et embrassa plusieurs carrières, d’écrivaine à journaliste, de critique à artiste en passant par fabricante et marchande de cosmétiques ! Elle eut mille et une vie, se laissant guider par ses envies et ses désirs, cédant à la tentation lorsqu’elle se présentait, insaisissable et inclassable, et aimant le parfum du scandale… Elle afficha ouvertement ses amours bisexuels, se moquant des conventions, faisant de l’enfant de son second mari, son amant et continua de coucher par écrit sa vie et ses fantasmes, la liaison avec son beau-fils le sujet d’un livre avant qu’il ne devienne réalité… Et si elle prétendait n’être pas féministe et les avoir en horreur, par sa façon de vivre, elle contribua néanmoins à l’émancipation des femmes…
Plein d’élégance et de sensibilité, e dessin épuré Kim Consigny nous entraîne dans l’intimité de cette femme pleine de vie et d’envie. Elle en signe un portrait remarquable, retranscrivant les émotions et les élans de cette éternelle amoureuse, séductrice souvent et horripilante parfois, déconcertante toujours, qui vécu pleinement chaque instant de sa vie…
_pl7.jpg) Séverine Vidal et Kim Consigny se retrouvent cinq ans après leur fascinant et envoûtant George Sand - Fille du siècle pour signer la biographie d’une femme qui vécut libre, emportée par ses envies et par ses désirs…
Les deux autrices nous esquissent avec délicatesse le portrait d’une femme insaisissable qui connut mille vies et aima sans entraves, faisant fi des conventions et recherchant le parfum du scandale et de la provocation… De son enfance heureuse auprès de parents aimants doté d’une forte personnalité, jusqu’à sa tombe, elle fut tour à tour romancière, journaliste, actrice fabricante vendeuse de cosmétique, fut admirée de Gide, de Valéry, comme de Cocteau…
Epuré et plein d’élégance, le dessin de Kim Consigny donne vie au personnage écrit par Séverine Vidal qui s’appuie comme on l’imagine sur une solide documentation pour mettre en scène le destin peu commun de cette femme qui fut de son vivant une héroïne de roman puisque ses écrits furent en grande parti inspiré par sa propre vie… Quoi de plus normal dès lors qu’elle devienne une héroïne de bande-dessinée ? C’est peu dire que ce Colette nous donne furieusement envie de se replonger dans ses romans !
- J’écris, j’écris, j’écris !
- Toujours pour les ateliers de Willy, avec sa troupe de négrier ?
- C’est vrai que j’ai commencé comme ça, la mignonne secrétaire de « Meûssieu Vili » ! Ses missives sont souvent de moi ! J’ai aussi écrit quelques chroniques musicales dans la Cocarde. Certains disent que j’ai une belle plume.
- Catulle le premier. Il dit que tu dépasses le maître.
- Mais en ce moment, j’étoffe mon roman, Claudine à l’école : c’est inspiré d mon enfance. Mais j’invente beaucoup.dialogue entre Colette et Margueritte Mereno
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