Fiche descriptive
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Chronique | ![]() |





La sorcière du 10 Downing Street
Angleterre. Alors que le pays s’enlise dans la crise, la victoire des Travaillistes aux élections de 1974 fragilise la position de Ted Heath, leader du parti Conservateur. A cause de ses sorties tonitruantes sur la richesse nationale qui serait menacée par la natalité des pauvres, inaptes à élever des enfants, Keith Joseph ne peut prétendre devenir leur chef de file… Il voit en Margaret Tatcher la seule à même d’incarner le renouveau du parti…Briffée par des communicants qui travaillent à changer son image et affiner ses discours, elle remporte le parti en février 1975 et les élections de 1979. A Downing Street, cette fille d’épicier engagera une rupture radicale avec les politiques de ses prédécesseurs : privatisation, bras de fer avec les syndicats, rejet de l’Europe, guerre des Malouines… La Dame de Fer imposera durablement une politique néolibérale, faisant marcher ses alliés à la baguette et dézinguant ses opposant. Adulée par certains, exécrée par les autres, rarement figure politique aura si durablement marqué son temps et infusé ses idées dans l’esprits des politiques ultralibérales… et pas seulement en Angleterre ! une édifiant et caustique immersion dans les années Tatcher Après son édifiant Crétin qui a gagné la Guerre Froide nous racontant la façon dont Ronald Regan a exercé son pouvoir, par ailleurs allié idéologique de Margaret Thatcher, Jean-Yves Le Naour consacre un album à la Dame de Fer dont les idées et les méthodes ont fait (et font toujours !) fantasmer les droites européennes et mondiales… Sans se départir d’un humour caustique, le scénariste et historien s’appuie sur une solide documentation pour composer un portrait lucide et fascinant de celle qui régna d’une main de fer sur Downing Street durant près de onze années et dont le rejet viscéral de l’Europe a accéléré la chute… Le récit s’avère captivant, esquissant le portrait d’une femme forte et sûre d’elle qui a imposé ses vues à l’Angleterre et au monde… Si le récit est truffé d’humour et saillies irrésistibles, il emprunte aussi à nos dirigeants contemporains certaines de leurs formules les plus marquantes, telles celles du ruissellement si chère à notre Président et si peu suivie d’effet ou le slogan « Make United Kingdom Great Again » détourné de celui de l’Agent Orange… On pourrait croire à des anachronismes humoristiques ou de simples clins d’œil décalés de l’auteur. Mais il n’en est rien : il montre de façon décalée combien les idées de Tatcher ont la vie dure et comment sa vision ultralibérale de la politique inspire encore les conservateurs contemporains et orientent leur politique vers la privatisation de pans entiers des services publics ou les cadeaux faits aux plus riches au détriment du bas peuple…Le dessin de Emilio Van der Zuiden est au diapason du scénario enlevé de Jean-Yves Le Naour, s’amusant à poser ça et là des références, telle celle au Raising the flag on Iwo Jima de Joe Rosenthal. Son trait se fait plus épuré, plus anguleux aussi peut-être qu’à l’accoutumée, jouant avec les trames et l’expression de ses personnages pour accentuer, avec un plaisir évident et éminemment communicatif, les répliques cinglantes ou délicieusement décalées de l’Iron Lady. ![]() Après avoir mis en scène les années Regan, Jean-Yves Le Naour nous entraîne dans la décennie où Margaret Tatcher régna d’une poigne de fer sur le 10 Downing Street et sur le monde…Après la défaite du parti conservateur, Ted Heath, alors chef de file des Conservateurs, avait peu de chance de garder sa place. Keith Joseph qui aurait dû lui succéder s’étant attiré les foudres des populations pauvres, c’est à Tatcher qu’échoie de remporter les élections internes. Ce qu’elle fait haut la main avant d’être d’accéder au 10 Downing Street après avoir remporté les élections de 1979… Menant ses alliés à la baguette et dézinguant ses opposant, elle allait profondément transformer la Grande Bretagne en mettant en place une politique néolibérale en réduisant les impôts et les aides au plus démunis, privatisant à tour de bras, mettant au pas les syndicats et laissant sans vergogne les grévistes de la faim de l’IRA mourir… Avec un humour caustique, le scénariste nous esquisse un portrait un portrait lucide et mordant de la Dame de Fer alors qu’elle exerçait le pouvoir, marquant durablement son époque de son empreinte et influença durablement les droites néolibérales européennes et mondiales. Et ce n’est pas par hasard que l’auteur lui prête des expressions ou des mots utilisés par les politiques de nos jours ! Car l’influence de Tatcher se fait encore sentir près de quarante ans après qu’elle eut démissionné de son poste de Premier Ministre et près de treize ans après sa disparition ! Le dessin de Emilio Van der Zuiden est au diapason du scénario édifiant et solidement documenté d’un Jean-Yves Le Naour, comme de coutume très inspiré… La Sorcière qui a changé le monde est un album aussi jubilatoire et intéressant que Le crétin qui a gagné la Guerre Froide du même scénariste… - Eh bien chérie, les sondages te donnent gagnante. Pourquoi ne te réjouis-tu pas ?
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Margaret Thatcher [wikipedia]
Galerie
La Sorcière qui a changé le monde, planche de l'album © Bamboo / Van der Zuiden / Le Naour / Alquier
La Sorcière qui a changé le monde, planche de l'album © Bamboo / Van der Zuiden / Le Naour / Alquier
La Sorcière qui a changé le monde, planche de l'album © Bamboo / Van der Zuiden / Le Naour / Alquier