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Fils de Bourge, le doux printemps 1936
Fils de Bourge, le doux printemps 1936



Fiche descriptive

Roman Graphique

Eric Stalner

Eric Stalner

Eric Stalner

Bamboo

Grand Angle

29 avril 2026


16€50

9791041117789

Chronique
Fils de Bourge, le doux printemps 1936
L’envol de la libellule

À la veille du Front populaire de Léon Blum, dans une petite ville industrielle. François Bompierre a 17 ans et grandit sous l'autorité d'un père brutal, notable fascisant et sous-directeur de l'usine locale. Battu à huis clos, humilié en silence, il rêve de fuite et de liberté.

Lorsqu'il croise une bande de jeunes ouvriers communistes, les rouges , François découvre un autre monde, fait de solidarité, de luttes et de fraternité.

Alors que la grève embrase l'usine et que les tensions politiques s'exacerbent, le combat intime du fils rejoint la révolte collective. Pour François, résister, c'est d'abord apprendre à se libérer.
un excellent album!


L’envol de la libellule
Fils de Bourge, planche de l'album © Bamboo / StalnerNouvellement arrivé dans la région, François Bompierre est né dans une famille bourgeoise… mais sa vie n’a rien d’enviable. Il a grandi sous l’autorité d’un père tyrannique qui le bat sans vergogne à coup de ceinturon… Rabaissé, humilié, il rêve d’envol et de liberté et s’évade lors de balade en vélo dans les environs en attendant la rentrée des classes pour intégrer son nouveau lycée…

Alors qu’il tentait d’escalader une falaise, il est pris à parti par une bande de jeunes qui le voient comme un intrus sur leurs terres… Il défie leur chef. S’il le bat, il pourra rester, s’il perd, il s’en ira… Les mauvais traitements infligés par son père l’on rendu insensible à la peur et il terrasse son adversaire. Adopté par ce groupe de jeunes ouvriers communistes, il découvre un autre monde, fait de solidarité et de fraternité et devient l’ami de Paul, un jeune homme du peuple promis à un brillant avenir en tant que médecin… Mais, alors que la grève gagne l’usine, comment leur avouer que son père, notable fascisant, n’est autre que le nouveau sous-directeur qui les martyrisent et les oppressent ?

Le combat intime de François allait rejoindre celui de ses nouveaux camarades alors que la gauche unie pourrait bien remporter les prochaines élections, malgré les ligues d’extrêmes droites qui gagnent chaque jour du terrain…


Fils de Bourge, planche de l'album © Bamboo / Stalner
la convergence des luttes, de l’intime au collectif
Le scénario d’Eric Stalner s’inscrit dans un cadre précis et joliment retranscrit, avec la montée en puissance des ligues fascistes et l’union des gauches qui s’apprête à remporter les prochaines élections… Cette ambiance délétère n’est pas sans rappeler la période que nous traversons actuellement alors que les médias renvoient dos à dos l’extrême droite et l’extrême gauche, quand ils ne soutiennent pas purement et simplement la droite (très) dure…

On s’attache d’emblée à ce jeune homme qui, derrière les murs de sa maison, vit un véritable enfer : son père qui le tabasse sans raisons, sa mère qui le laisse faire et sa sœur qui semble le mépriser… L’image mentale de la libellule qui l’aide à supporter les coups de son père montre son désir de liberté, son envie de partir loin de cette famille qui ne l’aime pas… Et c’est dans la bande des rouges qu’il allait trouver une famille et la solidarité qui lui fait si cruellement défaut… Alors que tout, sur le papier, les oppose… D’ailleurs, quand l’identité de son géniteur est révélée, il va tout d’abord subir leur rejet, comme si l’appartenance à une classe différente rendait leur amitié impossible… Mais les coups réitérés de son père l’endurcissent peu à peu et il va prendre conscience de sa force et de celle du collectif… La lutte syndicale de ses compagnons va devenir sienne, donnant par la même un sens à sa vie… Le récit aurait pu s’arrêter là, mais le scénariste l’a intelligemment prolongé, jusqu’à la victoire du Front Populaire tout d’abord qui a fait naître un formidable espoir de changement chez la classe ouvrière, et plus loin encore, lorsque défendre des idées nécessitera de risquer sa vie…

Fils de Bourge, planche de l'album © Bamboo / StalnerA travers l’histoire de ce fils de « bourge » et le printemps de tous les possibles, c’est le portrait d’une époque que nous esquisse le scénariste, une époque qui ressemble tragiquement à la nôtre alors que l’extrême droite caracole en tête dans les sondages… A une différence de taille : la gauche ne semble en rien décidée à s’unir pour la contrer, bien au contraire…

On retrouve dans le dessin le style plein d’élégance et générosité si caractéristique du travail d’Eric Stalner dont les crayons donnent vie une fois encore à des personnages lumineux et charismatiques comme au pire crapules capables de tout, surtout du pire, pour arriver à leurs fins. L’attitude volontaire de François est joliment retranscrite, de cette amitié naissance avec le jeune Paul à ce possible amour naissant entre le petit bourge et la jeune bibliothécaire, cousine de son ami… Le cri muet de la dernière planche et qui résonne comme une délivrance nous met indéniablement du baume au cœur… Malgré l’adversité, les clivages, le rejet et la haine, la libellule a enfin pu prendre son envol…

Fils de Bourge, planche de l'album © Bamboo / StalnerDepuis son fascinant Fabien M réalisé avec son frère Jean-Marc, Eric Stalner fait partie de ces auteurs dont on suit les publications avec le plus vif intérêt… C’est donc avec un réel plaisir que nous nous sommes plongés dans Fils de Bourge qui nous entraîne au cœur d’une ville de province dans la France des années 30 qui cheminait lentement mais sûrement vers la guerre…

Agé de dix-sept ans, François Bompierre est né dans un milieu bourgeois et a grandi sous les brimades et les coups de ceinturon de son père auprès d’une mère qui s’appliquait à fermer les yeux… Rêvant de liberté, il s’évade dès qu’il le peut de sa maison pour découvrir la campagne environnant cette petite ville de province où son père, sympathisante fasciste, a été nommé nouveau sous-directeur de l’usine locale… C’est au cours d’une de ces échappées que sa route va croiser celle d’une bande de jeunes hommes de gauche, pour la plupart ouvriers dans l’usine où travaille son père… Comment avouer à ses nouveaux amis qu’il est le fils de celui qui les oppresse ?

Ce nouvel album d’Eric Stalner nous immerge dans une époque troublée où le formidable espoir né de l’union des gauches se télescopait avec l’inquiétude de la montée de l’extrême droite…Ces années 30 ressemblent tragiquement à notre époque, à une déférence, notable : si l’extrême droite est aux portes du pouvoir, la gauche ne semble pas prête à s’unir pour faire front… Le scénario de l’album s’avère tout à la fois poignant et entraînant, avec ce jeune homme qui va peu à peu s’ouvrir au monde, se libérer du carcan familial et tenter de prendre son envol après avoir découvert l’amitié, la solidarité et la fraternité, son combat intime contre son père s’entremêlant avec celui des ouvriers luttant pour une vie digne… Appuyé par une mise en couleur lumineuse qui fait ressortir l’humanité de ses personnages, les compositions de l’auteur nous immergent avec force dans cette France des années 30, à la suite de personnages profondément attachants ou, au contraire, malsains et révulsant. Ses crayons parviennent à retranscrire la naissance d’une amitié, celle d’un possible amour ou la résilience de François qui va au fil des pages effectuer sa mue et prendre son envol et ses distances avec sa famille toxique… La métaphore filée de la libellule et du crapaud confère une dimension symbolique à l’histoire que l’auteur poursuit plusieurs années après ce doux printemps… Fils de Bourge, nouvel album d’Eric Stalner s’avère particulièrement poignant et plus encore en cette zone de turbulence que l’on traverse et qui rentre en écho avec ce captivant récit…


- C’est vrai qu’ici, on est tous concerné par ce qui se passe.
- Je comprends.
- Pour nous, la réalité, c’est la lutte des classes… Le combat éternel des exploités contre les exploiteurs.
- Moi, je ne crois pas en grand-chose. Je m’occupe de moi. Je pense que la vie, c’est chacun pour soi.
- Oh… C’est triste.
- Peut-être.dialogue entre Paul et François

Le Korrigan




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