Fiche descriptive
18€
Chronique | ![]() |





Gabriel’s five
France, 1814. Après la désastreuse campagne de Russie, la Grande Armé n’est plus que l’ombre d’elle-même. Les monarchies européennes se coalisent pour faire tomber l’Aigle…Cinq officiers frères en maçonnerie refusent de regarder l’Empire sombrer sans tenter un dernier baroud d’honneur… Ils comptent capturer une comtesse royaliste, cousine de Louis XVI et soutient fervent du futur Louis XVIII qui détiendrait dans un coffre un véritable trésor et une correspondance secrète qui pourrait permettre à l’Empereur de se maintenir… Mais la comtesse est retranchée dans un château isolé protégée jour et nuit par des soldats russes… Les officiers impériaux planifient l’attaque, fort de leur expérience de la guerre… Mais l’aide de camp du Maréchal Berthier qui les a fait venir n’a pas été totalement franc avec eux : le coup qu’il leur propose se fera sans l’aval de leur Etat Major qui peine déjà à endiguer les désertions… de premières dissensions apparaissent : à quoi sert-il de perdre la vie pour une cause qu’on sait déjà irrémédiablement perdue ? ![]() Mensonges, manipulations et trahisons dans une ambiance crépusculaire Talentueux scénaristes qui aime inscrire ses récits dans la grande histoire, Vincent Brugeas nous entraîne au crépuscule du premier empire pour un récit épique qui emprunte les codes du polar pour les transposer en pleine guerre napoléonienne…Car s’il se passe dans un cadre historique précis, c’est bien d’un braquage dont il s’agit, avec constitution du groupe, élaboration du plan, réalisation et prise d’otage… Avant que tout ne dérape tant à cause des dissensions internes que par la perfidie de la comtesse qui souffle sur les braises de la discorde pour jouer sa propre partition… L’ambiance de ce qui apparait rapidement comme huis clos nerveux, tendu et délicieusement oppressant est indéniablement une grande réussite, le contexte et les relations complexes entre les officiers impériaux se teintant de politique, venant en accentuer avec force la dramaturgie. Une fois encore, Vincent Brugeas fait montre de ses talents de narrateurs avec ce récit solidement structuré qui s’achève sur un épilogue délicieusement romantique dont on connaît l’issue fatale… ![]() Deux ans après Colt & Coal, Mr Fab retrouve Vincent Brugeas pour mettre en image cet étrange mais fascinant huis clos napoléonien… Et le fait est que son trait acéré est tout juste parfait pour mettre en scène cette poignée de soldats désireux de porter un ultime coup aux royalistes à défaut de pouvoir les battre sur les champs de bataille. Le dessinateur possède un sens du découpage confondant qui nous offre de somptueux visuels subtilement mis en valeur par une colorisation fascinante et singulière et un saisissant travail sur la lumière… Mr Fab a une façon très cinématographique de jouer sur les cadrages, avec des plans resserrés pour souligner les états d’âme de l’un ou l’autre des protagonistes ou accentuer l’intensité dramatique d’une scène ou des plans plus large pour poser des ambiances ou dépeindre une séquence d’action ou de poursuite. Baigné dans la brume, les séquences d’escarmouche sont joliment retranscrites mais c’est dans la mise en scènes des dialogues à couteaux tirés qu’il fait montre de sa parfaite maîtrise de la narration graphique. ![]() Deux ans après Colt & Coal, western âpre et violent sur fond de lutte sociale, Vincent Brugeas retrouve Mr Fab pour signer un récit singulier qui emprunte les codes du polar pour les transposer dans une France impériale en déliquescence…Gabriel, colonel et aide de camp du général Berthier a convoqué ses amis francs-maçons pour une mission périlleuse. S’i les armées napoléoniennes ne peuvent plus vaincre sur les champs de bataille, lui et ses amis peuvent encore porter un coup cinglant au camp royaliste en s’emparant du contenu du coffre d’une comtesse, cousine de feu Louis XVI qui œuvre en coulisse pour la restauration des Bourbons… Mais le colonel agit en dehors de tout cadre militaire. S’ils échouent, ils seront des déserteurs et des traîtres, s’ils réussissent, des héros. Mais, alors que l’Empire vit ses dernières heures, de premières dissensions apparaissent entre les anciens frères d’arme… Construit comme un récit de braquage avec constitution du groupe, planification du coup, réalisation et dérapage incontrôlé, le scénario de Vincent Brugeas s’inscrit néanmoins dans un cadre historique précis qui accentue avec force la dramaturgie du récit. L’album est porté par des personnages complexes et tortueux ayant chacun leur vécu, leur conviction et leur caractère bien trempé et leurs interactions explosives faisant tout le sel de ce huis clos nerveux et délicieusement oppressant… Les crayons et le sens du découpage incisif et percutant de Mr Fab font merveille pour retranscrire toute la tension et l’intensité de l’histoire d’autant que sa mise en couleur faisant la part belle aux jeux d’ombre et de lumière en souligne avec force les ambiances… Mêlant avec audace les codes du polar et de la BD historique, Braquage à la hussarde est un album romanesque et haut en couleur qui s’achève sur un épilogue savoureux et une fin, tragique, joliment esquissée… Mes Frères, je dois vous faire une confession. L’Etat Major n m’a donné aucune autorisation, mes ordres sont des faux. Je vous ai fait venir sur ma propre initiativ.dialogue entre
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