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Le Pépère
Le Pépère



Fiche descriptive

Policier

Emmanuel Moynot

Emmanuel Moynot

Emmanuel Moynot

Glénat

1000 Feuilles

15 avril 2026


19€

9782344069318

Chronique

À Bordeaux, Pépère mène une vie en apparence tranquille. À un détail près : Pépère est un assassin.

La première fois, il n’a pas fait exprès : la dame de l’agence immobilière est venue. Elle voulait le virer, raser sa vieille maison décrépite pour y construire un immeuble. Ça ne lui a pas plu à Pépère. Il n’était pas content, il l’a poussée et elle s’est empalée sur le grand portemanteau en fer forgé. Elle a bien mis six heures à crever. Il l’a descendue à la cave et il a creusé. En remontant, il a vu la tache de sang sur le mur.

Jamais il ne pourrait retrouver le même motif de papier peint. Ça n’allait plus ressembler à rien, cette entrée… Puis ce fut au tour de la voisine et de la charmante cliente de la poste de subir le même sort. Car Pépère a pris goût au sang.

Mais le jour où il croise la route de Vanessa, une punk à chien qui va de vol en racket, rien ne va se passer comme prévu ! Quand elle débarque dans la maison de ce petit vieux aux airs inoffensifs, c’est avec la ferme intention de l’escroquer. Mais tout peut basculer… Quand les bas instincts se réveillent, plus personne n’est à l’abri de finir six pieds sous terre…
un excellent album!


Fallait pas l’emmerder !
Braquage à la Hussarde, planche de l'album © Glénat / Mr Fab / BrugeasBordeaux… La première fois, Pépère ne l’a pas fait exprès. Une dame d’une agence immobilière est venue pour racheter la maison où il est né afin de la raser et y construire un immeuble. Elle se moquait de la décoration datée et de l’état vétuste de la maison. Alors Pépère s’est énervé et l’a poussé. Elle s’est empalée sur le portemanteau. Elle a mis du temps à mourir. Pépère l’a enterrée dans la cave. Le plus pénible c’est le sang sur le mur. La tapisserie doit être introuvable et ça gâche un peu qui ne ressemble plus à rien…

La seconde fois, c’était une cliente de La Poste où il travaille. Elle n’était pas très fûtée et il l’aidait à l’occasion à gérer ses découverts. Elle s’est invitée chez lui pour lui faire à manger pour le remercier… Et elle a voulu faire des trucs. Pépère l’a tuée et enterrée avec l’autre…

Et puis sa route a croisé celle de Vanessa, une punk à chien sans chien. Elle était bien gentille. Elle l’a même aidé une fois à se défendre contre un malade… Mais lorsqu’il comprend qu’elle cherche à l’escroquer, il est bien décidé à l’envoyer rejoindre les autres à la cave… Mais elle traîne avec un type louche pas vraiment commode…


Le Pépère, planche de l'album © Glénat / Moynot
un récit noir et poisseux qui met en lumière la misère humaine
Emmanuel Moynot explore une nouvelle fois les tréfonds de l’âme humaine avec ce personnage solitaire dont il dépeint la vie morne et déprimante dans un décor figé depuis de trop longue années.

Mais Pépère n’est un pas un vieux retraité ordinaire : c’est un assassin. Pépère, clairement, faut pas l’énerver. Sa première fois n’était pas planifiée, c’est venu par hasard… Et il a pris goût au sang. Et les mortes se sont entassé dans sa cave, sans que l’on soupçonne ce célibataire endurcit, sociopathe patenté, manquant cruellement d’empathie et n’ayant aucune once de remords… Les amateurs de polars se souviendront avoir déjà croisé Pépère dans une nouvelle graphique publiée dans Le Crime Parfait, album collectif regroupant autant de scénaristes chevronnés que de dessinateurs virtuoses. D’ailleurs le petit couple qui allait donner tant de fil à retordre à Pépère étaient lui aussi déjà de la partie… Le Pépère, planche de l'album © Glénat / MoynotAvec cet album, l’auteur reprend son court métrage graphique pour en faire un long métrage, plus sombre et ténébreux encore puisqu’il prend le temps de peaufiner le portrait de Pépère, de nous expliquer par petites touches son tortueux passé, s’attardant notamment sur le début de sa carrière de serial killer… Et si vous trouvez le personnage de Pépère un peu déprimant, attendez la fin… Il y a toujours possibilité de creuser en dépit de la certitude d’avoir déjà atteint les tréfonds de l’âme humaine.

Le dessin est au diapason de l’histoire, drôle, tragique et pathétique, comme le souligne Pascal Rabaté dans son excellente préface… Les personnages ont la gueule de l’emploi, de ce vieux en apparence ordinaire à Vanessa, parfaite en punk junkie sans gêne… Le travail sur les dialogues, percutants et mordants de cynisme, renforce l’atmosphère de cette histoire, guère optimiste sur la nature humaine… Les décors quant à eux sont tout juste parfait, de la déco désuète de la maison de Pépère à l’ambiance des rues de Bordeaux joliment retranscrite…

Le Pépère, planche de l'album © Glénat / MoynotEmmanuel Moynot nous entraîne dans une plongée dans les eaux troubles de notre désespérante humanité…

Bordeaux. De nos jours ou peu s’en faut. Retraité de La Poste, Pépère ressemble à un vieillard ordinaire. Il vit seul dans la maison de ses parents… Ce que tout le monde ignore, c’est que Pépère est un assassin… un sériel killer même… Sa première victime, il la doit au hasard… C’était une dame travaillant pour une agence immobilière qui désirait racheter sa maison et le jardin pour tout raser et y construire un immeuble… Même l’arbre qu’il a planté avec son père… Pépère, ça l’a énervé, alors pour la faire taire, il l’a poussé et elle s’est bêtement empalée sur un portemanteau. Elle a mis longtemps à crever. D’autres l’ont rejointe au fil des ans… Pépère, il a vite pris le goût du sang…

Porté par le trait semi-réaliste de l’auteur et une mise en couleur glaçante, Pèpère nous entraîne dans les bas-fond de l’âme humaine, avec un humour délicieusement grinçant, un cynisme jubilatoire et une noirceur fascinante… Reprenant la trame d’un nouvelle graphique parue dans l’excellent album collectif Le Crime Parfait, Emmanuel Moynot nous raconte la vie triste et monotone d’un vieux célibataire endurcit qu’il ne faut pas trop chercher, sous peine de finir dans la cave, six-pieds sous terre, en charmante compagnie… Usant de ses crayons comme d’un scalpel, l’auteur dissèque sans vergogne la France profonde comme Claude Chabrol aimait disséquer l’hypocrisie de la bourgeoisie… Le Pépère est un album décalé et délicieusement dérangeant qui nous entraîne bien loin des sentiers battus.


Là où j’étais embêté, c’est pour la tapisserie. Jamais je ne pourrais trouver le même motif de papier peint. Ça n’allait plus ressembler à rien, cette entrée.Pépère
Le Korrigan




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