Fiche descriptive
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Chronique | ![]() |





Siège et romance
Le traité de Troyes a fait du roi Henri V d’Angleterre l’héritier légitime de la couronne de France au détriment de Charles, le dauphin, fils de Charles VI et d'Isabeau de Bavière. Mais sa mort prématurée laissait la couronne d’Angleterre à un bébé et la régence des deux royaumes au Duc de Bedford. Charles VII se replie à Bourges et reprend la lutte contre les anglais avec le soutien des écossais…Les années ont passé et la guerre dont on dit qu’elle dura cent ans s’est poursuivie. Les armées anglaises s’apprêtent à faire le siège d’Orélans, faisant fi du droit féodal qui interdisait d’attaquer la ville d’un Seigneur captif. Si la ville tombe, ça en sera fini du Petit Roi de Bourges. Mais la cité fortifiée s’est préparée à résister et les troupes du truculent Capitaine Etienne de Vignoles, dit la Hire, s’apprête à gagner la ville pour organiser sa défense… En chemin il croise Jehan, maître artilleur lorrain, envoyé par Yolande d’Aragon qui tient Angers, pour participer à la défense d’Orléans. C’est durant le siège qu’il mettra au point sa coulevrine, ancêtre de l’arquebuse, qui causera bien des dégâts dans les rangs anglais. Bien préparée et bien défendue par une solide enceinte, Orléans a les moyens de résister, mais pour combien de temps ? Contre toute attente, Thomas Montagu, Comte de Salisbury, et son armée attaque par le sud et s’empare rapidement des Tournelles, coupant la route entre Bourges et Orléans. Il n’a pas le temps de fêter sa victoire : un boulet lui arrache une partie du visage… Malgré les errances de l’armée anglaise, les français ne parviennent pas à prendre l’avantage et le siège s’enlise… ![]() un récit historique passionnant mêlant fiction et Grande Histoire Dans l’imaginaire populaire, le siège d’Orléans est associé à la figure de Jeanne d’Arc qui le fit lever… Mais on oublie trop souvent que le siège commença bien des mois avant sa venue…S’associant à Laurent Vissière, France Richemond, scénariste des captivants La Couronne de Verre et du Trône d’Argile (avec Nicolas Jarry), nous entraîne au cœur de ce siège où s’illustrèrent le truculent La Hire et son indissociable compagnon Jean Poton, seigneur de Xaintrailles, qui devinrent tout deux après le siège de fervents compagnons d’armes de la Pucelle… Et l’on y découvre aussi Jehan, maître artilleur lorrain et qui aurait inventé la coulevrine durant le siège d’Orléans et qui est le personnage central de ce récit. Pour rendre le récit plus captivant, les auteurs lui ont inventé une romance avec une dame de la ville dont on est sans nouvelle du mari, notable, sans doute mort lors d’un raid anglais… Ce fil rouge conduira le lecteur de son arrivée dans la ville assiégée à la fin du siège, le destin individuel de Jehan et le destin collectif de la cité d’Orléans s’entremêlant de façon inextricable. Le caractère truculent de la Hire, ses insultes jetées à l'ennemi, l'étrange courtoisie entre les chefs assiégeant et assiégés, les sorties inconsidérées de la chevalerie française, la facilité de faire entrer des convois de ravitaillements dans la ville, le jeu trouble du Duc de Bourgogne, les anecdotes truffant le récit, le soin apporté aux dialogues… tout cela contribue à rendre le scénario passionnant et la lecture particulièrement captivante…En outre, le dessin de Filippo Cenni, joliment mis en valeur par les couleurs de Panaiotis Kruklidis et Simone Boni est de haute tenue… Ses planches nous immergent dans cette première moitié du XVe siècle en cette fin de Guerre de Cent Ans qui verrait une jeune bergère entrer dans l’histoire… Les crayons du dessinateur italien reconstituent avec précision la vie quotidienne des hommes et femmes de l’époque, donnant chair à La Hire, à Xaintrailles comme à Jeanne d’Arc, qu’on surnommera la Pucelle d’Orléans. Basé comme le scénario sur une solide documentation, l dessinateur redonne vie à la cité fortifiée avec force détails, montrant l’inquiétude de la population ou l’espoir soulevé par la venue de l’envoyée de Dieu venue délivrer la ville de l’envahisseur anglais. ![]() France Richemond et Laurent Vissière nous invitent derrière les murailles d’Orélans, assiégée par les troupes anglaises qui voulaient s’assurer le contrôle d’un des ponts enjambant la Loire… Car si l’imaginaire collectif fait du lever du siège de la ville le premier fait d’arme de Jeanne d’Arc, le siège proprement dit a commencé six mois avant sa venue…Quatre années après la cinglante défaite de Verneuil, Jehan, Maître artilleur de Yolande d’Aragon, croise l’armée de Capitaine Etienne de Vignoles, dit La Hire, qui fait route vers Orléans qui se prépare à soutenir un siège. La ville s’y prépare depuis longtemps mais commandée par Salisbury, l’armée anglaise qu’on pensait voire attaquer par le nord, arrive par le sud et s’empare facilement des Tournelles avant d’être fauché par un boulet d’une bouche à feu française… Le siège d’Orléans peut commencer… S’appuyant comme il se doit sur une solide documentation et le somptueux travail graphique de Filippo Cenni qui redonne vie avec force détails à l’Orléans du XVe siècle, France Richemond et Laurent Vissière nous offrent un récit historique épique et fascinant truffé d’anecdotes authentiques, nous faisant revivre les heures les plus marquantes du siège… Le soin apporté aux dialogues, les personnages truculents et hauts en couleur de La Hire ou de Xaintrailles, le jeu trouble du Duc de Bourgogne, l’étrange facilité avec laquelle la ville est approvisionné malgré le siège, les sorties futiles et dangereuses de la chevalerie française, les dialogues rythmés et entraînants, la romance entre l’artilleur et la femme d’un notable de la cité qu’on pense mort et qui sert de fil rouge à l’album… Tout contribue à rendre la lecture de ce premier tome d’Assiégés qui s’intéresse plus aux habitants de la ville qu’à la dimension stratégique du siège en tous points passionnante… Le second opus de la série, qui nous conduira au cours du siège de Beauvais, attaqués par les armés du puissant Charles le Téméraire, est d’ores et déjà très attendu de par chez nous… - Je ne comprends pas pourquoi les godons s’obstinent à nous assiéger par le sud. Ils sont fous ses anglais !
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Série & fiches liées
Liens
Le Siège d'Orléans [Wikipedia]
Galerie
Assiégés, Orléans, planche de l'album © Delcourt / Cenni / Richemond / Vissière / Kruklidis / Boni
Assiégés, Orléans, planche de l'album © Delcourt / Cenni / Richemond / Vissière / Kruklidis / Boni
Assiégés, Orléans, planche de l'album © Delcourt / Cenni / Richemond / Vissière / Kruklidis / Boni