 New York, 1876. Fils de banquier, Newland Arrow, treize ans, vient de perdre sa mère. Le jour de son enterrement, incapable de supporter le regard brisé de son père, il part, seul, errer dans les rues de la ville, pour oublier son propre chagrin.
Il est pris à partie par une bande de gosse des rues qui souhaite lui faire les poches… Une course poursuite s’engage alors dans les ruelles. Arrivant à la gare, il saute dans le premier train en partance pour ailleurs, suivi par deux de ses poursuivant qui veulent le contraindre à sauter du train en marche… Il est sauvé par un hobo au visage taillé à la serpe. Le colosse se prénomme Arizona Joe et devient son compagnon de route, lui apprenant son mode de vie itinérant, vivant de menus larcins, de bars miteux en établissement louche et lui enseignant à se battre… Mais, après bien des péripéties, Arizona Joe tombera sous les coups d’une bande, obligeant Newland à retourner vivre chez son père…
Les années passent. Newland est désormais un solide gaillard qui travaille dans la banque de son père, continuant à boxer à l’insu de son paternel qui prend du laudanum pour noyer sa tristesse et sa mélancolie. Mais sa petite vie d’employé de banque est bientôt trop étriquée… Alors qu’il rentrait chez lui à pied, le sifflement d’un train lui donne des envies d’ailleurs… Il court, saute dans un wagon… et se sent enfin revivre…
 L’éclectique Stéphane Piatzszek est de retour pour un récit d’aventure aux accents dickensien mais dont le héros est un gamin issu de la haute bourgeoisie newyorkaise…
Orphelin de mère fuyant une bande de gosses des rues, il va répondre sans le savoir à l’appel de l’aventure qui allait l’extirper d’un destin qui semblait, dès sa naissance, tout tracé. Car si c’est par hasard qu’il est monté dans un train qui quittait la gare de New-York, croisant la route du charismatique et imposant Arizona Joe, ce qu’il a vécu à ses côtés l’ont profondément changé, lui ouvrant de nouveaux horizons, lui qui n’avait jusque-là jamais été vraiment plus loin que la Cinquième Avenue… Son amitié avec le hobo allait lui donner le goût des défis et de l’aventure… Est-ce pour cela qu’il a pris pour habitude dans les endroits interlopes et malfamés des quais ? Sans doute… C’est en tout cas là qu’il rencontre Sadie la Chèvre qui le fera chanter pour ne pas qu’elle révèle à son paternel les activités louches auquel il se livre après le travail… Mais, alors qu’il s’efforce de sortir des rails que d’autres ont posé pour lui, il va recroiser la route d’Ellen Stillverston dont la beauté le fascine… Lorsqu’ils étaient enfants, ils s’étaient promis un amour éternel et la revoir a suffi pour raviver sa flamme… Mais, nourrissant l’ambition de devenir la première femme banquière de New-York, la belle est déjà fiancée à Alfred Beaufort, son cousin, dont la famille possède une banque florissante… Et le jeune homme épris de liberté désirant infléchir les lignes de fuite de sa vie est encore loin bien d’être au bout de ses peines… Le drame va à nouveau frapper à sa porte…
 Avec ce nouveau dytique, le scénariste nous propose un road-movie ferroviaire aux accents de tragédie humaines à la suite d’un jeune homme épris de liberté et de changement dans le sillage de qui le lecteur va découvrir l’Amérique des hobos et des laissés-pour-compte qui contraste avec le faste d’une ville en pleine expansion qui voit naître de grandes fortunes financières. Extirpé de son cocon familial, Newland Arrow va, en compagnie d’Arizona Joe, découvrir cette face sombre de l’Amérique qui connaît sa première grande crise financière. Ce voyage initiatique et leur relation poignante qui font du hobo un père de substitution allaient bouleverser profondément le gamin et le marquer durablement, le laissant, peut-être à jamais, écartelé entre deux mondes, l’un marginal, pauvre et miséreux, l’autre riche et opulent…
Une fois encore, le dessin fiévreux et fascinant de Fabrice Meddour nous envoûte dès les premières pages… Dès la couverture même ! Somptueuse et foisonnant de détails, ses couleurs sépia évoquent une photo d’antan, immergeant d’emblée le lecteur de l’époque, avec cette ruelle grouillante et ce gamin courant sur un pont derrière un train pour monter à son bord… Réalisée en bichromie, la première partie de l’histoire renforce cette impression, la couleur étant réservée aux cheveux roux du jeune héros, attirant l’œil du lecteur vers ce personnage dont les émotions sont retranscrites avec une facilité désarmante… La couleur n’apparait que dans la seconde partie de l’ouvrage, celle où l’on retrouve Newland, devenu désormais un jeune homme qui cherche sa place dans ce monde, comme si la première partie était les souvenirs d’enfance qui remontaient à la surface alors qu’il boxait avec un camarade étudiant. Les pinceaux du dessinateur donnent vie ce monde tout en contraste et à une foule de personnages bigarrés qui évoluent dans des décors joliment retranscrits. Son travail sur la lumière est une fois encore saisissant et contribuent à poser l’atmosphère romanesque et mélancolique si particulière qui baigne ce premier tome…
 La plume alerte de Stéphane Piatzszek s’associe aux pinceaux fascinant et fiévreux de Fabrice Meddour pour un récit poignant qui nous entraîne dans le New-York de la fin du XIXe siècle…
Le jour de l’enterrement de sa mère, ne pouvant plus supporter le regard brisé de son père, Newland Arrow, treize ans, erre dans les rues de New-York lorsqu’il est pris à partie par une bande de gosse des rues. Une course poursuite s’engage alors et, pour leur échapper, le gamin saute dans le premier train où il reçoit l’aide d’un colosse charismatique : Arizona Joe. Le hobo va lui donner le goût de la liberté, lui apprenant à vivre d’expédients et à se battre… Lorsqu’il trouve la mort, Newland n’a d’autre choix que de retourner chez son père qui noie son chagrin dans le laudanum… Les années passent. Newland travaille à présent comme employé dans la banque de son père… Mais cette vie étriquée ne lui convient pas et il se met régulièrement en danger en s’adonnant à des combats clandestins… Jusqu’à ce qu’il recroise la jeune femme avec qui ils s’étaient, enfant, juré un amour éternel…
Avec ce premier tome, Stéphane Piatzszek pose les bases d’un diptyque prometteur. Le scénariste a su trouver le parfait équilibre entre aventure, chronique sociale et quête intimiste… La première partie de l’album est un grand flashback dans lequel le lecteur découvre le personnage principal de l’intrigue, et sa rencontre fortuite mais déterminante d’Arizona Joe, un hobo qui aillait lui faire découvrir de nouveaux horizons… Se déroulant des années après, la seconde partie nous dépeint le jeune homme qu’il est devenu : il a soif d’ailleurs et ne peut se résoudre à cette petite vie étriquée à laquelle sa naissance le destinait… Le dessin fascinant de Fabrice Meddour pose avec art le décor, soulignant le fossé qui sépare la haute bourgeoisie newyorkaise du bas peuple auquel appartenait Arizona Joe qui a été, pour un temps, le père de substitution de Newland Arrow… Son travail sur la lumière s’avère saisissant et souligne avec art les états d’âme des différents protagonistes de l’histoire… Il nous tarde de lire la suite et fin de ce récit d’aventure intimiste se déroulant à l’époque où se sont constituées de grands empires financiers et porté par ce jeune homme attachant, écartelé entre deux mondes et qui peine à trouver sa place dans la société…
- Je croyais que ce bon Dieu de train n’allait jamais partir hobo.
- un hobo ? c’est quoi ?
- Un gars qui préfère bourlinguer plutôt que de s’échiner au turbin…
- Alors, t’es un hobo kid ?
- Non… Je vais à l’école.
- Ben on dirati que t’as pas pris la bonne route ce matin.dialogue entre Arizona Joe et Newland
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