 Choisy-Le-Roi, 1942. Alors que l’alerte invitant les habitants à se réfugier dans un abri retenti au milieu de la nuit, Folco, adolescent italien qui a quitté l’Italie fasciste avec toute sa famille, rêvant de liberté et d’honneur, bercé par les chants révolutionnaires de son pays natal, informe son petit frère qu’il s’apprête à partir pour lutter contre Mussolini.
Milan, avril 1945. Les troupes américaines débarquées en Sicile en juillet 1943 s’apprêtent à prendre Milan. L’archevêque de la ville, le cardinal Schuster, tente une ultime médiation entre le Comité de Libération Nationale et Benito Mussolini, chef de la République italienne depuis septembre 1943 et fervent allié d’Hitler. Le Duce sera accompagné de Graziani, commandant suprême des armées et jusqu’auboutisme…
Affabli, indécis, paranoïaque et de plus en plus isolé, Mussolini et le CNL ne parviennent pas à trouver l’ombre d’un accord. Mussolini compte sur les renforts de trois mille chemises noires promis par Graziani et espère encore pouvoir sauver Milan mais ses espoirs seront vite balayés…
 Avec son Mussolini prévu en deux tomes, Patrice Perna nous entraîne dans les coulisses ders derniers jours de Mussolini. Alors que le Reich vacille et qu’Hitler, réfugié dans son bunker, tente de repousser la fin du Reich, Benito Mussolino, réinstallé par les allemands en 1943 après avoir été démis par son propre parti, doit faire face à l’avancée inexorable des alliés et à une violente guerre civile contre les partisans antifascistes italiens.
Sa situation devient rapidement intenable et, l’entretien organisé dans la villa de l’archevêque n’ayant rien donné, Mussolini quitte Milan, hésitant encore entre les différentes options s’offrant à lui et devant alors que le Führer exige qu’il soit escorté jusqu’à Merano par un détachement de la Wechmacht… Le Duce n’est plus libre de ses mouvements… L’intensité dramatique de ce fameux entretien est remarquablement bien retranscrite, la tension entre les différents protagonistes se faisant presque palpable grâce à des dialogues finement ciselés et une mise en scène savamment orchestrée… Pendant ce temps a lieu un soulèvement général des partisans du CNL, hypothéquant plus encore l’avenir du Duce, bientôt rejoint par sa maîtresse, Claretta Petacci… Au milieu de ce chaos, un agent britannique tente de retrouver le chef déchu de l’Italie… Mais ils souhaitent surtout mettre la main sur des documents compromettants pour son premier ministre, Winston Churchill…  S’ils tombaient entre de mauvaises mains, ils pourraient faire l’effet d’une bombe… Solidement documenté, le récit de Patrice Perna s’avère nerveux, romanesque et entraînant, reconstituant avec force les derniers jours du Duce qui, on le sait, sera mis à mort quelques heures avant le suicide d’Hitler…
Joliment mis en valeur par les couleurs de Florence Fantini dont les teintes sépias entraînent avec finesse les lecteurs dans cette ambiance fin de règne, le dessin de Malo Kerfriden fait revivre avec force les dernières heures de celui qui soutint Hitler dès 1940 mais qui connut bien des revers, tant militaires que politiques. La couverture, fascinante, nous montre un Mussolini encore sûr de lui, alors que les partisans antifascistes se soulèvent contre son régime chancelant et que l’Allemagne nazie vit ses dernières heures… Celle du second tome le montrera abattu et résigné, attendant la mort… Le travail du dessinateur sur les contrastes accentue la dimension profondément tragique du récit qui nous conte la chute et les dernières heures d’un tyran qui dans quelques jours sera abattu par son peuple… A qui le scénariste fera-t-il endosser l’exécution de Mussolini, les historiens s’interrogeant encore sur les circonstances exactes de sa mort et sur la main qui tenait l’arme qui l’a tué ?
 Reprenant comme des paroles d’un champ communiste révolutionnaire italien, Avanti Popolo amorce un diptyque aussi fascinant que glaçant qui nous raconte les dernières heures de Mussolini…
L’entretien organisé par l’archevêque de Milan entre lui et les représentants du Comité de Libération Nationale, le Duce décide de quitter Milan pour gagner Côme, berceau de sa culture, de sa langue et de sa civilisation… Mais les autorités allemandes ne l’entendent pas de cette oreille et désirent, suivant les ordres d’Hitler, l’escorter jusqu’à Merano… Alors que les partisans du CNL amorce un soulèvement général, un agent britannique a pour mission de mettre la main sur des documents qui, s’ils tombaient entre de mauvaises mains, pourraient s’avérer être compromettants pour le premier ministre Wiston Churchill… Bientôt rejoint par sa maîtresse, la sulfureuse Claretta Petacci, Mussolini marche vers son destin…
Solidement documenté et mis en scène avec force par le trait réaliste de Malo Kerfriden et les couleurs sépia de Florence Fantini, le récit de Patrice Perna s’avère passionnant, dépeignant presque heure par heure les hésitations et les revirements d’un tyran qui se sait vivre ses dernières heures et qui s’apprête à récolter la haine qu’il a semé durant son exercice du pouvoir. L’ambiance fin de règne qui baigne le récit s’avère être formidablement bien retranscrite et chaque personnage apporte sa pierre au récit, du jusqu'au-boutiste de Rodolfo Graziani aux atermoiements de Mussolini, de l’intransigeance de l’officier nazi chargé d’escorter le Duce en passant par les partisans, l’agent britannique ou cet immigré italien revenu dans son pays natal pour combattre le fascisme et dont on se doute que son destin va venir percuter celui de Mussolini… Ce premier opus nous conduit jusqu’à l’arrestation de Mussolini que le déguisement en uniforme allemand n’a pu soustraire partisans du CNL, ferment décidés à en finir avec le fascisme…
Voyez-vous, Graziani, je n’ai pas peur de la mort. Mais je refuse d’être exhibé comme un trophée et que mon cadavre soit livré à la foule comme un butin.Mussolini
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