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Nos cœurs noirs de suie
Nos cœurs noirs de suie



Fiche descriptive

Science-Fiction

Joni Hägg

Stipan Morian

Stipan Morian

Morgen

1er juillet 2026


22€90

9782387250438

Chronique
Nos cœurs noirs de suie
glaçante dystopie

Tentaculaire cité du Grand Nord, la Coalition est gouvernée par le cruel gouverneur Glass et ses sbires industriels.

Le charbon est y vital, et pour ses travailleurs, comme la jeune Peggy Stones, la vie est rendue difficile à cause des quotas de production iniques. Pour obtenir du charbon supplémentaire en fin d'année, il faut mal agir, tous les jours !

Emprisonnée à tort puis exilée de force, le combat pour rétablir la vérité de Peggy ne fait que commencer…
un chef d'oeuvre!


glaçante dystopie
Nos cœurs noirs de suie, planche de l'album © Morgen / Morian / HäggL’Anthracité est une ville tentaculaire construite dans le désert glacé du grand nord et gouvernée d’une poigne de fer par le cruel Glass et ses sbires…

La suie issue de la combustion du charbon, recouvrent les rues et les âmes. Des ouvriers travaillent comme des damnés pour alimenter les fourneaux en houille afin d’assurer la survie de la cité et l’empêcher de se faire dévorer par les glaces. Mais cela ne suffit pas. Le Baron qui approvisionne la cité en charbon exige que les habitants d’Anthracite fassent leur quota de mal, volant, insultant, cognant tout au long de l’année pour être mauvais comme l’exige sa loi…

Mais Peggy refuse de se plier aux injonctions des gardes du Gouverneur Glass et se moque bien d’atteindre ses quotas. Sa bienveillance lui vaut d’être jetée au cachot plus souvent qu’il ne faut. Mais elle n’en a cure… Elle va s’évader avec une poigné d’activiste et accepter une périlleuse mission : affronter la morsure du froid et marcher vers le nord pour trouver le Baron, seul à même à briser le cycle de violence dans lequel sombre Anthracité… Mais existe-t-il vraiment ou n’est-il qu’un mythe forgé par le gouverneur ?


Nos cœurs noirs de suie, planche de l'album © Morgen / Morian / Hägg
allégorie du capitalisme qui oppresse les corps et asservit les âmes…
La somptueuse couverture de l’album et son bleu profond accroche d’emblée le regard avec cette jeune fille qui marche avec détermination dans un environnement qu’on devine hostile… S’inscrivant dans une veine poétique, le titre claque lui aussi, donnant d’emblée le ton de cette dystopie fascinante, allégorie du capitalisme exacerbé et du pouvoir qui oppresse et corrompt tout…

Les compositions de Stipan Morian s’avèrent fascinantes, esquissant les contours d’un univers inquiétant régit par des règles amorales… Ses couleurs singulières, de ce bleu intense et glacé à ces flammes incandescentes qui semblent être la projection de la lutte que se livrent le vieux et le nouveau monde qui pourrait émerger du chaos, enveloppent le lecteur et le transportent et l’immergent dans le récit de façon bougrement convaincante… On sent que le dessinateur a fait ses premières armes dans l’animation, tant par le soin apporté à l’apparence de ses personnages que par sa façon de les faire se mouvoir et l’impact de ses cadrages, virtuoses, qui accentuent l’aspect romanesque de c récit baignant dans une ambiance pré-révolutionnaire… Nos cœurs noirs de suie, planche de l'album © Morgen / Morian / HäggS’inscrivant dans la mouvance steampunk teintée de folklore nordique, les décors s’avèrent délicieusement expressionnistes et l’émotion affleure dans chaque séquence, de la sombre désespérance au fol espoir incarné par cette jeune femme qui va faire émerger une vérité qui viendra contredire la parole officielle et semer le germe du doute…

Mais s’il est fascinant graphiquement, le récit s’avère l’être tout autant dans sa narration littéraire et baroque. Les récitatifs ciselés et poétiques de l’auteur finlandais Joni Hägg apportent un éclairage salutaire sur l’univers dans lequel se déroule son histoire, portée par des personnages iconoclastes… Si le Gouverneur Glass impressionne par sa stature imposante et ses rictus monstrueux, le Baron, qu’on prétend à l’origine des lois iniques régissant l’Anthracité, semble lui presque débonnaire, avec ses allures de Père- Noël bienveillant… Peu à peu s’esquisse une autre vérité qui vient faire vaciller notre représentation du monde alors que nous sont dévoilés les origines du mal qui ronge la cité et asservit le peuple, la soif de pouvoir et de richesse du Gouverneur semble inextinguible, le poussant à exploiter la misère des habitants d’Anthracité en usant et abusant de ces fameux censément imposés par le Baron… Derrière le voile de science-fiction, rétrofuturiste recouvrant le récit, on perçoit l’ombre oppressante du capitalisme et de la quête exacerbée du profit qu’il génère, sacrifiant et broyant l’humain pour servir ses noirs desseins…

Nos cœurs noirs de suie, planche de l'album © Morgen / Morian / HäggAvec Nos cœurs noirs de suie au titre sombrement poétique, Joni Hägg et Stipan Morian nous invitent dans un univers dystopique mêlant steampunk et folklore nordique…

Ville érigée au cœur du désert de glace du grand nord, l’Anthacité ne survit que grâce au charbon du Baron. En échange il exige des habitants de la cité qu’ils remplissent leurs quotas et œuvre à répandre le mal dans les ruelles tentaculaires de la cité dirigée d’une poigne de fer par le cruel Gouverneur Glass chargé de faire respecter les volontés du Baron… Refusant de remplir ces sinistres quotas, Peggy a été jetée dans les geôles de la ville où elle rencontre des révolutionnaires désireux de mettre à bas ce système inique. Après une évasion spectaculaire, elle accepte la mission de marcher vers le nord pour y trouver le Baron et lui exposer les malheurs d’Anthracite et de ses habitants… Mais, au fil de sa route, le doute s’insinue dans son esprit : existe-t-il ou n’est-il qu’un mythe ?

Porté par les compositions somptueuses du virtuose dessinateur croate Stipan Morian qui a fait ses armes dans l’animation et donne vie à des personnages charismatiques et fascinants évoluant dans des décors grandioses, le récit du poète et auteur de BD finlandais Joni Hägg est une puissante allégorie du capitalisme exacerbé qui broie les âmes et meurtri les corps, le Gouverneur imposant ses sinistres quotas aux habitants d’Anthracite pour assurer sa main mise sur le charbon, désignant le Baron comme coupable des vilénies qu’ils sont contraints de faire en échange du précieux charbon, garant de la survie de la cité. Le feu des fourneaux se heurtent à l’air glacé du grand nord pour poser des ambiances romanesques où l’espoir affronte la misère et l’oppression… La quête dérisoire de Peggy va faire émerger une vérité à même d’ébranler les certitudes les plus ancrées et faire vaciller le pouvoir tyrannique du Gouverneur qui asservi et oppresse son peuple pour servir ses noirs desseins…


Chaque jour, je m’éloigne un peu plus de chez moi et, je le crains, de moi-même. Je me dirige vers le nord, vêtue des habits d’un autre. A jour un rôle dans le plan d’une autre. Mythes et légendes, racontars et demi-vérité qui ne pèsent pas lourd. Mais c’est toujours comme ça. Une raison de tenir bon. Pour Marie et ses amis, je trouverai le Baron et j’arrêterai le jour de chauffe si je le peux. J’ai trouvé les miens. Pour une fois, je partage l’espoir avec d’autres.dialogue entre

Le Korrigan




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