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Naïs



Fiche descriptive

Album pour Enfant

Éric Stoffel (d'après le film de Marcel Pagnol, adapté de la nouvelle Naïs Micoulin d'Emile Zola)

David Ratte

Atomix, David Ratte

Bamboo

Grand Angle

1er juillet 2026


16€90

9791041112807

Chronique

Dans les faubourgs de Marseille, Toine, ouvrier bossu, aime en secret la belle Naïs. Mais elle vit une idylle avec Frédéric, le fils débauché des patrons de son père.

Pour Micoulin, paysan rude et fier, cette liaison entre sa fille et “le fils du maître” est une insulte à son honneur. Il va peu à peu basculer dans une haine meurtrière.

Toine va devoir choisir :sauver Frédéric ou perdre Naïs...
un excellent album!


Une belle âme
Naïs, planche de l'album © Bamboo / Ratte / Stoffel / Atomix / Pagnol / ZolaDans le quartier de l’Estaque, dans les faubourgs de Marseille, Toine aime en secret la belle Naïs Micoulin. Mais son physique disgracieux, il est bossu, l’empêche d’espérer qu’elle l’aime en retour. Aussi se contente-t-il d’être son ami et son confident, sachant que tôt ou tard, elle tombera amoureuse d’un beau jeune homme qui l’éloignera de lui…

Toine ignore que cependant que Naïs aime depuis des années le jeune Frédéric Rostaing, fils des propriétaires d’une secondaire dans laquelle elle travaille… Joueur invétéré et débauché, Frédéric tombe sous les charmes de la petite fille avec qui il avait échangé un baiser il y a des étés et qui est devenue depuis une séduisante jeune femme… Il s’arrange pour aller passer quelques jours dans la maison de vacances familiale pour séduire Naïs qui finit par céder à ses avances… Lorsque son père, un fier et rude paysan, a vent de cette liaison entre sa fille et le fils du maître qu’il considère une insulte à son honneur, il échafaude un plan pour se débarrasser du gêneur, animé par une haine meurtrière…

Sa première tentative échoue et la seconde est empêchée in extremis par Naïs qui s’ouvre à Toine de ses tourments, lui demandant à demi-mots de se débarrasser de son père… Le pauvre bossu va devoir choisir entre perdre l’amitié de Naïs ou sauver son amant…


Naïs, planche de l'album © Bamboo / Ratte / Stoffel / Atomix / Pagnol / Zola
une tragédie sombrement lumineuse dont Pagnol a le secret
Il y a quelque chose de Cyrano chez ce pauvre Toine, belle âme habitant un corps difforme. A l’instar d’un Cyrano ne pouvant être aimé même d’une laide, Toine aime la plus jolie et la plus gentille des jeunes femmes des environs et ce depuis sa plus tendre enfance.

Non, car en vérité il est aimé de la fille d’un chiffonnier… mais il n’a d’yeux que pour Naïs… Sa façon de l’aimer en secret et sans espoir confère à ses sentiments une dimension éminemment romanesque et tragiquement romantique. Et le lecteur se révolte de la voir courtisée par un jeune débauché qui joue et perd au jeu, ment à ses parents sur ses études en feignant de préparer un concours qu’il n’aura jamais… Comme si cela ne suffisait pas, l’amoureux de Naïs est un ami d’enfance de Toine… Incarné à l’écran par un Fernandel bouleversant, le personnage de Toine s‘avère ainsi être des plus attachants. Et s’il n’a aucune chance d’être aimé de Naïs, il donnera bien des preuves d’amour, sacrifiant son bonheur à celui de l’être aimé… Mais aurait-il pu être heureux en sachant son amour malheureuse ? La promesse que lui fait Naïs fait naître une pâle lueur d’espoir. Se pourrait-il que le bonheur lui soit accordé, à lui, cet ami d’enfance bossu ? Mais, tout difforme qu’il soit, Toine est bon comme du pain blanc et œuvrera en secret pour esquisser un avenir radieux à son rayon de soleil… Quant à Naïs, elle sait que son bonheur n’aura qu’un temps et ne sera qu’une parenthèse dans sa vie. Mais qu’importe ! Elle aime Frédéric d’amour et souhaite profiter pleinement de ce bonheur qu’elle espère depuis des années, quand bien même ne durerait-il que l’espace d’un été…

Naïs, planche de l'album © Bamboo / Ratte / Stoffel / Atomix / Pagnol / ZolaÉric Stoffel signe une saisissante adaptation du film de Raymond Leboursie et Marcel Pagnol. On retrouve dans l’album toute la tendresse que met l’auteur de la Trilogie Marseillaise, de l’Eau des Collines ou des Souvenirs d’Enfance dans chacun de ses personnages, encore et toujours tragiquement humains. Mais on y perçoit aussi une certaine noirceur, dans le personnage du père de Naïs, un homme sanguin, possessif et tyrannique qui espère garder sa fille pour lui et pour lui seul. Animé par une haine aveugle, il s’apprête à se débarrasser de l’amoureux de sa fille, organisant de tragiques accidents de pêche ou de chasse… Mais on retrouve bien sûr dans ce récit la poésie de Pagnol, ses dialogues ciselés, drôles et tendres, la passion dévorante qui anime tout un chacun et une fin bouleversante de justesse… Pagnol a su subtilement estomper la violence et la noirceur de la nouvelle d’Emile Zola dont il s’est librement inspiré et qui fut publiée dans les pages du journal russe le Messager de l'Europe de 1875 à 1880.

Il fallait pour transposer ce récit en bande-dessinée un artiste à même de retranscrire les émotions et les passions de cette fascinante galerie de personnages nés sous la plume de Marcel Pagnol. David Ratte a ce talent rare de donner vie et de permettre à ces êtres de papier de s’incarner pleinement, de nous remuer et de nous bouleverser tour à tour, de nous attendrir et de nous chambouler, de nous divertir et de nous inquiéter… Son Toine s’avère être un personnage particulièrement poignant par son amour, pur et entier, à jamais inassouvi. Les compositions du dessinateur sont magnifiques et viennent accentuer la dramaturgie du récit en proposant un cadre de toute beauté à ce trio amoureux entre le fils d’un riche bourgeois, la fille d’un paysan obtus et possessif et un bossu altruiste et généreux…

Naïs, planche de l'album © Bamboo / Ratte / Stoffel / Atomix / Pagnol / ZolaÉric Stoffel s’associe au talentueux David Ratte pour adapter le Naïs de Pagnol, une histoire sombre et solaire inspirée d’un nouvelle d’Emile Zola et qui explore les tréfonds de l’âme humaine…

Depuis sa plus tendre enfance, Toine aime en secret la belle Naïs. Mais sa bosse a tué ses espérances. Il se contente d’être son ami et son confident et sait que tôt ou tard, elle prendra son envol au bras d’un beau jeune homme… Il ignore qu’elle aime Frédéric Rostaing, fils du patron de son père, depuis qu’ils avaient échangé un furtif baiser… Le jeune homme débauché espère s’amuser un peu avec Naïs qui cède à ses désirs… Elle sait que cette histoire ne durera que le temps d’un été mais espère profiter de son bonheur… Hélas, son père, jaloux et possessif, prend comme un affront leur amourette et souhaite le laver dans le sang en tuant l’amoureux de sa fille… Comprenant ses sombres desseins, Naïs demande à Toine de tuer son père…

Si l’on retrouve dans les personnages de l’histoire la tendresse que porte Pagnol à ses êtres de papier auxquels il donne vie dans ses romans ou dans ses films, le récit s’assombrit par la seule présence du père de Naïs qui va tenter par trois fois de tuer l’amant de sa fille en faisant passer le meurtre prémédité pour un tragique accident… Mais la noirceur du récit est atténuée par l’amour de Naïs, incarnée à l’écran par Jacqueline Bouvier, muse de Pagnol, pour Frédéric dont elle sait qu’il n’est qu’une parenthèse dans sa vie mais aussi et surtout par celui que lui porte Toine, interprété dans le film par Fernandel, prêt à tout sacrifier au bonheur de celle qu’il aime… Éric Stoffel a une fois encore réalisé une saisissante adaptation du scénario du Naïs de Raymond Leboursier et Marcel Pagnol, dont on dit que le dramaturge, cinéaste et romancier tourna presque tous les plans… Les dialogues sont savoureux et se lisent avec un réel plaisir alors que les dessins de David Ratte donne vie à cette fascinante galerie de personnages en leur conférant une humanité tragiquement saisissante. Pagnol a fait de Naïs Micoulin, nouvelle d’Emile Zola, un récit lumineux et revigorant dont Éric Stoffel et David Ratte ont su parfaitement retranscrire l’esprit et l’atmosphère poétique de cette histoire bouleversante…


- Moi ? Forcément que je l’aime ! Comme tout le monde.
- Non, tu ne l’aimes pas comme tout le monde. Tu l’aimes comme personne ne l’aimera jamais. Je le sais, je l’ai vu.
- Allons, ne dis pas de bêtises ! Comment voudrais-tu que j’aie le toupet d’être amoureux d’elle, moi, Toine le bossu de Saint-Henri ? Il faudrait vraiment que j’aie perdu la tête !
- Elle est toujours avec toi. Ça doit lui plaire.
- Elle est toujours avec moi, parce qu’il faut bien qu’elle parle à quelqu’un, et que son père lui défend de parler aux autres. Il est méchant comme la gale, son père. Des fois, il lui donne des coups de bâton.dialogue entre Toine et Monsieur l’Ingénieur

Le Korrigan




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