Fiche descriptive
16€90
Chronique | ![]() |





Graines d’Histoires
Londres, 1824. Après avoir vu son père et sa mère jetés en prison, le jeune Charles est livré à lui-même. Chaque jour, il travaille dur à la fabrique pour payer les dettes de son père… Le gamin se rêvait écrivain mais le manque de moyen le contraint à arrêter ses études… Et puis pour écrire, il faut connaître la vie…C’est dans la rue qu’il va croiser la route d’Olivier, un mudlark qui, après quitté le domicile familial d’un père violent et autoritaire survit en fouillant la vase de la Tamise à la recherche d’objets à revendre. Une solide amitié va naître entre ces deux gamins alors que le père d’Olivier tente de le contraindre à retravailler pour lui, ce qu’Olivier refuse, catégoriquement. Charles allait aider Olivier à faire le deuil de sa mère alors que le mudlark allait lui apprendre la débrouille et la liberté, donnant sans le savoir au futur écrivain matière à ses futures chefs d’œuvre… ![]() l’enfance fantasmée de Charles Dickens Philippe Charlot et Manu Cassier nous entraînent dans le Londres de la première moitié du XIXe siècle à la suite d’un gamin qui allait connaître la gloire grâce à ses romans populaires, sociaux ou féériques : Charles Dickens…Ce récit d’apprentissage et d’aventure commence peu après l’incarcération de son père, John Dickens, dans la prison de Marshalsea à Southwark[, pour une dette de 40 £ envers un boulanger… Le scénariste s’amuse à semer dans cet album les graines des grands récits à venir du romancier anglais, à commencer par Oliver Twist bien évidemment ! Ce n’est pas pour rien que le scénariste donne ce nom au mudlark qui allait servir de guide au jeune Charles dans les dangereuses ruelles de Londres… Philippe Charlot immerge le lecteur et ses personnages dans le Londres miséreux qui servira de cadre au roman, avec homme autoritaire, roublard et violent ou la présence de ce fameux médaillon qui jouera un rôle déterminant dans l’album et occupe une place symbolique d’importance dans le roman… Ce mélange de fiction, d’éléments empruntés à l’œuvre de Dickens et à son vécu confère à Mudlarks, Charles Dickens apprenti écrivain un charme évident, rendant la lecture de l’album particulièrement ludique, les lecteurs connaissant l’enfance de l’écrivain ou son œuvre pouvant trouver ça et là des références disséminées avec malice par le scénariste…L’autre atout de l’album réside dans le dessin de Manu Cassier dont on avait pu apprécier le travail dans Albert Kahn, l'archiviste de la planète de Didier Quella-Guyot ou dans l’édifiante Affaire Markovic de l’historien Jean-Yves Le Naour qui revenait sur les zones d’ombres de la vie de Delon… Son dessin faussement enfantin évoque par moment le travail de Hamo sur Lord Jeffrey ou de Xavier Fourquemin sur Les enquêtes de Lord Harold, douzième du nom, avec un trait sobre et élégant rehaussé par un encrage soigné et une mise en couleur délicate. Sa restitution du Londres miséreux et populaire de l’époque est saisissante, sombre, sans jamais l’être trop, rendant la lecture de l’album accessible à la jeunesse. ![]() Mêlant fiction, références à l’œuvre de Dickens et fragments de sa vie, Philippe Charlot et Manu Cassier imaginent l’enfance d’un apprenti écrivain qui a sombré dans la misère…Suite à l’incarcération de son père dans la prison de Marshalsea, le jeune Dickens est contraint d’abandonner les bans de l’école pour travailler dans une fabrique et subvenir à ses besoins et payer les dettes de son père. Sa route croise celle d’Oliver, un gosse des rues qui a coupé les ponts avec un père autoritaire et violent et qui vivote en fouillant la vase de la Tamise pour y dénicher des objets qu’il pourra revendre… Partageant son quotidien et ses aventures, Charles Dickens y trouvera matière à écrire ses futurs romans… Le récit que nous propose Philippe Charlot est destiné à un large public, chacun pouvant y déceler des références à Dickens en fonction de ses connaissances. Si le scénariste emprunte des éléments à la vie miséreuse de Dickens, suite à la déchéance de son père, il est truffé de clins d’œil à son œuvre à venir, rendant la lecture de l’album particulièrement ludique. Le dessin généreux et dynamique de Manu Cassier retranscrit le Londres miséreux qui sert de cadre à l’histoire, avec ces gamins livrés à eux même et vivant en marge de la société. Son encrage élégant et sa mise en couleur délicate donne vie à une poignée de personnages particulièrement attachants dont certain peupleront les romans sociaux de celui qui est, de nos jours, considéré comme l’un des plus grands romanciers britanniques de l’ère victorienne… Mudlarks - Charles Dickens, apprenti écrivain est un album enthousiasmant et entraînant pour toute la famille… Et l’on ne peut que regretter que ça ne soit qu’un one-shot tant on a pris plaisir à s’y plonger ! - Mais dis-moi, tu ne t’es pas présenté, tu es qui… Et c’est quoi ton truc dans la vie… La magie ?
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Charles Dickens [wikipedia]
Galerie
larks - Charles Dickens, apprenti écrivain, planche de l'album © Bamboo / Cassier / Charlot
larks - Charles Dickens, apprenti écrivain, planche de l'album © Bamboo / Cassier / Charlot
larks - Charles Dickens, apprenti écrivain, planche de l'album © Bamboo / Cassier / Charlot