Fiche descriptive
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Chronique | ![]() ![]() |





Il était une fois… dans les Pouilles
Nous sommes en 1868, dans les Pouilles, deux ans après l’unification de l’Italie. L’armée piémontaise affrontent des bandes de brigands tandis que les paysans payent un lourd tribut à cette guerre…Au cœur de la violence et de ce chaos, Carmine, jeune berger, et Filome’ s’aiment. Mais le riche Don Michele a des vues sur la jeunes femmes… Le jeune homme annonce alors qu’à son retour, ils s’enfuiront tous deux… Mais lorsqu’il revient, son aimée est fiancée au puissant propriétaire et Don Michel lui fait comprendre qu’il n’a d’autre choix que de partir. Carmine refuse de lui abandonner Filome’ et Michel l’abat sans autre forme de procès. Les années passent. Filome’ porte le deuil de son amour défunt mais ne peut repousser plus longtemps les avances de Don Michel. Le jour des noces, une bande de brigands fait irruption dans l’église. A leur tête, Carmine, revenu d’entre les morts, et qui se fait désormais appeler Tempesta… Après un mariage païen présidé par un prêtre défroqué, Tempesta et Filome’ se jurent de s’appartenir jusqu’à la tombe… ![]() un western transalpin crépusculaire, âpre, rugueux et violent… Stefano Nardella nous entraîne dans les Pouilles dans une période particulièrement troublée de son histoire…Suite à l’annexion du royaume des Deux-Siciles par le royaume de Sardaigne qui a donné naissance à l’unification italienne, une révolte composées de prolétaires ruraux, d’anciens militaires bourbons et de déserteurs explosa pour protester contre la politique du nouveau gouvernement dans un contexte de crise économique et sociale…Le cadre historique posé, le scénariste nous entraîne dans un récit crépusculaire, âpre, violent, rugueux et sanguinaire aux accents de western, comme il se doit italien. Tout commence par une histoire d’amour contrariée, alors que les cicatrices des guerres de réunifications n’ont pas encore cicatrisé. Laissé pour mort par le riche propriétaire qui convoitait celle qui aurait dû devenir sa femme, il allait prendre la tête d’une bande de brigands sans foi ni loi qui faisait régner la terreur dans la région tout en s’opposant à l’armée régulière. Leurs retrouvailles au cœur de l’églises où Filome’ s’apprêtait à épouser Don Michel sont particulièrement sanglantes et spectaculaire, marquant d’une pierre noire l’amorce d’années de rapines et de coups d’éclats… Mais si la révolte s’est amorcée sur le terreau fertile de la misère et de la résistance au nouveau gouvernement, les brigands de Tempesta ne sont pas des idéalistes. Il y a bien longtemps qu’ils ont perdu toute illusion et seul l’appât du gain guide leur bras armé… Des tensions apparaissent au sein de la bande, tension que Tempesta a tôt fait de réprimer dans le sang… Seul Filome’ semble avoir gardé le goût de la lutte pour améliorer le sort des plus miséreux… peut-être parce qu’elle porte la vie en elle ?… porté par un dessin aussi puissant que fascinant… Ce récit nous contant la vie violente et tumultueuse d’un couple de brigands sans foi ni loi est mis en scène par le dessin puissant et acéré de Vincenzo Bizzarri à qui l’on doit Albertine a disparu ou Les ennemis du peuple, deux excellents albums dont nous vous recommandons vivement la lecture. L’artiste et le scénariste italien n’en sont par ailleurs pas à leur coup d’essai puisqu’ils ont déjà signé ensemble les Assiégés et la Cité des Trois Saints. Mais, une fois encore, le dessinateur italien adopte pour ce nouveau récit un style très différent de ses précédentes créations, comme s’il cherchait à chaque fois à sortir de sa zone de confort pour servir au mieux le récit… Et le fait est que son noir et blanc, travaillé à la plume et au pinceau, s’avère fascinant et retranscrit avec force la violence et la noirceur distillées par le scénario de son complice Stefano Nardella. Percutante, la couverture impressionne d’emblée mais elle n’est qu’un avant-goût du formidable travaille de l’artiste. Ses jeux de contrastes, son découpage nerveux et moderne, ses cadrages résolument cinématographiques accentuent avec art la dramaturgie de l’histoire alors que ses personnages aux visages taillés à la serpe s’avèrent particulièrement charismatiques, renforçant avec finesse les dialogues cyniques et mordants qui contribuent à merveille à poser cette atmosphère poisseuse et résolument pessimiste…![]() Après Assiégés et la Cité des Trois Saints, le tandem Stefano Nardella / Vincenzo Bizzarri se reforme pour un western crépusculaire se déroulant durant la première guerre civile de l’Italie moderne…Carmine et Filome’ s’aiment. Mais le richissime Don Michel convoite la jeune femme et n’hésite pas à abattre Carmine qui refusait de quitter la région. Après des années de deuil, la jeune femme accepte, à contre-cœur d‘épouser, le puissant propriétaire terrien. Le jour des noces, une bande de brigands fait irruption dans l’église… A leur tête, Carmine, revenu d’entre les morts et désormais connu sous le nom de Tempesta. Après une cérémonie païenne qui les lie jusqu’à la tombe, Filome’ et Tempesta entament une vie de rapine et de brigandage, défiant l’armée du tout jeune Royaume d’Italie… Pour mettre en image ce scénario tragiquement sombre aux accents de western italien, Vincenzo Bizzarri sort une fois encore de sa zone de confort en trouvant un style parfaitement adapté au propos. Jouant avec art des contrastes, ses compositions en noir et blanc s’avère aussi somptueuses que fascinantes, renforçant l’atmosphère tragique et désespérée du récit de Stefano Nardella. Ses cadrages résolument cinématographiques, son découpage nerveux et efficace, ses personnages charismatiques aux visages taillés à la serpe, ses paysages envoutants… tout contribue à rendre l’histoire plus tragique encore… Amour, haine, vengeance, traque impitoyable, scènes contemplatives, fusillades, enlèvement et règlement de compte sont au menu de ce western transalpin âpre, violent et sanglant qui devrait marquer fortement les esprits tant pour son écriture ciselée que pour sa réalisation fascinante… Incontestablement, l’un des albums les plus marquants de cette rentrée littéraire. - Devant Dieu tout puissant, devant mes frères, je confesse avoir terriblement pêché. En pensées… en paroles… t par mes actes.
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