 Zohra est le premier orchestre féminin d’Afghanistan. Sous la direction du Docteur Sarmast, ces jeunes femmes ont parcouru le monde pour donner une autre vision de leur pays et propager sa culture et raviver la fragile flamme de l’espoir et de l’émancipation…
Mais le retour des talibans en août 2021 a fait voler leur rêve en éclat. Alors qu’elle n’était pas une affaire de femme avant le retour au pouvoir, la musique est proscrite par leur régime, les écoles fermées et les instruments souvent détruits. L’orchestre, les musiciens et l’école deviennent une cible pour le régime des talibans…
Parvenues à fuir leur pays, dispersées aux quatre coins du globe, les musiciennes vont poursuivre leur rêve de musique qui, entre leurs mains, est devenue une arme pour combattre l’obscurantisme…
Sarah El Younsi et Léa Taillefert-Rolland se proposent de nous raconter l’histoire incroyable de l’orchestre Zohra, du nom de la déesse persane de la musique.
 Difficile de ne pas être admiratif devant le courage de ces jeunes femmes qui, armés d’instruments de musique traditionnels ou occidentaux, ont défié le patriarcat puis l’armée des talibans qui les asservissait pour vivre leur passion et s’émanciper d’une société patriarcale sclérosante. Pour pouvoir être musicienne et défendre les traditions et la culture de leur pays, envers et contre tous elles ont risqué leur vie et celle de leur proche… Alors que les femmes étaient privées d’éducation et d’avenir, elles ont fait de la musique pour se révolter contre l’ordre établi…
Dans l’Institut National Afghan de Musique fondé par le Docteur Ahmad Sarmast, revenu au pays après l’avoir fui lors de la première arrivée au pouvoir des Talibans, garçons et filles, souvent issus de milieu défavorisés, avait l’opportunité d’étudier la musique tout en recevant aussi une éducation générale. L’orchestre Zohra fut fondé en 2015. Le monde les a découvert lors de leur premier concert, au forum économique de Davos en 2017 mais elles avaient déjà avant été victime d’un attentat suicide fomenté par les talibans qui voyait dans leur orchestre une menace contre leur régime. Ces jeunes femmes dont certaines n’avaient que treize ans ont eu à affronter les pressions de leurs proches, celle des conservateurs et celle des sinistres talibans… Elles sont la voix d’un peuple, défendant la culture, la liberté de pratiquer la musique et la liberté d’expression en général… Comme le soulignait le docteur Sarmast, elles sont la voix du peuple afghan. Internet s’avère être un outil formidable pour pouvoir découvrir ces héroïnes de l’orchestre Zohra et leur travail…
Le dessin poétique et réaliste de Léa Taillefert-Rolland nous entraîne avec force dans le sillage de ces femmes qui sont, à leur manière, entrées en résistance contre un régime inique qui prive son peuple en général et les femmes en particulier de leurs droits les plus fondamentaux. L’émotion de chacune de ces filles, leurs angoisses, leur joie, la fierté du devoir accompli, les doutes qui les rongent parfois, sont retranscrits avec justesse, rendant le récit particulièrement poignant…
 La Symphonie de Kaboul - Zohra, l'orchestre féminin interdit est un album édifiant qui nous parle de l’orchestre fondé par le Docteur Docteur Ahmad Sarmast en Afghanistan.
Exilé lors de la première prise de pouvoir des talibans, il est revenu pour fonder l’Institut National Afghan de Musique d’où émergera l’orchestre Zohra, du nom de la déesse persane de la musique. Avec le tragique retour au pouvoir des talibans qui mirent la musique hors la loi, le docteur parvint à faire exfiltrer les membres de l’orchestre puis leur famille afin qu’elle puisse poursuivre leur œuvre et être les portes voix d’une culture et d’un pays…
Le dessin délicat de Léa Taillefert-Rolland porte avec une rare justesse ces musicienne entrées en résistance contre un régime inique avec pour seules armes leurs notes et leurs instruments. Son dessin retranscrit leurs états d’âme, le formidable espoir que représente pour elle la musique mais aussi les doutes et les peurs qui furent leurs, la fierté du devoir accompli et le bonheur de jouer la liberté. Solidement documenté, le scénario de Sarah El Younsi, réalisatrice de documentaires, s’avère aussi passionnant qu’édifiant, contribuant à faire connaître le courageux combat de ses musiciennes fascinantes… Quand la musique devient une arme contre l’obscurantisme, elle prend le visage de femmes… Elles sont la preuve que, comme le disait si joliment le poète, « la femme est l’avenir de l’homme ».
-Comment fais-tu pour jouer encore ? Moi quand je joue, maintenant, j’ai la boule au ventre.
- La musique est notre arme ! C’est une arme douce qui lutte à l’extérieur et qui m’apaise à l’intérieur.
- Je n’en peux plus de ce pays.
- Je sais Sahar jan. Mais pense à la chance que nous avons d’être dans cette école de musique. C’est notre liberté.dialogue page 33
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