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Hysteria
Hysteria



Fiche descriptive

Roman Graphique

Elizabeth Holleville

Elizabeth Holleville

Elizabeth Holleville

Glénat

1000 Feuilles

26 août 2026


25€

9782344056172

Chronique
Hysteria
Emprise(s)

Après une rupture douloureuse, Garance, trentenaire et réalisatrice de films d’horreur, quitte Paris pour se réfugier dans le manoir décrépit de ses grands-parents, qu’elle n’a pas revus depuis l’enfance.

Entourée de silence et d’objets figés dans le temps, elle sent renaître une inquiétante mémoire familiale, nourrie de rituels obscurs et d’un héritage maternel étouffant. Mais les ombres du manoir semblent vouloir autre chose d’elle. Entre rêves déments et rituels étrangement familiers, elle sent les murs se refermer, comme si un autre monde, plus ancien, plus profond, cherchait à percer la surface.

Ce que sa famille vénère depuis des générations n’est peut-être pas humain... et Garance pourrait bien être la clef d’un héritage indicible.
un chef d'oeuvre!


Emprise(s)
Hysteria, planche de l'album © Glénat / HollevillePour gagner sa croûte, Garance travaille comme gardienne de musée mais voue une véritable passion pour le cinéma de genre, passion qu’elle partage avec Caroline, sa meilleure amie. Après une rupture douloureuse, toujours hantée par des cauchemars récurrents et oppressants, elle trouve refuge dans le vieux manoir de ses grands-parents qu’elle n’a plus revus depuis son enfance.

Dans cette vieille demeure style art nouveau qui semble figée dans le passé, ressurgissent les souvenirs de son enfance, nourrie de rituels étranges et obscurs… L’angoisse monte, inexorablement, alors que le manoir semble se refermer sur elle, comme un étau…

Sa famille lui reproche de ne pas avoir enfanté malgré ses trente ans passés et la pression familiale, conjuguée à un passé douloureux font ressurgir des peurs anciennes… Quels sombres secrets et indicibles se cachent dans son étrange arbre généalogique ?


Après son excellent Immonde !, Elizabeth Holleville est de retour avec un thriller délicieusement horrifique.

Hysteria, planche de l'album © Glénat / Holleville
Un récit singulier et délicieusement oppressant
L’autrice prend le temps nécessaire pour poser avec délicatesse chacun de ses personnages. La première partie de l’album est pleinement ancrée dans la réalité avant que le récit ne glisse, par petites touches vers le fantastique, distillant avec art une atmosphère aussi fascinante qu’oppressante… Garance et son amie Caroline sont dépeintes avec tant de justesse qu’elles s’avèrent particulièrement crédibles et semblent inspirées de femmes existantes… Sans doute Elizabeth Holleville a-t-elle puisée dans sa propre expérience pour composer le personnage de Garance, qui doit faire de petits boulots alimentaires mais espère pouvoir un jour vivre de son art.

La première séquence de l’album nous invite à la projection d’un court-métrage scénarisé par Garance et réalisé par Caroline et où il est question de bébé androïdes conçus pour être loué afin de donner le change à ses parents pose d’emblée la thématique qui sous-tend l’album : la pression sociétale et familiale qui fait qu’une femme doit, pour s’accomplir pleinement, avoir un enfant… La thématique n’apparait pas évidente de prime abord bien que l’on comprenne, et ce dès la somptueuse et énigmatique couverture rehaussée d’un vernis sélectif et d’une encre métallisée et le titre même de l’album, qu’elle est au centre de tout, l’utérus et la maison se confondant de façon délicieusement énigmatique… L’autrice joue avec art de l’ambiguïté des personnages masculins et féminins. Si son compagnon est, au début du récit, clairement dépeint comme profondément toxique, les autres sont bienveillants et prévenants, du compagnon de Caro à l’homme qui allait un temps partager sa vie… Les femmes sont quant à elles plus troubles… Caro est clairement le genre d’amie qu’on aimerait avoir, toujours là quand on a besoin d’elle et n’hésitant pas à nous remettre à notre place quand il le faut… Les femmes de la famille de Garance sont quant à elles plus dérangeantes… Dépeintes comme des sorcières prêtes à tout pour entretenir et perpétuer les traditions familiales, elles ne sont en rien mauvaises ou maléfiques… Elles ont des croyances, profondément enracinées et les mettent en pratique, persuadée d’être dans le vrai. Même si elle impose leur vue à Garance, elles sont intimement persuadées de le faire pour son bien… Cette ambiguïté accentue avec finesse le malaise distillé l’histoire… et par sa formidable mise en image !

Hysteria, planche de l'album © Glénat / HollevilleCar le fascinant dessin de Elizabeth Holleville est une fois encore entièrement tourné vers la narration, posant et renforçant au fil des pages cette ambiance dérangeante puis particulièrement oppressante, renforcée une mise en couleur singulière mais des plus pertinente. Son travail est en tout point remarquable, du soin apporté aux expressions des personnages qui accentuent le malaise et entraînent le lecteur vers le fantastique à celui apporté aux décors, à commencer par ce fascinant manoir de style Art Nouveau où l’on reconnaît l’Hôtel Nozal, dessiné par l’architecte Hector Guimard et qui s’élevait dans le XVIe arrondissement de Paris avant d’être détruit en 1957. Tout en courbe, le somptueux édifice semble organique, animé d’une vie propre, étouffant peu à peu Garance dans ses entrailles, jusqu’à en devenir suffoquant… La bibliothèque mystérieuse d’où la jeune femme exhumera un vieux grimoire proposant d’étranges et sibyllines gravures alchimiques est tout droit inspiré de l’envoûtante et somptueuse Librairie Lello de Porto. Histoire et dessin s’enrichissent et se complètent pour distiller cette délicieuse et dérangeante atmosphère fantastique, reprenant les codes du genre, avec une savoureuse mise en abîme puisque Garance semble, tout comme l’autrice, tout particulièrement apprécier les codes des films d’horreurs qu’elle reprend avec malice dans son album… n multipliant les références aux films de genre, l’autrice rend la lecture de son histoire particulièrement ludique en plus d’être on ne peut plus captivante…

Hysteria, planche de l'album © Glénat / HollevilleAprès l’impressionnant Immondes !, Elizabeth Holleville est de retour avec un récit fantastique fascinant et oppressant…

Après une rupture douloureuse, Garance part se réfugier dans le manoir familial de ses grands-parents qu’elle n’avait plus vus depuis des années… Toujours hantée par des cauchemars récurrents, son séjour va réveiller des souvenirs bien enfouis qui vont refaire surface avec leur cortège de traditions et de croyances familiales semblant sorties d’un autre âge… Elle pourra compter sur le soutien de Caro, sa meilleure amie avec qui elle partage sa passion pour le cinéma fantastique… Mais parviendra-t-elle à résister à l’impérieuse pression que font peser sur ses épaules les membres de sa famille ?

La couverture somptueuse et rehaussé d’un vernis sélectif et d’un usage élégant d’encre métallisé, figure un utérus, entouré de gravures alchimiques et s’ouvrant sur un étrange manoir inspiré en grande partie de l’Hôtel Nozal dessiné par Hector Guimard, pose avec art la thématique de l’album et cette pression sociétale qui veut qu’une femme ne peut s’accomplir que dans la maternité… Féru de film d’horreur, Elizabeth Holleville joue avec art avec les codes du genre pour tisser un récit fascinant et oppressant qui glisse peu à peu vers le fantastique horrifique… Porté par des personnages subtils dépeints avec une rare justesse qu’elle fait évoluer dans des décors étrangement organiques, des dessins envoûtant et une mise en couleur délicieusement singulière, Hysteria est un petit bijou aux reflets sombres qui vous hantera durablement après avoir refermé l’album…


- Tu es sûre que c’est une bonne idée ? Si ta mère avait coupé les ponts, il doit y avoir une raison.
- La raison était un concept étranger à ma mère… Mais ne t‘inquiète pas, je ne vais pas m’éterniser ici.dialogue entre Caroline et Garance

Le Korrigan




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