 Nouveau Mexique, 1877. Billy, jeune orphelin d’à peine dix-sept ans, à la recherche d’un boulot, est embauché par Jesse Evans pour faire partie de sa bande de boys qui flirte avec la légalité…
Lorsqu’éclate la Guerre du comté de Lincoln, Jesse Evans fera les basses œuvres de Murphy alors que Billy a rejoint le camp de John Tunstall qui est devenu son mentor et ami… La mort de Tunstall, lâchement abattu par les hommes d’Evans, affectera beaucoup ce gamin bien élevé en qui tout le monde semble voir un hors-la-loi patenté…
Héros de bien des livres, BD, films et Séries, Billy The Kid est l’une des figures les plus emblématiques de l’ouest. Mais cet album à la tonalité très particulière n’est pas un nième bouquin lui étant consacré… Le sous-titre de l’album, « l’Histoire est toujours écrite par les vainqueurs » met en lumière l’angle choisi par les auteurs : grattant le mythe, dépouillant sa légende de ses oripeaux fictionnels, Alexandre Chenet et Loïc Sécheresse se proposent de nous en dresser un portrait crédible et cohérent de l’homme qu’aurait pu être ce Billy, surnommé the Kid à cause de son jeune âge et de sa baby face…
_pl2.jpg) Citant souvent les propos de sa défunte mère, on comprend que le jeune homme a reçu une bonne éducation, des valeurs bien ancrées et un sens moral certain… Comment un tel gamin a-t-il pu devenir le tueur de sang-froid dépeint par sa légende ? Et s’il ne l’avait jamais été ? S’il s’était retrouvé bien malgré lui entraîné dans la Guerre du comté de Lincoln ? S’il avait été accusé à tort de meurtres qu’il n’avait pas commis mais qu’il était facile de lui imputer ? Et s’il n’aspirait qu’à la vie simple et paisible de cultivateur ? Et s’il n’avait été qu’épris de liberté et de grands espaces ? Et si, malgré sa bienveillance et la sympathie qu’il semblait inspirer à ceux qu’il côtoyait, il s’était conformé à l’image que les hommes de loi avaient de lui : celui d’un voleur et d’un tueur de sang-froid implacable et terriblement doué ? Le récit d’Alexandre Chenet s’avère tout aussi fascinant qu’entraînant. Plein de malice, ses dialogues sont aussi irrésistibles que savoureux, contribuant à esquisser le portrait crédible d’un jeune homme simple, bosseur, aimable et intelligent, à mille lieux des clichés véhiculés par les « dime novels », les journaux à sensations ou le bouquin La Véritable Histoire de Billy the Kid où Pat Garrett livra sa version de Billy, n’hésitant pas à travestir ou enjoliver la réalité, pour redorer son blason entaché par l’exécution peu honorable du kid… Le destin d’un homme ne peut être conditionné que par son enfance et l’éducation qu’il a reçu enfant. Une foule de paramètres sociétaux entrent en jeux pour infléchir le déroulé de sa vie : des rencontres, bonnes ou mauvaises, l’injustice de la société ou la rapacité de certains… Billy le Kid, comme tant d’autres, est tout autant le fruit d’une éducation que le reflet d’une époque et d’un pays en pleine mutation… _pl3.jpg) Ce Billy the Kid né sous la plume d’Alexandre Chenet est-il plus fidèle à ce qu’il fut ? Le mystère demeurera… Mais le fait est qu’il est plus nuancé, plus complexe et par la-même bien plus intéressant que celui de la légende… Son portrait est-il véridique ? Le fait est qu’on aimerait qu’il le soit…
Le trait souple et généreux de Loïc Sécheresse nous rend d’emblée le personnage de Billy éminemment sympathique… Son découpage aéré, ses cadrages nerveux et incisifs, les postures délicieusement caricaturales de ses personnages apportent une note rafraîchissante à cet album qui montre comment a pu se bâtir la légende de celui qui n’aspirait peut-être qu’à une vie ordinaire… Les scènes de fusillades sont mémorables et tout juste dingue, de même que celles de poursuites équestres endiablées… A travers le destin peu commun de cet homme qui se voulait peut-être ordinaire, les auteurs nous esquissent le portrait d’une époque déjà gangrénée par le capitalisme galopant et des politiques corrompus se désintéressant du sort des petites gens… Les choses ont-elles changé depuis ? Combien de jeunes croupissent-ils aujourd’hui en prison pour avoir au final tenté de se conformer à l’image que la société leur renvoyait d’eux ?
_pl4.jpg) Billy the Kid fait à jamais partie des légendes de l’Ouest… Mais était-il vraiment ce gamin doué passé à la postérité comme un voleur et un tueur de sang-froid ? Le sous-titre de l’album nous met sur la voie en affirmant que l’Histoire du Kid, telle que nous la connaissons, a été écrite par les vainqueurs…
Nouveau Mexique, 1877. Gamin de dix-sept ans, sympathique, intelligent, travailleur et débrouillard à la recherche d’un boulot, Billy est embauché par Jesse Evans, chef de bande louant ses services et ses colts aux plus offrants et franchissant plus souvent que de raison la frontière séparant la loi de l’illégalité…
On ne compte plus les bouquins, les films ou les séries mettant en scène ce hors-la-loi popularisé par les dime novels, les journaux ou le fameux livre de Pat Garrett qui l’abattit à Fort Summer en juillet 1881. Mais quelle est la part de vérité et de mensonges dans ces écrits ? Cet album à la pagination généreuse se propose d’apporter une réponse à cette question en nous esquissant le portrait d’un gamin resté longtemps à l’ombre de sa légende… On découvre un jeune homme bien élevé, éduqué, doté de valeurs et d’un indéniable sens moral. Apprécié de ceux qu’il côtoie, c’est bien malgré lui qu’il allait être entraîné dans une guerre qui n’était pas la sienne à une époque où le capitalisme et les politiciens corrompus gangrenaient déjà la société… Peu à peu, on se forgea de lui une image qui ne correspondait que peu à sa nature profonde… Et si, n’aspirant pourtant qu’à une vie simple et paisible, il n’avait eu d’autre choix que de devenir l’homme qu’il était aux yeux de ses contemporains : un voleur et un tueur de sang-froid qui n’avait plus d’échappatoire ? Plein de fraîcheur et de spontanéité, le dessin souple et généreux de Loïc Sécheresse met en scène des personnages aux postures délicieusement caricaturales, nous offrant des scènes de fusillades et de poursuites follement énergiques et rafraîchissantes… Alors que textes et dessins s’y complètent avec humour et malice Billy the Kid, l’Histoire est toujours écrite par les vainqueurs est une fresque âpre et sauvage qui brosse le portrait d’un gamin travailleur, épris de liberté et plutôt honnête qui a été broyé par une société en pleine mutation… Ce Billy proposé par les auteurs est-il plus fidèle à l’original que la figure du hors-la-loi ancré dans l’imagerie populaire ? On a furieusement envie de le croire tant ce gamin, fruit d’une éducation et des travers de la société, s’avère beaucoup plus crédible et intéressant… Les choses ont-elles changées aujourd’hui ? Rien de moins sûr : combien de jeunes gamins ont sombré dans la délinquance pour se conformer à l’image qu’avait d’eux la société ?
- Huiler les rouages, voilà notre travail.
- Et ça arrive que ce ne soit pas bien compris ?
- C’est là qu’on touche au cœur de notre métier… La diplomatie. Il faut sans cesse diplomater pour que chacun soit heureux de la place qu’il occupe. C’est pour ça que je te demandais si tu savais tirer au revolver.
- Pour la diplomatie. ?
- Absolument ! Mais attention : savoir s’en servir n’est pas s’en servir. Pour que ta diplomatie ait du poids, il faut que l’on sache que tu aurais pu utiliser la voie des armes. Mais non ! Tu n’es pas de ce calibre. La diplomatie avec un revolver est l’assurance d’une paix sincère. Voilà pourquoi je voulais savoir su tu savais t’en servir.
- De la diplomatie ?
- Je pensais plutôt au revolver.dialogue entre Jesse Evans et Billy the Kid
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