 Un bled paumé et sans histoire de l’Amérique profonde n’est plus qu’un champ de ruines depuis que des néonazis fermement décidés à rétablir le Reich l’a ravagé, même si le clonage d’Hitler a lamentablement échoué…
Une poigné de survivants excentriques ont miraculeusement survécu et peuvent joindre leurs (maigres) force à celles d’El Loco et de sa joyeuse bande (amputée de Lemmy qui les a lâchement trahi au cours de la saison 2… il faut suivre un peu !) pour lancer une attaque de fortune sur le repaire de ces tarés, niché au cœur de la montagne…
Après avoir prévenu le Président des derniers événements, les voilà embarqués à bord d’hélicoptère et des camions lancés à vive allure pour tenter d’arrêter une forteresse roulante bardée d’armes et hérissées de canons… Le choc promet d’être brutal… il le sera…
Après la saison 2, c’est fort logiquement la saison 3 de Valhalla Bunker qui débarque avec fracas sur les étals…
La série met en scène une bande de néonazis fous furieux désireux d’instaurer un Reich millénaire. Heureusement, si la patronne semble à peu près avoir la tête sur les épaules, ses sbires, dotés d’un QI avoisinant celui d’une huitre décérébrée, sont un peu bas de plafonds et ne font pas montre du moindre commencement d’un ersatz d’esprit d’initiative… Privés de leur chef, ils sont un brin démunis… Le hic, c’est que, privé de Gunter (qui à du mal a agir depuis qu’il s’est pris une balle dans l’œil) et de leur cheffe, c’est désormais Lemmy, un sale traître, qui s’est imposé comme leur leader incontesté (ceux qui contestent son autorité ou se content de l’énerver sont rapidement hors d’état de contester)… Bref, Lemmy est leur Big Boss et les nazis lui sont entièrement dévoués… La confrontation entre lui est la bande d’El Loco promet d’être plutôt du genre violente, d’autant que l’armée américaine arrive à la rescousse avec la ferme intention de mettre un terme au bordel ambiant qui n’a que trop duré !
C’est peu dire que le scénario s’avère entraînant… Les péripéties s’enchaînent sur un rythme des plus endiablés, sans laisser à quiconque, lecteur compris, le temps de prendre sa respiration. C’est pied au plancher que Fabien Bedouel mène sa barque, ou plutôt ses camions et son hélico, avec des scènes d’actions débridées pleines d’effets pyrotechniques qui au cinéma aurait coûté une blinde et fait pleurer les producteurs… Parce que ça défouraille à tout va, à grand renforts d’explosions et d’effets spéciaux ! Et il y a ces personnages, totalement foutraques, d’un président obsédé par sa coupe de cheveux encore plus stupide que Trump (quoi que…) à cette bande de héros (hum… le terme est-il bien choisi) qui passent son temps à se tirer la bourre au lieu de se consacrer entièrement à leur mission, ceux qui passent leur temps à parler de pingpong (oups, pardon, « tennis de table ») même au cœur de terrible fusillade aux issues plus qu’incertaines, ceux qui passent leur temps à l’asticoter pour l’emmerder, sans oublier les villageois du cru qui bêtes à bouffer du foin assaisonné aux pesticides… Bref, c’est clairement un joyeux bordel ! Ajoutons à cela des dialogues totalement décalés aux petits oignons et vous obtenez une série qui ne ressemble à rien d’existant mais qu’on lit avec un plaisir follement jubilatoire. Pour un peu on a la furieuse impression de participer à une partie de jeu de rôle qui dérape et échappe quelque peu à un meneur de jeu trop occupé à rigoler frénétiquement comme un éléphant de mer épileptique pour avoir ne serait-ce que l’idée de tenter de reprendre la main sur son scénario… Et putain, qu’est-ce que c’est bon !
Pour mettre en scène ce récit décérébré, il fallait un dessin dynamique et expressif… Les têtes d’ahuris des personnages et leurs postures délicieusement caricaturales font merveille et ajoutent au chaos généralisé. Le travail sur les décors est tout juste dingue et les scènes d’action tout juste incroyables ! Le découpage percutants et inventif de Fabien Bedouel, son sens du cadrage, inspiré par les meilleurs films d’action, et du mouvement s’avère tout juste confondant et ne sont pas étranger au réel plaisir qu’on prend à lire cet album décérébré absolument jouissif…
 Avec Fight fire with fire dont le titre nous fournit par ailleurs une BO endiablée, Fabien Bedouel referme sa trilogie de Valhalla Bunker qui met en scène des héros décérébrés affrontant des néonazies incroyablement stupides… mais indéniablement dangereux.
Dans un coin perdu de l’Amérique profonde, la joyeuse bande d’El Loco va devoir affronter des néonazis dont l’échec du clonage d’Adolphe n’a pas refroidi les ardeurs belliqueuses et leur désir de conquérir le monde et d’instaurer un nouveau Reich… A bord de camions et d’un hélicoptère miraculeusement rescapé de la saison précédente et assisté par des villageois du cru, ils vont affronter un blindé de la taille d’un immeuble et déloger ce traître de Lemmy de la montagne qui sert de base aux nazis…
Où donc abien Bedouel a-t-il été cherché tout ça ? Le mystère reste entier mais les rôlistes se sentiront en terrain connu, le scénario totalement barré mais parfaitement maîtrisé (et assumé !) de l’auteur évoquant une campagne de Jeu de Rôle futuriste qui dérape et échappe à tout contrôle d’un MJ trop occupé à se rouler par terre en riant des conneries de ses joueurs pour reprendre son histoire en main… Car notre joyeuse bande héros (le terme est sans doute mal choisi) sont pour le moins iconoclastes sont incontestablement un brin décérébrés… Joyeusement barrés, les dialogues sont aussi irrésistibles qu’improbables alors que le dessin s’avère follement dynamique, les cadrages tout juste dingue, le découpage hallucinant, le sens du mouvement, des dialogues et de l’absurde bluffant de l’auteur alors que sa façon délicieusement caricaturale d’animer ses personnages au passé, au caractère et aux look improbables, rendent la lecture de cet ultime tome on ne peut plus jubilatoire… Alors, c’est fini ? Oui, sans doute, mais les yeux grands ouverts de la dernière image entrouvrent la porte à une suite possible… Allez ! Chiche ?
- Il envoie l’armée.
- Ça rigole plus.
- Il est sympa, quand il veut !
- Et compétent… Quelle efficacité, ça ne lui ressemble pas.
- Oui, enfin j’ai surtout parlé à son chef de cabinet, le président était un peu occupé… Vous imaginez bien…
- Laisse-moi deviner… Urgence capilaire ?
- On ne peut rien vous cacher.dialogue entre Betty, Méli, et El Loco
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