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les oranges amères
les oranges amères



Fiche descriptive

Roman Graphique

Javi Rey

Javi Rey

Javi Rey

Dargaud

Intermezzo

28 août 2026


10€

9782505142782

Chronique
les oranges amères
Le passage

À l'origine êtres doubles et dotés d'une force colossale, les humains avaient la fâcheuse tendance d'exaspérer Zeus en réclamant toujours plus de pouvoir. Comme les dieux avaient encore besoin des mortels les idolâtrer et pour leur bâtir des temples, hors de question de les tuer. Mais les couper en deux, telles des oranges, pourquoi pas ! Puis, par l'entremise de l'Amour, les pousser à être en perpétuelle recherche de leur « complétude originelle »....

Cette théorie, déclamée par l'Aristophane de Platon dans Le Banquet, œuvre dans laquelle le philosophe tente de transmettre sa vision de l'amour à travers plusieurs discours, a fondé notre culture et ce sentiment d'être amputé, ce besoin de trouver son âme sœur.

Qu'en pense Elena, nouvelle étudiante à la faculté, cheveux ultracourts et musique dans les oreilles dès la sortie de l'amphi ? Mario, son fiancé, rencontré au lycée, était-il son âme sœur ? Elle aussi est coupée en deux, mais plutôt entre la sensation de vivre enfin sa vie et une peur immense...
un excellent album!


Le passage
les oranges amères, planche de l'album © Dargaud / ReyJeune étudiante, Elena se sent coupée en deux, écartelée entre le désir de vivre sa vie et la peur de quitter le petit cocon de son quotidien…

Depuis les années lycée, elle sort avec Mario. Après les cours, chaque jour ils s’appellent. Tous les vendredis, il vient chez ses parents pour une soirée pizza suivie d’un film… Rituels immuables…

Un vendredi, alors qu’elle sortait de l’amphi de cours d’Histoire Moderne, un étudiant l’invitent à une soirée organisée dans sa coloc… Bien que terrorisée, elle accepte avec empressement… Mais le regrette aussitôt : sa soirée est déjà réservée… Comment annoncer à ses parents et à Mario que la traditionnelle soirée ciné du vendredi n’aura pas lieu ?


Terme italien désignant une petite pièce musicale intercalée entre deux parties d’œuvre dramatique, lyrique ou chorégraphique… Les récits proposés dans cette toute nouvelle collection au format singulier proposent aux auteurs de nous raconter une parenthèse dans la vie d’un ou plusieurs personnages. Il y a eu un avant, il y aura un après… et entre les deux, un petit intermède, un moment suspendu dans leur vie, avant qu’elle ne reprenne son cours…

savoir trancher dans le vif
les oranges amères, planche de l'album © Dargaud / ReyLa vie d’Elena semble ainsi réglée comme du papier à musique… L’appel de son ami, après les cours, la soirée film du vendredi soir… Mais est-ce à cela qu’elle aspire au fond d’elle ? Mario est-il cette moitié dont parlait Platon dans son Banquet ? Pourquoi a-t-elle tant de mal à trancher entre sa vie rêvée et sa vie réelle ? Elle ne semble pas malheureuse pour autant mais tout semble déjà tracé, comme si les choix qu’elle avait fait plus jeunes la contraignait à rester dans le sillon qu’elle avait emprunté alors… Pourquoi l’idée même de changement la terrorise-t-elle à ce point ? Doit-elle renoncer à son désir de s’émanciper, d’avoir de nouvelles espérances ou se contenter de cette vie qui jusque-là lui convenait si bien…

Le récit poétique et intimiste de Javi Rey se déroule dans ce moment étrange et suspendu de la vie où l’on comprend qu’on s’est jusque-là laissé porter par la vie et les événements et que l’on sent qu’il est possible d’être libre et de s’émanciper de ses parents, de son enfance, d’un quotidien tout tracé qui finit par devenir un carcan étriqué et oppressant… alors qu’au dehors, il y a la vie qui s’offre à nous… Savoir que faire de cette possible liberté est une quête en soit, qui nous fait peu à peu passer de l’adolescence à l’âge adulte… Mais il est souvent difficile d’abandonner l’insouciance de l’adolescence pour entamer une vie d’adulte, avec ses contraintes, ses responsabilités et ces choix que l’on devra faire, qui infléchiront le cours de notre existence et que nous devrons assumer, seul(e)… Au final, la monotonie du quotidien s’avère être un cadre rassurant… Voler de ses propres ailes peut attendre le temps que l’envie de prendre son envol se fasse irrépressible… Et alors…

Le dessin épuré de Javi Rey est au diapason de l’aspect profondément intimiste de son récit introspectif où les dialogues cèdent la place à des récitatifs et à des silences et des regards qui en disent long... Classique, son découpage se fait plus aéré lorsque l’envie de liberté se fait plus prégnante, lorsque tous les possibles semblent, l’espace d’un instant, s’offrir à la jeune femme. Avec une simplicité désarmante et une parfaite maîtrise graphique, l’auteur nous donne à ressentir les émotions parfois contradictoires qui donne le vertige, à Elena comme au lecteur… Choisir la liberté, c’est accepter de goûter ce fruit doux et amer qu’est la vie, prendre le risque d’en découvrir les mille et unes saveurs qui font le sel de l’existence, avec tout ce que cela comporte de risques et de joies…

les oranges amères, planche de l'album © Dargaud / ReyJavi Rey inaugure avec d’autres auteurs la collection Intermezzo dont chaque album nous propose une parenthèse dans la vie du personnage principal de l’histoire… Il y a un avant, il y aura un après, l’album parlant de ce moment suspendu, sensible et délicat, entre deux mouvements d’une vie…

Au sortir d’un cours où il fut question du mythe de l’androgyne de Platon, Elena est invitée par un autre étudiant à participer à une fête organisée dans sa coloc ce prochain vendredi… La jeune fille accepte… Avant de se rendre compte que son vendredi, comme tous les autres, est déjà pris… Car chaque vendredi depuis le début de leur relation, Mario, son petit-ami, vient manger chez ses parents pour une soirée film… La jeune fille va devoir choisir en un quotidien routinier mais rassurant et cette envie de liberté qui la pousse à découvrir de nouveaux horizons…

Les oranges amères nous parle d’une jeune étudiante à la vie trop bien rangée et déjà toute tracée… Mais si la monotonie du quotidien peut sembler rassurante, il vient toujours un moment ou le désir de liberté, de découvertes et de rencontres nouvelles vient bousculer notre petite vie… C’est ce qui arrive à Elena avec ce cours sur Platon et cette invitation inattendue… A-t-elle déjà trouvé sa moitié en la personne de Mario ? Ce vide qu’elle ressent semble suggérer le contraire… Doit-elle continuer suivre ce chemin tracé par ses parents et Mario où doit-elle prendre son envol et apprendre à voler de ses propres ailes, faisant et assumant, seule, les choix qui infléchiront le cours de sa vie… Avec ce court récit poétique et intimiste, introspectif et poétique Javi Rey aborde avec douceur et retenue ce passage entre l’insouciance de l’adolescence et l’âge adulte où l’on doit s’émanciper de ses parents et de ses proches pour grandir et… vivre pleinement… Son dessin épuré qui fait une part si belle aux ressentis et aux émotions de sa jeune et indécise héroïne rend l’histoire plus touchante encore, de même que sa mise en couleur délicate et singulière… Ces Oranges Amères propose une histoire simple et poignantes qui parle avec justesse de la vie…


- Elena, pas vrai ?
- Non… Enfin, oui.
- On est ensemble en cours d’histoire moderne.
- Oui, je sais.
- Mes colocs et moi, on organise une fête ce soir. Histoire de se connaitre. On sera quasiment tous là. Ça te dirait de te joindre à nous ?
- Avec plaisir !dialogue entre un étudiant et Elena

Le Korrigan




Inspiration jeux de rôle

Cette fiche n' est référencée comme inspi pour aucun jeux de rôle.